Stabulum (stare). et qu'il n'y ait point de discernement
éloquentsque les aultres, Voylà pourquoy leurs bienheureux siècles estaient si fertiles ' de bons poètes et orateurs. Ne pensez donc, imitateurs, troupeau servile 3, parvenir au point de leur excellence, veu qu'à grand'peine et industrie avei-vous appris leurs mots, et voylà le meilleur de vostre âge passé.Vous desprisez nostre vulgaire', par adventure, non pour aultre raison, sinon que dès enfance, et sans estude, nous l'apprenons, les aultres avec grand'peine et industrie. Que s'il,4 estoit, comme la grecque et latine, péry et mis en reliquaire * de livres, je ne doubte point qu'il ne fost, (ou peu s'en fauldroit), aussy difficile à apprendre, comme elles sont9. J'ay bien voulu dire ce mot pour ce que7 la curiosité humaine admire trop • plus les choses rares et difficiles à trouver, bien qu'elles ne soyent si commodes pour l'usage de la vie, comme les odeurs et les gemmes ', que les communes et nécessaires, comme le pain et le vin. Je ne veois pourtant qu'on doive estimer une langue plus excellente que l'aultre, seulement pour estre plus difficile. (JZftiftr* de la iang. fr., liv* I, ch. xi.
tL#MULtttMr MM «AftAtm
Condamner une langue comme frappée d'impuissance, c'est prononcer »• avec arrogance et témérité comme font certains de nostre nation, qui, n'estant rien moins que Grecs et Latins, desprisent11 et rejettent d'un sourcil *« plus que stoïque toutes les choses escritpes en françois.Si nostre langue est plus pauvre que la grecque et la latine, ce n'est pas à son impuissance qu'il fault l'imputer, mais à l'ignorance1'
où les lettres, les arts et les disciplinée en faire part an public. » {Lettre à
sont perdus. » (Sàint-Évremûnd, Obs. Mi deTurnèbt, éd. Amsterdam, 17tJ)>
sur U goût de» Français.) ^ L'idiome vulgaire.
I. Fertile de, pour ftrtUt <*> «t ^ L'expression est heureuse,
dans Malherbe i a „, . , .,
, 0« ti.ni ,-. - *i«r « f*t* d. 6' C est c^ue pMnve aotre reçue. I.
[peints, k 7. Parce que*
(Stanc, «ne Mascarade.) g. Beaucoup plus»
t. Senmm peeus. (Horace.) Il imite, 9. Pierrerie [gemma).
en maudissant les imitateurs. 10# pormnler TO tr^L
S. n veut dire la langue vulgaire. 1|# c6mme iêfféel0tm
Pasqaier employait la même formé : r
. Vous êtes donc d'opinion que c'est «• S'emploie souvent arec le sens
perte de temps et de papier de rédiger **tr hautain.
no» conceptions en notre vulgaire, pour 43. U est bien sévère pour des écri-
JOACIIIM DU BELLAY 171
de nos devanciers, qui l'ont laissée si ehêtive * et si nue, qu'elle a besoin* des ornemens et, pour ainsi dire, des plumes* d'aultruy. Qu'on ne perde pourtant pas courage : les langues grecque et latine n'ont pas tousjoursestéce qu'on les vit du temps de Gicéron et de Démosthène. . , . , Les Romains imitoient les meilleurs auteurs grecs, se transformant en eulx 3; les dévorant, et, après les avoir dévorés, les convertissant en sang et en nourriture ♦. . . Qui veult voler par la bouche des hommes * doibt longuement demeurer en sa chambre, et qui désire viyre en la mémoire de la postérité doibt, comme mort a soy-mesme, suer et trembler maintes foyse; et autant que nos poètes courtisans7 boyvent, rnangent et dorment à leur ayse, il doibt endurer la faim8, la soif et de longues veilles : ce sont les ailes dont les esoripts des hommes volent au ciel. Lys donc et relys jour et nuict les exemplaires grecs et latins et laisse-moy 9 aux Jeux fi or eaux de Toulouse et au Puy de Rouen toutes ces vieilles poésies françoises, .comme rondeaux, ballades, virelais, chanfs royaux, chansons et telles aultres épiceries 10 ..,..,,,,.. , 0 combien je désire veoir sécher14 ces printemps ^rabattre ces coups 4'essay, tarir ces fontaines! Je ne souhaite pas moins que ces dépourvus, ces humbles espérons 1S, ces bannys de liesse14, ces esclaves fortunés, spyent renvoyés à la Table ronde, et ces belles petites devises aux gentilshommes et demoiselles dont on les a empruntées.
nies qui Talent mieux que toute la i. Allusion a l'école 4e liarot , 1
Pléiade. Sajat-flelais, «te.
!. Ckètif (de captinu), signifia dV »• Ici » n ^nbm de *a parole et
bord t&piif. déclame.
. „, L ,, . , . . 9. Le conseil est bon; il veut une
1 C est d un ton peu relevé pour la ,e ta,ent j]m q ^ fa ^
solennité de la mercuriale, relevés.
S. L'imitation doit devenir inspira- jq. Voilà un mot qui détonne ; il
tion; mais la Pléiade n'a pas toujours est vulgaire,
prêché d'exemple. 11. Sens neutre.
4. Il faut «' assimiler les plus purs *>• Il parle ici des puériles et fades
éléments de l'antiquité. gentillesses des Sagon, des Fontaine,
LVolitareperorartrum. ' ^a^souptonts.
C. Il parle avec l'enthousiasme 4u té. C'est le nom pris par ufl potftt
fou sacré. du temps*
L'AVENIR Dit IYOTRB LANttlB
Je confospo1 que les aurteurs des langues latine et grecque nous ont surmontés 2 en sçavoir et faconde; esquelles choses* leur a esté bien facile de vaincre ceux qui ne répugnoient point *. Mais que par longue et diligente imitation de ceux qui ont occupé les premiers ce que nature n'a pourtant dénié aux aultres, nous ne puissions leur succéder aussy bien en cela, que nous avons déjà fait en la plus grand'part de leurs arts mécaniques et quelquefoys en leur monarchie5, je ne diray pas 6 : car telle injure ne s'este ndroit 7 seulement contre les esprits des hommes, mais contre Dieu, qui a donné pour loy inviolable, à toute chose crééej de ne durer perpétuellement, mais passer sans fin d'un estât en l'aultre; estant • la fin et corruption de l'un, le commencement et génération • de l'aultre. Quelque opiniastre répliquera encores; ta langue tarde trop à recepvoir ceste perfection; et 10 je dy que ce retardement ne prouve point qu'elle ne puisse le recepvoir; ainçois je dy, qu'elle se pourra tenir certaine de la gatder longuement, Payant acquise avec si longue peine, suyvant la loy de nature, qui a voulu que tout arbre qui naist, florist et fructifie bientost, bientost aussi envieillisse u et meure; et au contraire, celuy durer " par longues années, qui a longuement travaillé à jetter ses racines.
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Monsieur et Prere **, Ne m'ayant, comme vous sçavez, permis mon indisposi-
i. J'avoue... 12. Il brise la tournure, c'est-à-dire
S. Surpassés. la nature a7ant *<mlu que eelvirià dure...