INTRODUCTION. V
chassaient dans les environs du grand lac des Esquimaux.
Je ne donne point ici la relation de ce voyage, ces pages étant entièrement consacrées aux Innoit.
De retour à Andersen, j*en repartis presque aussitôt pour diriger mes pas vers une autre contrée : le pays des Bàtards-Loucheuxougensdu Bout du monde. J'explorai le cours du haut Andersen et les. vastes steppes, parsemés de grands lacs et peuplés de rennes qui, de ce cours d'eau, s'étendent jusqu'à Bonne- Espérance.
Que la crainte de lire des relations vieilles de vingt années ne décourage pas mes aimables lecteurs. Le niveau civilisateur et égalitaire que 1(S Européens étendent sur toutes les classes et sur toutes les variétés de Fhumaine espèce n'a pu pénétrer encore dans les latitudes arctiques. A peu de chose près, le cercle polaire est encore ce qu'il était à l'époque où j'y arrivai pour la première fois. Et si Dindjié et Pènè ont appris des Blancs à se construire des cabanes, à jouer du violon, à porter des redingotes de drap noir ou des châles de tartan, par contre^ les Esquimaux ont sagement conservé leurs antiques coutumes et les us de leurs ancêtres. Vous les trouverez aujourd'hui tels qu'en 1865, respcctablpmcnt enfouis dans leurs yourtes denii-souterraineSy eminitouflés dans leurs fourrures comme des chats angoras, sirotant avec bonheur de l'huile de phoque et avalant de longues tranches d^orlchok rosat.