‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 423 sur 559 · VAUQUELIN DE LA FRESNAYB · texte numérisé non relu

VAUQUELIN DE LA FRESNAYB

Avec ce mot soudain il couvrait tout

Ce qu'il avoit en lui de vilainie * :

ijuand on dit foi, toute la compagnie

S'en esjouit; mais quand on dit je sai,

Je suis savant, et j'en ai fait l'essai,

Cela ne plait*. Rêva '-t'en à l'école ;

De rien ne sert ta savante parole,

Lui répond-on; retourne étudier,'

Ce que tu sais ne vaut pas un denier*

Les Muses sont filles de la disette,

Les vers leurs fils, vrais pères de souffre te * ;

Et les chantant on périroit de faim;

Nul ne voudroitleur apporter du pain.

Tout son cœur met en ses vers le poëtc,

Mais le richard, son âme plus parfaite

Met en son or, auprès duquel 5 combien

Pourroit valoir des Muses tout le bien?

Aux carrefours 6 les Muses déprisées

Ne servent plus que de folles risées;

Et môme c'est un crime à l'opulent

Que d'être docte et poète excellent.

Oh I que lourdauts et que bêtes nous sommes

De tant louer indignement les hommes !

J'entends7 les grands qui pensent qu'on leur doit

Tous les beaux vers qu'un bel esprit conçoit8.

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