‹ Les grands épisodes de la monarchie constitutionnelleChapitre 24 sur 146 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

drait la dynastie ! » disait le pnnce de Metternich1. « Le serment de Reims violé, les Bourbons ne devraient plus compter sur la Russie, » écrivait le comte de Nesselrode2, ambassadeur du tsar. « Je suis las de ces insinuations calomnieuses ! s'écriait le roi. » Et partout, il répétait qu'elles étaient fausses; il le disait aux membres du corps diplomatique, à ses aides-de-camp, au baron de Rothschild3. Il le disait même au général de Champagny4, qui dirigeait le ministère de la guerre en l'absence du maréchal de Bourmont, et que, par une inconcevable aberration, M. de Polignac négligeait d'avertir, alors qu'il donnait à ses collègues l'assurance que toutes les mesures étaient prises pour vaincre en un instant les tentatives d'émeute qui pourraient se produire.

Le 2!i juillet, les ministres avaient adopté définitivement les ordonnances. Au moment de se prononcer, plusieurs hésitèrent, effrayés par la responsabi-

1. Né à Coblentz en 1773, mort en 1859. En 1830, jil était depuis vingt-cinq ans chancelier de l'empire d'Autriche, et à ce titre exerçait sur les affaires européennes une influence qui devait durer dix-huit ans encore.

Page 1