Les grands jours [microforme]
quarts de siècle d'existence, a pris, ces vingt-cinq dernières ennées, un développement considérable, présage d’un bel avenir.
Si Victoriaville se fait remarquer par son activité et ses succès dans l’ordre matériel, elle attire bien davantage l’attention par le nombre et la qualité de ses édifices religieux non moins que par l'esprit chrétien de ses habitants. L'on y voit une élégante église de pierre, au dessin très-pur, et dont l'intérieur, de style corinthien, frappe par l'harmonie des lignes et la magnificence des sculptures : la voûte de ce temple est ouvrée comme un bijou ; — un grand presbytère, moins large encore que lhospitalité qui y est exercée un pensionnat et un externat de jeunes filles, tenus par les religieuses de la Congrégati Notre Dame ; un immense collège de jeunes gens tenu par les Frè: du Sacré-Cœur, qui dirigent aussi l’externat connu sous le nom d’Académie. Voilà l’ensemble des œuvres paroissiales que compte Victoriaville : splendide floraison qui atteste le zèle des pasteurs et la piété des fidèles. :
Qu'il nous soit permis de donner, en passant, un souvenir ému aux prêtres qui ont été les pionniers de l’œuvre de Dieu, en ce coin des Bois-Francs, et qui ont jeté en terre le grain de sénevé devenu le grand arbre que nous admirons: M. l'abbé La Flèche, M. l’abbé Héroux, M. l’abbé Uldoric Tessier, M. l’abbé Edmond Buisson. L’administration de M. l'abbé Tessier a été particulièrement féconde. Doué d’un grand sens des affaires, et d’une énergie qui renouvelait ses ressources dans la prière, ce vénérable curé, tout en se dépensant au service des âmes, a eu le mérite de faire surgir du sol les beaux édifices paroissiaux qui font l’orgueil de Victoriaville. Quand furent complè-
SP, TCTORIA VILLE est une cité prospère. Traversée par la — Pit
tement terminés ces grands travaux qui eussent pu absorber deux vies, l’auteur rentra dans l’ombre, il s’effaça complètement pour se réfugier dans une sorte d'ermitage où l’a suivi la reconnaissance de la population, et où viendra le chercher la récompense que lui réserve le Maître qu'il a si bien servi. Après lui, M. Edmond Buisson, de douce mémoire, dépensa ce qui lui restait de forces à cultiver les traditions de piété implantées par ses prédécesseurs. Homme très distingué par la finesse de l'esprit et la culture classique, il avait dû, pour raison de santé, renoncer à la carrière de l’enseignement et entrer dans la vie active du ministère. Victoriaville devait être le dernier théâtre de ses vertus pastorales. C’est là qu'il mourût en juillet mil neuf cent treize, après avoir orné d'œuvres d'art le Temple de Dieu, après avoir embelli de vertus nouvelles les âmes confiées à ses soins. C'est Mgr le Grand Vicaire Onil Milot qui fut désigné comme son successeur. Mgr Milot arrivait à ce poste important après une longue expérience du ministère curial et une collabe tion de quelques années à l’administration diocésaine ; il y arrivait précédé d’une réputation de gentilhomme accompli et de prêtre modèle. Sous sa direction éclairée, les progrès spirituels de la paroisse ont marché de pair avec les progrès temporels. Ainsi l’église a été dotée d’un superbe carillon, et enrichie de précieux ornements. Mais ce parfait cui i, dévoré du zèle de la maison de Dieu, s'occupe surtout de ce qui peut accroître chez les fidèles la piété et la foi, et rehausser la splendeur du culte divin. Aussi ne faut-il pas s'étonner que Monseigneur l’Évêque de Nicolet ait eu la pensée de le charger d'organiser un Congrès Eucharistique : connaissant la dévotion des paroissiens de Victoriaville envers la Sainte Eucharistie, — centre et consommation de la vie chrétienne, — sachant que celui auquel il s’adressait avait toutes les qualités requises pour préparer une telle démonstration en l’honneur de Jésus-Hostie, Monseigneur l'Évêque avait toutes les raisons du monde d'espérer que ce Congrès obtiendrait grand succès. Et l’on va voir que l’évènement a encore dépassé son attente. (1
monstration publique nseigneur l Eve d' honneur à la Sainte Eucharistie
C'est le 29 avril 1918 que Monseigneur s’ouvrit de ce projet, par une lettre dont voici un extrait :
Evêché de Nicolet, le 29 avril 1918
M. le Grand-Vicaire Onil Milot, Curé Victoriaville.
Monsieur Le GRAND-VICAIRE,
Je vous envoie Monsieur Saint-Germain, qui est le Directeur des Œuvres Eucharistiques dans le diocèse, pour vous demander si vous ne pourriez pas organiser chez vous, à Victoriaville, un congrès Eucharistique du genre de celui de Bécancourt et de Pierreville, lequel se terminerait le soir du dimanche de la Pentecôte. Si cette date ne vous convient pas, le Congrès pourrait être remis à L automne.
