Cette ehansen est tirée de 1» Satire Minippêe
La Fronde eut aussi des poêles qui se moquèrent aux. dépens des frondeurs, entre autres Scarron, dont tous citerons ici ces couplets :
Ma foy 1 nous en avons dans l'aile.
Les frondeurs noos la baillent belle.
Haie peste de l'Union t
Le bled ne vient plus en charrette*
Confession, communion I
Nous alloue mourir de disette.
Tandis qae le Prinee noos bloque,
Et prend bieeque sur bieoque, '
Et nos rivière» haut et bas ;
Nous ne nous amusons qu'à faire,
An lieu de siège» et combats,
des chansons sur laire-lan-lahre.
*fsa ebsfs et nos braves cohortes
M'ont pas site* passe les portée,
Qnlls tel repassent vttemenL Mous nattons nos gens en bataille { Le Polonais et l'Allemand Cependant croquent la volaille.
Usons bien 4e la Conftreuee; Remettons la paix dans In Franc*, Oui, la paix, vous m'entendes bits. Finissons la guerre civile)»
Et que le pain quotidien Revienne i Paris, la grandMUa* ' Il fsnt désormais filer doux.
Il faut crier miséricorde.
Frondeurs, vous n'estes que des fous; Il faut désormais filer doux.
C'est mauvais présage ponr vous Qu'une fron.le soit une corde.
Il faut désormais filer deux, Il faut crier miséricorde.
5. Dans cette pièce, empruntée i la IU nippée t il s'amuse aux dépens des ligueurs, qui avaient marié l'infant d'Espagne au duc de Guise, mais de loin, eu peinture»
6. Le duc de Gnise. A propos de son élection, Passent fit cette épi* gramme :
La Ligue si trouvant camus*)
A l'infante d'Espagne ils ont ce roi promis : Royauté bien petite et de peu d'importance ; Car leur France est comprise en l'enclos de Paris.
N'apporte à cette fois, pour ce froid mariage ,
O Hymen, dieu nocier *, ton paisible flambeau !
De ces corps éloignés on assemble l'image,
Qui font l'amour des yeux, tous deux, en un tableau.
C'est une royauté seulement en figure ;
La feinte et non l'amour, ce mariage a fait :
C'est bien raison qu'étant roi de France en peinture,
D'une reine on lui fasse épouser le portrait.
BPIÇUtAUJHB?
QtTATRAIN AU BOX HE5BI III
Sire, vous avez maintenant
Un vrai trésorier de l'épargne * :
Je n'en vis ono un si tenant :
Car le papier mesme il m'épargne *.
«1ZA1IW
LA tIGUE Et LE ROI
Pleurez, mauvais François, la Ligue est trespaesôo ; Riez tous, bons François, la tempeste est passée. A Lorsqu'est entré le Roy, les Seize sont sortis, Et les feux du combat furent lors amortis. France va se remettre en paix et en concorde. Pendez-vous, Espagnols, nous fournirons la corde 4.
Et les ligueurs bien étonné», 4. Oo dirait qu'Henri IV lai doit le
Se sont avisés d'une rose :
C'est de faire un roi sans nez.
trône, lorsqu'il dit:
Or, ai-je tant crié que non humble prière
I. C'est un mot forgé (dieu ddB Est enfin parvenue à l'oreille des dieux;
nOCi8, nuptlé). Ils nous ont renyojé le soleil radieux,
«. L'épargne était l'ancien nom du Maiï sur moi M luit *°ittt ,a *"££; trésor royal,
...... Il veut dire que la pension du roi
. M.. Imm *•-«££££*•» est .a reUrd, ce qu'il exprime oUire-
' ment ainsi :
t. C'est une malice centre un tré- mnu hM eomma.de. à monteur de
Boner de. 1 épargne qui n avait pas ré- [Soucj
poudn i une requête de Passerai. Qu'il face le soleil dedans ma bourse luire.
4G8 CLASSIQUES FRÀWÇA13
tVAY*>CAT MMJUmM
Si pendre te. voulois, tu ne ferois que bien 7. Puisqu'on ne peut avoir de toy miséricorde : Mais si tu yeux sauver quelque peu de ton bien , Va te jetter à l'eau, tu gagneras la corde.
Un certain président, Triboulet • surnomma,
Suyvit monsieur Roland, escbevin renommé ,
Pour saluer le duc de Parme et de Plaisance * :
Il avoyt deux chevaux meilleurs François que luy,
Qui contraincts d'y aller en ont eu tant d'ennuy,
Que tous deux en deux jours sont morts de desplaisance °c
Mais où est maintenant ceste puissante armée, Qui sembloit en venant tous les dieux menacer ? Et qui se promettoit de rompre et terrasser La noblesse françoise avec son prince armée?
Ce superbe appareil s'en retourne en fumée, Et ce duc qui pensoit tout le monde embraser, Est contraint, sans rien faire, en Flandres rebrosser 8 : Il a perdu ses gens, son temps, sa renommée!
