LIVRE DEUXIÈME
diversité de vues résultait non-seulement des incidens du présent, elle avait aussi sa cause dans les souvenirs du passé ; elle s'aggravait des sentimens, des opinions , des passions qui avaient préparé le triomphe de la révolution de juillet.
La volonté de maintenir la paix publique rapprochait sans doute le maréchal Gérard 1 et M. Guizot ; mais pour l'immense majorité du public, le maréchal était le représentant de la gloire impériale et de la dernière latte de l'indépendance nationale contre l'étranger, tandis que M. Guizot était l'homme de Gand.
Entre M. de Broglie et M. Mole venait se placer l'ombre du maréchal Ney ; leur patriotisme l'écartait par un noble et commun effort; mais les vainqueurs de 1830 l'y replaçaient avec acharnement, et l'on vit plus tard M. de Montalivet, ministre de l'intérieur, obligé d'empêcher par la force la représentation, à la Porte-Saint- Martin, d'un drame intitulé : le Procès du maréchal Ney, dans lequel l'appel nominal devait être fait sur la scène.
M. Bignon touchait à l'empire, tandis que M. Dupont était tout près de la république. MM. Casimir Perier, Sébastiani, Laffitte et Dupin avaient fort peu de