‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 35 sur 559 · La leçon est toujours pratique · texte numérisé non relu

La leçon est toujours pratique

9. Galien parle souvent de lui. Le philosophe Marin écrivit la vie de Proclua.

10 Des plantes.

il. Qui coupe des racines, ?£«, racine, Tiiivt», couper.

12. Petite houe; une marre (bas breon marr) sert à labourer la vigne.

13. Cerfouir on serfouir est labourer légèrement la terre, subararc,

(i. Pour.

13. Herboriser, Ménage a consacré un chapitre à eiaminei « s'il faut dire

an logis, cependant qu'on oppresioit le souper, répétaient quelques passages de ce qui a voit esté leu, et s'assey oient à table. Notez ici que son disner estoit sobre et frugal ; car tant seulement mangeoit pour réfréner les abois1 de l'estomac; mais le souper estoit copieux et large. Car tant en prenoit que lui estoit de besoin à* se entretenir et nourrir. Ce qui est la vraie diète • prescrite par l'art de bonne et geure médecine, quoyque un tas de badauds *, médecins herselés* en Pofficine des sophistes •, conseillent le contraire. Durant iceluy repas estoit continuée la leçon du disner tant que boa sembloit : le reste estoit consommé en bons propos tous lettres et utiles. Après grâces7 rendeues s'adonnoient à chanter musicalement : à jouer d'instrumens harmonieux, ou de ces petits passe-temps qu'on faict es cartes, es dés et gobelets 8 ; et là demeuraient faisans graod'chère9, s'esbaudissans aulcunes fois jusques à l'heure de dormir, quelquefois alloient visiter les compagnies des gens lettrés, ou de gens qui eussent veu pays estranges 10.

En pleine nuit, devant que soy retirer*», alloient au lieu de leur logis le plus découvert veoir la face du ciel :et là notoient les comètes, si aulcunes estoient, les figures, situations, aspects, oppositions et conjonctions des astres.

Puis avec son précepteur récapituloit brièvement, à la mode des Pythagoriques,tout ce qu'il avoit leu, veu, faict et entendu au décours 12 de toute la journée.

Si ,3 prioient Dieu le créateur en l'adorant, et ratifiant1 *. leur foy envers luy, et le glorifiant de sa bonté immense;

ârberisie, arboliste, herboriste ou her- tateurs, et par ceux de la saine opi-

boliste, arborUer, arboliser, herboriser nion, Gallen et ses disciples.

on kerboliser. » 7. Ils disaient leurs grâce*.

i. On dit: l'estomac chjb la faim. 8. Gober (de gob9 mot celtique,

«. Pour.

bouche ).

9 De earot mine, risage; l'espres* 3 &mm«, régime. sion veut dire : faire bon accueil.

* Baàaier, (bayer, béer) qni vient *0 Étrangère. de badare, signi fiait être bouche béante, « Qoa ne puii-je en ees «an a? ee gr&ea parler baver aux corneilles. De là badaud. Dw qnoiué» qui root toler

Son nom jusqu'aux peuple» étrange»? •

5. Herselés (harselés) -vient de herse (Li Font,, PU», div.). (instrument propre à retourner et tour- u Avant que de se retirer. Devant menter la terre). que subsistera sous Louis XIV.

6. Par ces sophistes, ou Arabes, **• Pendant le cours de. eomuie on Ht dans l'édition de Dolet, *3- Si, alors (sic). Rabelais entend Avicenne et ses sec- 44. De ratum, confirmé.

et luy rendant grâces de tout le temps passé, se recommandoient à sa divine clémence pour tout l'avenir. Ce fait, entroient en leur repos '. (Liv. I, ch« xxm.)

Sans plus séjourner, nous transportasmes au lieu ou c'estoit, et veismes ung 3 petit vieillard bossu, contrefaict et monstrueux, on le nommoit Ouydire * : il avoit la gueulle fendue jusques aux aureilles, dedans la gueulle sept langues, et chascune langue fendue en sept parties : quoy que c'estoit dont s'agît, de toutes sept ensemblement * partait divers propous • et languaiges divers : avoit aussi parmy 7

4* M. Sainte-Beuve jnge ainsi ce chapitre : « C'est vraiment ou admirable taplean idéal de l'éducation , où presque tout devient sérieux, si on le réduit, du géant Gargantua, à des proportions un peu moindres. Il y a de l'excès, de la charge assurément dans tout l'ensemble ; mais c'est une charge qu'il est facile de ramener au vrai, et daus le sens justement de l'humaine nature. Le caractère tout nouveau de cette éducation est dans le mélange du jeu et de l'étude , dans le soin de s'instruire de chaque matière en s'en servant, de faire aller de pair les livres et les choses de la vie, Ja théorie et la pratique, le corps et l'esprit , la gymnastique et la musique, comme chez les Grecs, mais sans se modeler avec idolâtrie sur le passé, et en ayant égard sans cesse au temps présent et à l'avenir.

« Quand la journée est pluvieuse, l'emploi des heures est différent, et la diète aussi diffère. Faisant moins d'exercice en plein air, on se nourrit ces jours-là avec plus de sobriété. Ces jours-là aussi, on visite plus particulièrement les boutiques et ateliers des divers ouvriers, lapidaires, orfèvres, alchimistes, monnayeurs , horlogers, imprimeurs, sans oublier l'artillerie, alors toute nouvelle, et partout, « donnant le vin aux gens, » on s'instruit dans les industries diverses. Il est remarquable comme Rabelais veut que ton royal élève soit en quête et cu-

rieux de toutes choses utiles, de toute invention moderne, afin qu'il ne se trouve empêché ni étonné nulle part, comme tant de petits savants qui ne savent que les livres. Une telle éducation à la Ponocrates concilie à. la fois les anciens et les modernes. »

2. Ce morceau est un modèle d'allégorie. Le petit bonhomme ouï-dire personnifie le bavardage, l'impudence»

la hâblerie et la vanité.

3. « Il n'est pas qu'il n'y ait quelque raison en une orthographe que nous avons veue autrefois en ce mot d'il» que l'on ëscrivait avec un g au bout,' lettre qui sembloit du tout superflue de quelque costé que l'on voulust tourner la pensée. Mais cela advint pour autant qu'auparavant l'impression, aux livres que l'on escrivoit à la main , on cottoit les nombres par leurs figures I, II, ni, IIII, V, VI, VII, et ainsi des nombres suivants; et quand on commença de les cotter par leurs noms, on adjousta à l'un le g pour oster l'équivoque qui eust peu advenir entre ce mot et le nombre de sept, représenté par la figure de VII.

(Lettres de Pasquier.)

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