Henry, notre grand roy , comme un veneur 7 le suit, Le presse, le talonne; et le renard s'enfuit,
1. C'était un avocat général, ligueur Tu drroU en tel accident
fanatique. Mettre an coche le président;
m — , . . . , . . Car, à ce qu'on dit. aux raquettes
S. Tu n'aurai* rien de mieux à faire. LuJ 8eui wal biea de„ ^e, btitUt
3. Hennequin d'Àssy, président des 6# 0n ^t aujourd'hui rebrousser. "«***«• Brosse (de brustia) avait dans l'on-
4. Il fit ce voyage en septembre 1590, 8m* 1* sens de bruyère, buisson. Saint i la suite du cardinal Gaetano , qui Simon emploie encore le mot de brosallait saluer le duc de Parme pendant <*r dans le seni de courir, traverser; le siège de Corbeil. cette signification est restée dans la
5. Le même incident a inspiré le 1" g™ de h vénerie. C'est dé là que sixain suivant : T,eût >routtaille , qui m disait bros-
Cocher, quand tes chevaux mevrareDt,
taillé (petit buisson).
Parts que trop fort tu coururent , 1. FdtOttf» ehâMaaJW
JEAN PÀSSERÀT 409
Le menton contre terre, honteux, despit4, et blesme.
Espagnol, apprenez que jamais estranger
N'attaqua le François qu'avec perte et danger :
Le François ne se vainc que par le François mesmc *.
QVATKAllf
Mes vers, Monsieur *, c'est peu de chose J Et", Dieu mercy, je le scay bien :
Mais vous
, monsieur », c est peu ae mercy, Je Ie scay bien :
mais vous ferés beaucoup de rien Si les changés a* vostre prose 5.
De vers je vous estrenne, et vous ne sçavez lire, Qui n'estes qu'un enfant : quelqu'un pourroit s'en rire. Toutefois Cupidon, enfant qui n'a point d'yeux, Reçoit seul plus de vers que tous les autres Dieux7.
SONNET
Sire, Thulène • est mort, j'ai vu sa sépulture : Mais il est presque en vous 9 de le ressusciter. Faictes de son Estât un poète hériter.
Le Poète et le Fou sont de mesme nature.
1. Dépité, de despeelut, mépris, co- Jamin (1540-1585), écrivit dam un
1ère. sonnet à Charles IX :
S. Plût à Dieu que ce fût la Térité ! Ut postes sont des grand» rois les ne»eux,
2 II adrftisait cas vers à M Ha a ri wutent ils ?iwnl wnffreteux,
« ,ï • * ! x * *' 0e Ayant de l'eau pour unique heiitaee,
Soucy, trésorier de l'épargne, « ponr Faite, connaître a« moins a . , fois.
avoir de loj une rescription, » c'est- En me donnant quelque bien en partage,
à-dir© une libéralité sonnante. Que tous pensez qu'Us sont parents des rois.
4. En votre prose, one prose solide 6. C'était la fille de son ami , le
et de poids. C'est solliciter avec es- président du Parlement Pnt' 7. A nne cousine, Marguerite Bar*
. 8. Ce quatrain m'en rappelle un gain, qui se plaignait de n'avoir pas
antre d'on poète de cour qui vécut au un assez beau nom, il écrivait :
IVII* Siècle (1604-1673), de Cailly, sur- Si rostre nom ne tous semble pas beau,
nommé d'Aceilly. IX écrivit à Colbert : Il fut prier Amoor et Hyméoéa
n— l. -*„. x«„«. „„ ,.M „„ ««».. De ,e •n»neTW. et que d'un nom nouveau
Que je vous donne on vers ou prose, An MMtl „ „M M,^ maÈgmBÊm. Grand ministre, je le sçay bien,
Au nouvel aa vous sovés estreuée.
Un protégé de Ronsard;, Àmadis citer.
Je bm vous donne pas grand ebose, *• C'était le fou du roi.
liais je ne vous demande rien. ,. Voua ftves pouvoir de le rossus-
L'un fuit l'ambition, et l'autre n'en a curé ; Tous deux ne font jamais leur argent profiter; Tous deux sont d'une humeur aisée à s'irriter * ; L'un parle sans penser, et l'autre à l'aventure.
L'un a la tcsto verte *, et l'autre va couvert D'un joly choperon • faict de jaune et de vert ; L'un chante des sonets, l'autre danse aux sonettes \
Le plus grand différent * qui se trouve entre nous, C'est qu'on dict que tousjours Fortune aime les Fous, Et qu'elle est peu souvent favorable aux Poètes 6.
A M. Bellechasse, trésorier de l'épargne
Sans l'Espérance aux grandes ailes vertes7, Les cours des rois demeurerbient désertes, La mer sans nefs, les maistres sans valets ; Et croistroit l'herbe au milieu du palais. Les médecins n'auroient plus de pratiques *; Les artisans fermeraient leurs boutiques •; Aux temples saints et images des dieuz, On ne ferait ni prieras ni vœux;
1. GenUS irritabile Valum. L'un porta nu gai chapeau, l'autre Jet bon-
î. Il vent dire la tète couronnée de rw„B , .. , (ûeU "**>
laurier tert <-nacun aime ion chant; l'un jaloux de ses
8. Ce chaperon bigarré qui fait L'autre de sa marotte on m «aurait défaire!
partie du costume des fous. Ils diffèrent pourtant d'un seul point en ti-
4. Car il porte marotte avec grelots. „ ... . [*•»»; . , • . i *mt Car l'on dit que fortune aida aux fous bien