PRÉFACE. XI
esthétiques, auxquelles certains esprits d'élite savent donner une haute portée; seulement, en général, l'enthousiasme quelles nous inspirent n'a point besoin d'être modéré. Nous les avons vues si souvent ne constituer qu'un pur verbiage, et fournir d des gens uniquement habiles d confectionner des phrases une occasion de dissimuler leur complète impuissance de produire un fait nouveau, que nous nous défendrions en vain d'un sentiment de réaction d l'endroit de la philosophie artistique. Notre livre restera donc mince; nous osons espérer que, dans son chétif format, il paraîtra du moins substantiel, puisque, et nous demandons pardon de le faire observer, non-seulement nous y réfutons maintes fables acceptées comme des vérités, mais, constamment appuyé sur des preuves d'une authenticité indubitable, nous sommes parvenu à y réunir une somme totale de renseignements * trois fois plus grande que celle dont on a disposé jusqu'à ce jour. Nous croyons inutile d'a-
i Nous disons somme totale , parce que les faits nouveaux que nous mettrons en lumière se répartissent d'une manière fort inégale. Malgré notre opiniâtreté à chercher, nous n'avons rien trouvé d'inédit sur J. Goujon ni sur Bullant; mais nous avons été mieux récompensé en ce qui concerne Lcscot et De l'Orme, et surtout les Du Cerceau , les Métezeau et les Chambiges. Avant nos études, ce qu'on racontait ordinairement des Du Cerceau était un tissu d'erreurs; quant aux Métezcau, ils étaient à peu près entièrement inconnus, et les Chambiges, à l'exception d'un seul, l'étaient absolument. — Deux de nos notices (celles qui sont relatives à Do l'Orme et à Lescot) ont paru pour la première fois dans lu Gazette des Beaux-Arts, excellente publication que M. Ch. Blanc dirige avec une distinction à laquelle l'honneur que nous avous de compter parmi les collaborateurs du recueil ne doit point nous ôter la satisfaction de rendre hommage.