‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 512 sur 559 · Je lui appartiens , je suis sa d'où le bas latin zicanum · texte numérisé non relu

Je lui appartiens , je suis sa d'où le bas latin zicanum

cho&g 15. Régnier le prend ici au net.

Que pour tuer le temps je m'efforce d'escrire. Et pour un courtisan *, quand vient l'occasion. Je monstre que j'en sçay pour ma provision. » Il lit, et se tournant brusquement par la place, Les banquiers estonnéz * admiroient sa grimace.

Me voyant froidement ses œuvres advoûer s, Il les serre, et se met luy-mesme à se louer : « Doncq' pour un cavalier* n'est-ce pas quelque chose? Mais, monsieur, n'avez-vous jamais leu de ma prose ? » Moy de dire que si §, tant je craignois qu'il eust Quelque procès-verbal qu'entendre il me fallust. « Encore, dites-moy, en votre conscience, Pour un qui n'a du tout acquis nulle science, Cecy n'est-il pas rare? — Il est vray, sur ma foy, » Luy dis-je, sousriant. Lors se tournant vers moy, M'accolle à tour de bras*, et tout pétillant d'aise7, Doux comme une espousée, à la joue il me baise, Puis me flattant l'espaule, il me fîst librement L'honneur que8 d'approuver mon petit jugement. Apres cette caresse il rentre9 de plus belle : Tantost il parle à l'un, tantost l'autre l'appelle ; Tousjours nouveaux discours, et tant fut-il humain 10, Que tousjours de faveur il me tint par la main. J'ay peur que sans cela ", (j'ay l'ame si fragile),

I. Cé type do courtisan qui se pique 5. Que j'en avaU lu. Si est le 0»

d'être poète rappelle YOronte du Mi- des Italiens.

wnthrope. 6. Me donne l'accolade (ad, coUtun),

S '.On le prend pour un fou, à le P»*se ses bras autour du col. Ces dé-

voir déclamer et se démener. Le mot monstrations étaient alors à la mode,

grimace remonte au Scandinave grima, «j le seront encore pins au temps de

masque, contorsion des traits. Admirer Molière.

a le sens à.' être étonné. 7. Quelle vire expression !

S. Approuver. Avouer, terme de «. Gomme on dirait : Il me fit tant

droit féodal, signifia, dans le principe, tf honneur que d'approuver.

reconnaître un seigneur, lui vouer ti revient à la ch,™ «.w

obéissance, approuver ses actes. « Je * "e «lus beïle * '

t'avouerai de tout, » dit Racine dans ture de Plus 1)el,e-

Phèdre. On lit aussi dans Corneille : 10. Et par amitié ne me lâche pas

Et sans doute son cœur vous en avouera la main. (Ce vers est ironique.)

bien,

fait pas profession de «oésie* " fuse.)

11. Sans quoi , j'en ai peur, je me 4. Pour on gentilhomme qui ne serais échappé. (Cette phrase est coq-

Le laissant là d'aguet1, j'eusse peu faire gile3; Mais il me fust bien force *, estant bien attaché, Que ma discrétion expiast mon péché.

CWB CABICA

O Muse, je t'invoque : emmielle-moi le bec, Et bande de tes. mains les nerfs de ton rebec*, Laisse-moy là Phœbus chercher son aventure ', Laisse-moy son 6 mol, prends la clef de nature * Et viens, simple, sans fard, nue et sans ornement, Poux accorder ma flûte avec ton instrument.

Dy moy comme sa7 race, autrefois ancienne,

Dedans Rome accoucha d'une patricienne,

D'où nasquit dix Gâtons et quatre-vingts prêteurs,

Sans les historiens et tous les orateurs ;

Mais non, venons à luy, dont la maussade mine

Resemble 8 un de ces dieux des coutaux. de la Chine,

Et dont les beaux discours, plaisamment estourdis,

Feroient crever de rire un sainct de paradis.

Son teint jaune, enfumé, de couleur de malade, Feroit donner au diable et ceruze et pommade; * Et n'est blanc en Espaigne à qui ce cormoran • Ne fasse renier la loy de l'Alcoran.

Ses yeux bordez de Uuge, esgarez, sembloient estre L'un à Montmarthe et l'autre au chasteau de Bicestre : Toutesfois, redressant leur entre-pas 10 tortu, Ils guidoient la jeunesse au chemin de vertu,

I. Adroitement , sournoisement 5. Laisse li Phébus pour venir à [A guet veut dire emhueade, tour d'à- moi. dresse.) 6. Prends la clef des champs.

«. J'eusse été homme à m'esguiver. ]' n ™rt Pm1w d*«n acteur ridiiocution proverbiale. eule «* ,l a Mn«mtré dans le monde.

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