‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 357 sur 559 · Qu'an premier abord, on nie · texte numérisé non relu

Qu'an premier abord, on nie

5. Ces hiatus cous blessent 1'oreilte. avec de lui de finesse complaisante.

6. Eutre les mondains, parce qa'ilt 12. Ta te feras son cornac

DU BELLAY 40i

Aux despens d'an tel sot, tu seras galant homme '.

Que s'il estoit sçavant, il te fault dextrement*

Le mener par le nez, le louer sobrement,

Et d'un petit soubris s et branslement de teste

Devant les grands Seigneurs luy faire quelque feste,

Le présenter au Roy, et dire qu'il faict bien

Et qu'il a mérité qu'on luy fasse du bien :

Ainsy, tenant tousjours ce povre homme soubz bride *,

Tu te feras valoir, en luy servant de guide ;

Et combien que tu sois d'envye espoinçonné *,

Tu ne seras pour tel toutes fois soubsonné 6.

Je te doibs enseigner un aultre poinct notable 7,

Pour ce que de la Court l'eschole c'est la table.8;

Si tu veulx promptement en honneur parvenir,

C'est où plus sagement il te fault maintenir.

Il fault avoir tousjours le petit mot pour rire ;

Tl fault des lieux communs, qu'a tout propos on tire ' ;

Passer ce qu'on ne sçait, et se monstrer sçavant

En ce que l'on a leu '• deux ou trois foys devant.

Bref, pour estre en cest art des premiers de ton âage

Si tu veulx finement jouer ton personnage,

Entre les Courtisans du sçavant tu feras,

Comme entre les sçavans Courtisan tu seras.

Ce faisant, tu tiendras le lieu d'un Aristarque ft, Et parmy les sçavans seras comme un monarque : Tu seras bien venu parmy les grands seigneurs, Desquels tu recevras les biens ou les honneurs, Et non la pauvreté, des Muses l'héritage, Laquelle est à, ceulx là réservée en partage, Qui desdaignant la Court, fascheux et malplaisans, Pour allonger leur gloire accourcissent leurs ans n

t. Soyez le Pbiiinte de cet Oronte. vaut.

î. Adroitement. 9. De son sac, de sa mémoire.

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