VAUQUELIN DE LA FRESNAYB
Avec ce mot soudain il couvrait tout
Ce qu'il avoit en lui de vilainie * :
ijuand on dit foi, toute la compagnie
S'en esjouit; mais quand on dit je sai,
Je suis savant, et j'en ai fait l'essai,
Cela ne plait*. Rêva '-t'en à l'école ;
De rien ne sert ta savante parole,
Lui répond-on; retourne étudier,'
Ce que tu sais ne vaut pas un denier*
Les Muses sont filles de la disette,
Les vers leurs fils, vrais pères de souffre te * ;
Et les chantant on périroit de faim;
Nul ne voudroitleur apporter du pain.
Tout son cœur met en ses vers le poëtc,
Mais le richard, son âme plus parfaite
Met en son or, auprès duquel 5 combien
Pourroit valoir des Muses tout le bien?
Aux carrefours 6 les Muses déprisées
Ne servent plus que de folles risées;
Et môme c'est un crime à l'opulent
Que d'être docte et poète excellent.
Oh I que lourdauts et que bêtes nous sommes
De tant louer indignement les hommes !
J'entends7 les grands qui pensent qu'on leur doit
Tous les beaux vers qu'un bel esprit conçoit8.