Ibid., p
85. Précis d’un autre panégyrique du même saint, (Oraisons funèbres et Panégyriques, II, 600-611.)
NOTES
86. « Bossuet a la parole grande, et, pour qu elle ne soit pas disproportionnée, il a besoin que les sujets soient grands. »
< Port-Royal , II, 151 n.) — « Le style périodique est beau, dans son ampleur, chez Descartes, chez Bossuet, chez les maîtres... » (Ibid., V, 607.)
87. Abbé Victor Vaillant : Etude sur les Sermons de Bossuet, d’après les manuscrits, Paris, 1851, in-8°, p. 191. [These pour le doctorat ès lettres.]
88 Dans son portrait de Madame de Sévigné (3 mai 1820), Sainte-Beuve parle d’un style « capricieux et mobile sans méthode traditionnelle, et tout conforme a la diversité des talents et des génies », duquel il dit : « Montaigne et Begmer en avaient déjà donné d’admirables échantillons, et la reine Marguerite un charmant en ses familiers Mémoires, œuvres de quelques après-disnées : c’est le style large, lâche, abondant, qui suit davantage le courant des idées ; un style de première venue, et primesautier, pour parler comme Montaigne luimême ; c’est celui de La Fontaine et de Molière, celui de Fenelon, de Bossuet, du duc de Saint-Simon et de Madame de Sevigne. » (P. F. 20.) — Dans Port-Royal (II, 56), ayant écrit que « Balzac c’est la prose française qui fait en public, et avec beaucoup d’éclat, sa rhétorique, une double et triple annee de rhétorique », Sainte-Beuve ajoute : « Tous les grands prosateurs qui viennent après sont bien loin de reprendre le moule de Balzac. Bossuet est bien autrement libre et irrégulier, dans sa majesté oratoire. » Aux pages 361-362 du même volume, on lit, après une appréciation du « style mitoyen » de M. de Saci .
« Ce système d’élégance continue, que Bossuet trouvait souvent contraire à la simplicité de l’esprit divin, et qui lui faisait dire .
« Aimons la parole de Dieu pour elle-même; que ce soit la vente qui nous touche, et non les ornements dont les hommes 1 auront parée; » cette sorte de monotonie tempérée nous .parait à nous, aujourd’hui que le goût littéraire a change, et s est enhardi, manquer précisément du cachet littéraire qui est propre à la Bible, et en fausser ce que nous en regarderions plus volontiers comme les éléments naturels... A * énelon il seyait de traduire Homère; à Bossuet la Bible à traduire eut bien convenu. On a remarqué que les traductions frequentes qu’il donne des versets sacrés passent dans son discours sans le troubler et font corps avec lui. Qu’on essaie, au hasard, de comparer la traduction de certains mots des Psaumes ou de Job par Bossuet avec celle des mêmes endroits par Saci. S agitil de prévenir la face du Seigneur en le confessant (Bossuet) . Saci nous dit : Hâtons-nous de nous présenter devant lui /four célébrer ses louanges. (Psaume XCIV, 2.) [La Sainte Bible, edit. Garnier frères, I, 681.] Bossuet entre-t-il avec David dans les puissances du Seigneur? Saci se renferme dans la considération de la puissance du Seigneur. (Psaume LXX, 17.) [Op. cit., p. 6bfa.] « C’est la différence de Moïse entrant dans le nuage de feu au Sinaï, et du scrupuleux interprète, né de Lévi, étudiant à l’ombre des murailles du Temple. Bossuet, au premier coup d’œil, apparaît investi de ce droit de brusque et familière
NOTES
entree : nul autre ne l’aurait su prendre sans témérité, et Saci était le moins téméraire des hommes. » Dans Chateaubriand, et son groupe littéraire, on lit, au sujet du style chrétien : « Le st>le chrétien, s il est telle chose qu’un semblable style ne saurait être autre qu’un style de vérité. Si l’éclat du talent s’y H?r.e’.“ -1 accepte, il le tolère, il le voudrait tempérer parfois Réduit a lui seul, a ses propres moyens, à ce qu’il affectionne, il est humble, modeste, le plus souvent négligé, élevé seulement par le fond, médiocre par la forme; aisément méprisé des docteurs, sublime aux cœurs simples; tel qu’on le peut voir dans le Serrnon sur la montagne, dans les Evangélistes, dans samt Paul, dans Y Imitation de Jésus-Christ : voilà le style chrétien pur. Si je l’osais, je dirais que dans saint Augustin le professeur de rhétorique offusque quelquefois le chrétien. Ouel- <Çie,f.^lose trop éclatant et de trop glorieux l’effarouche. Le chietien, chez Bossuet, n’est si haut d’aspect que parce qu’il se revet et se redouble du prophète hébreu; Bossuet a en lui du Moïse. Dans tous les cas, ce style chrétien ne recherche ni la métaphore ni l’antithèse; il mortifie la gloire, il repousse i eiiet. » (l, Z 92.)
89. Dans une étude sur l’abbé Maury et son Essai sur l’Eloquence de la Chaire (23 juin 1851), Sainte-Beuve avait écrit, au sujet de cette édition de 1772 des Sermons : «L'abbé Maurv avait le très-grand mérite de les apprécier aussitôt à leur valeur, malgré son siècle. La Harpe lui-même, qui, à cette epoque, n avait lu de Bossuet que les Oraisons funèbres et l Histoire universelle, résistait à ce jugement sur l’ensemble des Œuvres, et il ne s’y rendit que plus tard. Maury place hardiment Bossuet à la tête de tous les autres orateurs sacrés, meme dans le genre du sermon; il le montre à la fois le précurseur en date et le maître de Bourdaloue et de Massillon. Il assigne à Bourdaloue son vrai rang pour l’admirable ordonnance des plans, pour la belle et constante unité des sujets, pour la parfaite et chrétienne justesse des développements toujours en vue de la sanctification de son auditoire. A l’égard de Massillon, Maury, à propos de ce Petit Carême^ si vanté et qu’il met au-dessous du grand, du premier Carême, ose prononcer le mot de décadence, et il en donne la raison avec une grande fermete de sens. Tous ces jugements, ébauchés par lui dès 1772 et 1777, tout à fait neufs alors et originaux, développés depuis et mis en complète lumière dans les dernières éditions de 1 Essai. sur l’ Eloquence de la Chaire, font loi et règlent désormais cette matière littéraire et sacrée. Il disait de Bossuet en 1772 : Ce qui donne le plus de plénitude et de substance aux sermons de Bossuet, c’est l’usage admirable qu’il fait de l’Écriture Sainte. Voilà l’inépuisable mine dans laquelle il trouve ses preuves, ses comparaisons, ses exemples, ses transitions et ses images... Ilfond si bien les pensées de l’Écriture avec les siennes, qu’on croirait qu’il les crée ou du moins qu’elles ont été conçues exprès pour l’usage qu’il en fait... Tout, en effet, dans un sermon, doit être tiré de Y Écriture, ou du moins avoir la couleur des livres saints; c’est le vœu de la religion, c’est même
NOTES
le précepte du bon goût. » (C. L. IV, 269.) — Dans un article sur Ballunche (7 septembre 1834), Sainte-Beuve rappelle que Ballanche, dans ses Institutions sociales, a remarque que « Bossuet, ce dernier Père de l'Église, a une merveilleuse facilite à s'approprier les textes sacrés et à les fondre tout à fait dans son discours qui n’en éprouve aucune espèce de trouble tant il paraît dominé par la même inspiration ». (P. C. II, 13.)