‹ Les grands écrivains françaisChapitre 43 sur 84 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

284. — Notons ici ce que Sainte-Beuve dit de l’attitude de Fléchier devant le Jansénisme. Au t. IV de Port-Royal, à propos de la discussion entre l’abbé Le Roi, de « piété raisonnable », qui jugeait excessives certaines mortifications et humiliations en usage à la Trappe, et l’abbé de Rancé, qui les explique et veut les justifier, on lit : « Fléchier, qui n’était pas encore évêque, écrivant à M. Le Roi, lui parle ainsi: « Je penche fort de votre côté avant que de vous avoir entendu; mais je vous avoue que je n’ai pas été trop édifié de la manière dont il (M. de la Trappe) soutient sa cause. Son zèle a quelque degré de chaleur plus qu’il ne faudroit, et j’ aurais désiré, si je l’ose dire, plus de douceur dans un solitaire de sa vertu et de sa réputation. » (Lettre du 18 juin 1677). »

« On ne pouvait guère attendre un autre jugement de l’esprit modéré, tolérant, poli (amœnus), un peu précieux, de Fléchier, aussi opposé à celui de Rancé qu’il était possible, et qui nous a laissé un si ün portrait de lui-même, tracé dans les nuances de l’hôtel de Rambouillet avec une pointe de pinceau à la Fontenelle, et adressé à une femme poète. »

Et, en note, il ajoute : « Cette femme poète, on le sait aujourd’hui, était Mlle des Houlières. C’est à la même que, dans une lettre du 30 juillet 1680, Fléchier, alors en tournée et suivant la Cour, écrivait : « Nous avons passé toute la journée à voir des églises de cette ville (Ypres). Après avoir fait nos dévotions devant l’autel de saint Ignace, nous sommes allés prier Dieu sur le tombeau de Jansénius : ainsi tout le monde a sujet d être content de nous; si vous Têtes de moi, Mademoiselle, j achèverai mon vovage agréablement... » Monsieur Vuilliart,

NOTES

ancien secrétaire de M. Le Roi, parlant de Fléchier alors évêque de Nîmes, écrivait à M. de Préfontaine, le 23 juillet 1699 : « Je connois M. l’évêque de Nîmes dès le temps qu’il étoit précepteur de M. votre parent (M. de Caumartin). Il ne m’a jamais oublié depuis. La dernière fois qu’il vint à Paris, il voulut me donner à dîner deux fois et m’honora d’une visite, et de la belle édition in-4° de ses Panégyriques... Il faut avouer que c’est un bel esprit, et s’il avoit été élevé par un homme à principes comme M. Arnauld, il eût été bien plus loin que par l’éducation qu’il avoit reçue d’un homme seulement éloquent comme l’étoit le fameux père Hercule, ami de Balzac, et qui étoit général des Pères de la Doctrine chrétienne et oncle du prélat dont il s’agit. » — Je crois que M. Vuillart s’abusait en croyant qu’une autre éducation eût fait de Fléchier un janséniste ou un augustinien déclaré. Fléchier était, par tempérament, modéré et neutre, résolu de rester à égale distance (comme il vient de nous le marquer en souriant) de saint Ignace et de Jansénius. » (IV, 62-63 n.)

— Au t. VI de Port-Royal (p. 510), Sainte-Beuve écrit que Nicole « avait revu, avec son ami le comte de Tréville, V Histoire de Théodose, à la prière de Fléchier ».

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