f J.-S.-HNNANN, Evêque de Nicolet. ”
Tout en accédant avec empressement au désir exprimé dans cette lettre, M. le curé Milot fit cependant remarquer à Sa Grandeur que la Pentecôte était trop proche pour qu'il fût possible d'organiser un Congrès en si peu de temps; que d’ailleurs les travaux des champs occupant, à cette saison de l’année, une partie de la population, il ne pourrait obtenir de toutes les familles le concours nécessaire pour mener à bonne fin cette entreprise. En conséquence, il sollicita la faveur de retarder le Congrès jusqu’à l’automne. Et voici la réponse de Monseigneur :
Non seulement Monseigneur Brunault l’approuva, mais il promit d'être présent à la
Grâce à la présence de l’Évêque du diocèse et d’un bon nombre de prêtres, grâce à l'empressement avec lequel les fidèles de Bécancourt répondirent à l'appel de leur pasteur, ces Quarante-Heures eurent un cachet inaccoutumé ; splendeur de culte et ardeur de prière. Le succès de cette démonstration inspira d'en Préparer de plus <omplètes encore: c’est ainsi qu’en août 1916, à Saint-Thomas-delet 1917, À Saint-Michel d' Tamaska, avaient lieu les premiers Congrès Eucharist Régionaux Le rs dits du diocèse de Nicolet. Sans avoir pu prendre la forme Tun
la ébration de Bécancourt aura eu cependant le md = +. d'avoir frayé la voie
aux & venir. Et ce n’est que justice d'en féliciter celui qui en fut l'initisteur : M. abb A.-O. Papillon.
Nicolet, P. Q. le 5 mai 1918 CHER MONMEUR LE GRAND-VICAIRE,
La bonne Providence arrange bien toute chose. . Je préfère de beaucoup que votre Congrès Eucharistique de Victoriaville soit remis au mois de septembre prochain. Vous choisirez la date qui vous ira le mieux ; peut-être jugerez-vous à propos d'attendre à la fin du mois, pour donner le temps à vos communautés de s'organiser régulièrement. C'est bien du travail pour vous que de préparer un sembl Congrès : mais il me semble que vous trouverez votre récompense dans le renouvellement de foi et de ferveur qu’il ne manquera pas d'opérer au sein de votre population, comme dans les paroisses avoisinantes qui s’y rendront en grand nombre. Victoriaville est dans des conditions exceptionnellement favorables pour donner à cette démonstration religieuse tout l'éclat désirable. Je vous remercie de tout cœur, au nom de Jésus-Hostie, d’avoir bien voulu accepter mon invitation
F J.-S.-HERMANN, Evêque de Nicolet. ”
Ainsi, la date, au moins approximative, à laquelle le Congrès aurait lieu, était fixée : ce devait être en septembre, — le mois des fruits, quand les blés sont coupés et engrangés, les moissons finies. Alors, le peuple chrétien de Victoriaville et de tout le comté d’Arthabaska, serait invité à venir célébrer en grande pompe le Dieu qui dispense aux âmes le froment de la vie éternelle, à venir lui offrir des gerbes d'adoration et d'amour. La première pensée que l’on eût, avant de procéder à l’organisation générale, fût d'aller prier son Eminence le Cardinal Bégin de vouloir bien assister à cette fête. Combien la présence d’un Cardinal donnerait d’éclat à cette démonstration ! C’est toujours un Prince de l’Église qui représente officiellement le Saint Père aux Congrès Eucharistiques Internationaux. L'on était sûr que le cardinal Bégin accepterait de venir rehausser de sa pourpre un congrès régional, qui prendrait, de ce fait, une importance considérable Aussi, en juillet, M. le Grand-Vicaire et{CuréMilot se présentait-il au Palais Cardinalice de Québec, porteur du message suivant :