‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 136 sur 559 · I. U #<rf**r, la posséder · texte numérisé non relu

I. U #<rf**r, la posséder

$. M. Micwmït » djt : c Nous ne montrerons pas 1m plaies d'une Bglise 09 bous sommes nés; et qui nous est char*. Pwe lieilk mer$ 4* monde moderne, tottuc pur m fil», ça n'est pas nous qui voudrions la blesser encore. La doctrine catholique nous sem« VU pins judicieuse, plut fteouda et plus ownpléte que celle d'aucune des sectes qui se sont élevées contre elle. S* faiblesse, sa grandeur, c'est de n'afcir *lan exclu qui lut de l'homme.

Gela Mol donnait su» elle des encens faciles K cet» qui réduisaient l'homme i tel oq tel principe, en niant les in»

1res. Universelle dans la tempe, dan»

ftspaee, dans la doctrine, l'Église «Tait a lutter peur l'unité du monde contre les (aces diverses du monde.

Lee petites sociétés hérétiques, fcm Tentes par U péril et la liberté, nuis isolées, méconnaissaient ayee orgaeil l'Eglise cosmopolite. Le pieux et profond mystique du Rhin et des Pats* Bas, l'agreste et simple Yaudeii,^*»

comme l'hcrhe des Alpes, avaient beau jeu pour accuser celle qui avait tout reçu, tout adopté. Chaque ruisseau pourrait dire à l'Océan i a tfoi, je vient de ma montagne, je ne connais d'eau que les miennes, toi, tu reçois les souillures du monda, — Gai, nais je suis l'Océan. » >

MICHEl DE L'ROSPITAL 135

MICHEL DE L'HOSPITAl

Né vers 1505 , en Auvergne , près d'Aiguoperse f Michel de rftopital étudia le droit a Toulouse. « Dès quatre heures du matin, nous dit-Il, on ee levait pour la prière ; puis on allait aux écoles jusqu'à ente heure* ; on en revenait pour discuter les textes ou vérifier loi passages j et la récréation était de lire Aristophane, les tragiques grées, Plante on Cieéron. » Attaché au connétable de Bourbon, son père avait été un des vassaux tidèles qui le suivirent dans sa fuite; aussi fut-il condamné à l'exil et à la perte de ses biens. Son tils dut le rejoindre en Italie, à Padoue, ville renommée pour son savoir. Pendant six ans, il y approfondit la jurisprudence. Nommé auditeur de rote à Rome, ramené à Paris par le patronage du cardinal de ÇramipQnt, U dut À UU mariage heureux la charge de conseiller sn Parlement, et le chancelier Olivier le députa comme awbassjideu» au concile de Trente. A son retour, la faveur de Marguerite de Va* lois, sœur d'Henri II, lui valut les postes de mettre des requêtes et de surintendant des nuances en la chambre des comptes. Son intégrité lui fit alors plus d'un ennemi; mais il triompha de ces cabales, et, an 1660, la reine Catherine de Médieis lui confiait la garde des sceaux. Les chefs 4e l'État voulaient se couvrir de sa renommée, et se servir de «a, dooilité, parmi les querellée religieuse* qui éelataient de toutes paru. Mais sou patriotisme et ion austérité évite* rent tout périlleux éoueil. Politique habile et ferme, l'Hôpital « brida * tout ensemble l'intolérance et la révolte. Ce fut lui qui, pour évite? rétablissement dhin tribunal inquisiteur, déféra aux évoques le crime d'héfési*. Il provoqua l'édit de Saint-Germain , qui contient déjà, Padit de Nantes. Il fit décider la réunion des États-généraux Ses, eoneejUa de modération ohrétienne eussent sauvé la France s'il» avaient pu être entendus. Mais les passions furent plue fortes que la sagesse* Le colloque de Poissy (1$61), et le massacre de Vassy (1562) à>anèrent le signal de U guerre civile qu'il voulait prévenir. Il lutta du moins contre les violenta, jusqu'au jour où, se sentant aussi im» puissant à faire le bien qu'à entraver le mal , il rendit avec dignité ces sceaux tenus huit années avec courage, entre les ambitieuses convoitises de partis également fanatiques. Il fut suivi dans sa retraite de Vignay par les regrets de tous les bons citoyens. « Quand cette neige sera fondue, avait-il dit en montrant sa barbe blanche, il n'y aura plus que de la houe. » — La boue fut détrempée de sang. Tandis que sonnait, le tocsin de ]a Saint-Barthélémy, une troupe armée vint le menacer dans son asile; ses serviteurs voulant la repousser, il s'y opposa ; c $ la petit» porte ne suffit pas, s>éeria-t»il , qu'on

ouvre lm grande. » Il ne devait pas survivre au crime qu'il avait prévu. Il en mourut de douleur.

Nul ne justifia mieux cette définition de l'orateur : Vit tonne dicendi peritut >. Il fut, selon l'expression de Montaigne, « une de ces belles âmes frappées à l'antique marque. » — • Sage de nature et de pratioque, dit un contemporain *, point sévère sinon bien à propos, équitable quand il falloit, non point obagrineux et rébarbatif, ni séparé des douces conversations, entendant les raisons, ni bizarre iJi fantasticque comme estoit ce Caton, » il est de ces personnages dont la gloire graudit avec la raison publique. Ses Harangues et Mercuriales honorent le talent comme le caractère du magistrat. — S'il ne réussit pas à faire tout le bien qu'il voulut, ce sévère gardien de la justice fut du moins le modèle de toutes les vertus qui sauvent un pays dans les troubles civils. Il représente l'alliance trop rare de la politique et de la morale. — Aussi sa renommée juge-t-elle souverainement ceux qui ne la respecteraient pas.

oeiVMUui au stei chakuu» ix

Rien n'est plus honorable ni pins magniflcque h un roy que de donner la loy a ses subjects sans diminution de ses droicts ; rien n'est plus louable & un sage prince cognoissant que les dissensions sont les maladies des grands Estats, que d'y appliquer, par sa prudence, le remède convenable, et si dextrement' manier les esprits qu'il guérisse leurs playes4, maintenant ses subjects et sa seigneurie*.

Nos roys, prédécesseurs de Sa Majesté, ont' conservé et agrandi cet Estât autant ou plus par prudence que par armes ; la vraye et naturelle prudence est de céder quelquefoys au temps, et tousjours à la nécessité6. En ceste façon ont souvent esté pacifiées les dissensions des Romains, et est advenu bien souvent que le sénat, quittant7 quelque chose libéralement au populaire8, non-seulement le rendoit satisfaict, mais aussy vaincu par ce bienfaict non espéré, dont s' es mou voit9 une merveilleuse concorde et obéissance trèsprompte du bas peuple. Au contraire, quand ce mesme sénat, laissant cette voye, et mesprisant l'artifice10 et pru-

1. L'homme de bien qui a la parole S. Voilà l'esprit politique, habile. 7. Cédant.

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