‹ Les grands épisodes de la monarchie constitutionnelleChapitre 145 sur 146 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

26 décembre.

« Sire,

« Votre majesté m'a dit hier soir que l'objet de notre conversation devait être terminé aujourd'hui. J'ai vu MM. Laffitte et de Montalivet. Ils m'ont parlé de l'amendement que le président du conseil comptait proposer. Mais, sire, vous savez bien qu'il ne détruit pas les objections que j'ai pris la liberté de vous soumettre. J'ai dit à M. de Montalivet que je me regardais comme ayant donné ma démission et je pense qu'il aura donné ses ordres en conséquence. Cependant je crois devoir le répéter au roi, parce que le général Carbonel et mon fils ayant suivi mon sort, ainsi que l'aide-major général Tracy, il faudrait que les ordres fussent donnés pour le service de demain. Croyez, sire, que le devoir que je

crois remplir m'est plus pénible que je ne puis l'exprimer. C'est aujourd'hui plus que jamais que j'ai besoin de joindre à l'hommage de mon respect celui de mon profond et inaltérable attachement. »

Le roi fit à cette lettre une réponse pleine de regrets et d'égards. Mais il déclarait nettement à M. de Lafayette qu'après tant d'efforts, impuissans pour changer une résolution qu'il devait désormais considérer comme irrévocable, « il allait prendre des mesures pour que le service ne fût pas interrompu et pour remplir le vide qu'il aurait tant voulu prévenir et qui lui faisait tant de peine. »

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