M BA* BY LA MIAVTB
Il advint d'aventure un jour qu'une belette \
De faim, de pauvreté, grêle \ maigre ♦ et défaite,
Passa par un pertuis 4 dans un grenier1 à blé •;
Et sur un grand monceau7 de froment assemblé,
La gloute *, elle mangea par si grande abondance,
Que comme un gros tambour • s'enfla sa grosse pance *• :
Mais voulant repasser par le pertuis étroit,
Trop pleine, elle fut prise en ce petit détroit.
Un compère de rat lors lui dit : « 0 commère,
Si tu veux ressortir, un long jeûne il faut faire :
Que ton ventre apetisse " il faut avoir loisir,
Ou bien en vomissant n perdre le grand plaisir
Que tu pris en mangeant; tant, que ton ventre avido,
Comme vide il entra puisse retourner vide.
Autrement par le trou tu ne repasseras,
Mais au danger des coups tu nous demeureras. »
la vu cBAWferaa
Bien heureux est celui qui, très-loin du vulgaire» Vit en quelque rivage éloigné, solitaire,
(act. II, te. iv) le portrait de Géralde: 3. De maerum [macer, maigre).
........ O l'ennuyeux conteur l 4. PcrlUSllS, percé.
Jamais en ne Je toit sortir du grand tel- Qranarim.
Et celui de Cléon s 6. Blé, de oblatm (ce qui est en-
De son en Ul nier il .'est fait an mérite... levé> moisson, daus le latin do moyen
T»,n. i. nm.iU !». ,Am„r,ic«n. âge). En grec xapiee; (fruit), comme le
Dans la Br yère , les comparaisons rem \j# Brwhet, si 'ifi ^
abondent. Guillaume Coquillart, un *„;";"„^ll{ ' 6
bourgeois de Reims, sous Louis XI , qui esl cueiil1,
s'était moqué des larrons de noblesse ?• De monticeUum, petits montagne.
dans les vers que voici : 8. doute, adjectif et substantif. (On
A Paris y en a beaucoup disait 9*0*, glous, fflu*, gloton, glow
Qui n'ont ne argent, Tergter, ne troo. ton, glutuu; ce mot rappelle gluttere,
lia m disent yssus d'Engleterre, engloutir).
%2^;%iïZ^^ Â •■ Tambour du persan U«Hr («et
De la clique d'.ng meunier, du xn« siècle). Un tabouret était ua
Voire on de la ligne d'un chou, siège en forme de tambour. (Bracbet.)
Enfant, à quelque jardinier. , 0 Dô paniictmt Ventre.
t. Diminutif de l'ancien français H. \\ faut qne ^^ 1%ùtn pojjsi
Mo (martre), comme ablette vient de Ueveiiir plus petit.
tble lalbula), petit poisson blanc. 12. Quelle blulalu6 , ^ Uq^
i. Grêle. tofracilis (mince). et la Fontaine traitant le même sujet.
VAUQUELtN DE LA fAESNÀÏB 479
Hors des grandes cités, sans bruit et sans procès,
Et qui content du sien * ne fait aucun excès;
Qui voit de son château *, de sa maison plaisante.
Un haut bois, une prée », un parc * qui le contento ;
Oui joyeux fuit le chaud aux ombrages divers;
Qui tempère le froid des rigoureux hivers
Par un l'eu continu ; qui tient bien ordonnée
En vivres sa maison tout du long de l'année!
Les pensera ennuyeux ne lui rident la peau*,
Ne lui changent le poil • ni troublent le cerveau ;
Mais n'espérant plus rien et craignant peu de chose,
Son seul contentement pour but il se propose. %
Il rit de la .fortune, et de cet or trompeur
Que l'avare en un coin dépose plein de peur. •
Il prend son passe-temps de voir, dedans les villes,
Tant d'hommes convoiteux, tant de troupes servilles,
Courre t aux biens, aux profits, aux états8, aux honneurs
Pour faire, après, parti • des grands et des seigneurs.
Il ne voit près de lui l'horreur des grand's armées l0, N'entend point la rumeur des troupes affamées, Qui mangent la substance au pauvre villageois, Et rançonnent la ferme ou les biens du bourgeois.
Le jour, il ne craint rien, et dans sa maison belle,
On ne pose la nuit garde ni sentinelle :
Il n'est point désireux de hausser son renom
Plus haut11 qu'entre les siens avoir toujours bon nom,
Entre les bas vallons son humble renommée
Sans autre ambition se tient close et fermée»