Deviner* ,3, L,estomac» le
1. Quelques-uns dirent qu'il y lut 1 1. Ciceron, De la Nature des Dieux,
transporté tout jeune encore. Uv. III.
tence du satyrique ' est vraye, qui dict messer Gaster cstre de tous arts le maistre. Avecques icelluy pacifiquement residoit la bonne dame Penie s, aultrement dicte Souffreté. A ce chevaleureux * roy force nous feut faire révérence, jurer obéissance et honneur porter. Car il est impérieux, rigoureux, dur, difficile, inflectiblc *. A luy on ne peuît rien faire, rien remonstrer, rien persuader. Il ne oyt point*. Il ne parle que par signes. Mais, a ses signes, tout le monde obeyst, plus soubdain qu'aux edietz des prêteurs et mandements des roys : en ses sommations, delay aulcun et demoure * aulcuno il n'admet. Vous dictes que au rugissement du lion toutes bestes loing a Tentour frémissent, tant (sçavoir est) qu'estre peult sa voix ouye. Il est escript. Il est vray, je l'ay veu. Je vous certifie qu'au mandement de messer Gaster tout le ciel tremble, toute la terre bransle. Son mandement est nommé Faire le faut7 sans delay, ou mourir.
Pour le servir tout le monde est empesebé8, tout le monde labeure. Aussi, pour récompense, il faict ce bien au monde qu'il luy invente toutes arts, toutes machines, tous métiers, tous engins et subtilitez. Mesmes es animans9 brutaulx il apprend arts desniees l0 de nature. Les corbaulx, les gaysM, les papeguays12, les estournaulx, il rend poètes : les pies il faict poetrides, et leur apprent languaige humain proférer, parler, chanter. Les aigles, gerfaulx18, faulcons, autours, esparviers, esmerillons u, oysaulx aguars18, peregrins18, errors17, rapineux1*, saulvaiges, il domesticque et apprivoise, de telle façon que, les abandonnant en pleine liberté du ciel quand bon luy semble, tant hault qu'il vouldra, tant que lui plaist, les tient suspens *9, errans, volans,