‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 368 sur 559 · Quel joli vers · texte numérisé non relu

Quel joli vers

4. Lyre est une petite ville dans le Maine-et-Loire , au-dessous de Saint- Florent-le-VieU ( arrondissement de Beanpréau).

5. Où était le palais des Césars, récemment mis au jour par des fouilles intelligentes.

6. Ici, du Bellay s'imite lui-même ; il avait fait une élégie intitulée Patrice desiderium, commençant par ces vers :

Félix qui mores moltorum vldit et orbe», Sedibos et potutt consenubse sais I

La locution de douceur angevine rappelle le dulces Argon de Virgile.

Les Angevins devaient à la suavité de leur climat et à la richesse de leur sol une réputation de vie facile et rolupveuse. Andegabi molles, disait déjà un Romain. Le bon roi René nous donne l'idée de cette physionomie locale. — Ce sounet a comme Tarôme du pays.

Deux vers de l'anthologie expriment le

même sentiment : • La maison et la patrie sont la grâce de la vie; tons les antres soins pour les mortels, ce n'est pas vivre, c'est souffrir, »

Du Bartas avait dit i

PuUsé-je.ô Tool Paissant! inconnu 4m grands

{rois,

Mes solitaires ans achever par les bois!"

Mou étang soit ma mer, mon bsequet nos

[Ardène,

La Gimona. mon Nil, le Serrampia ma Seiee,

M es chantres et mes lulbs les mlgnards oiselets,

Mon cher Barlas mon Louvre, et ma. cour

[mes valets !

Le sonnet de du JJellay est |a contrepartie de ce mot de Courier, écrivant d'Albano, où il passait un mois de printemps, à M. et madame Clavier : « Si vous saviez ce qne c'est, vous in'envierieg. Ne me parlez pas de vos environs; vonlez-vous comparer Albano à Gonesse, Tivoli à Saint Ouen? La différence est à la vue comme les noms. §— Ajoutons que la poésie est partout, pour qui sait U cueillir.

« Les lieux les plus humbles, sous la vérité de l'expression, ne le cèdent en rien aux plus beaux, dit Sainte-Beuve, mais gardent d'autant mieux leur physionomie attachante. »

7. C'est le fragment d'un discours à Français Te» sur \">^vMtre Estate,

DÛ BELLAY \i\

Que des pieds et des mains le pénible exercice *.

Sans luy rien ne seroit de plaisant et d'aimable, Sans luy des roys seroit la vie misérable, Sans lui toute la terre infertile seroit, Et marastre2 à ses fils, rien ne leur produiroit Que ronces8 et chardons, avec le gland sauvage; Et l'eau pure seroit nostre plus doux breuvage4.

Par luy nous trafiquons5 avecques Testranger, Duquel nous recueillons, pour le boire et manger, Les richesses et For dont nostre France abonde, Comme estant de tous biens une corne6 féconde. De luy vous recevez le tribut annuel; Comme d'un vif sourgeon7, qui court perpétuel, Et jamais ne tarit, pource8 que de sa course La terre, nostre mère, est l'éternelle source.

Si cesse la charrue9, et sf la main rustique, Oisive par les champs, au labeur ne s'applique, Tout le corps périra, comme un grand bastinient Dont l'assiette n'a point de ferme fondement, Lequel, au premier hurt10 de l'aquilon colère, Avec horrible bruit est renversé par terre. Tous les autres labeurs, tant généreux soient-ils, Tous les arts et mestiers, avec tous leurs outils11, Ne sont à comparer à cette agriculture, Qui seule par ses lois commande à la nature, Qui d'infertile rend un terrain plantureux*2, Qui change lalambrusque 13 en un scep1* plus heureux, Qui l'arbre transformé greffe *5 en nouvelle sorte,

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