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des actes innombrables de piété fervente que vous avez accomplis pendant toute la durée du Congrès, et que vous allez porter ce soir à leur apogée ?
Quelle gloire vous avez donnée à Jesus-Sacrement par votre assistance nombreuse et recueillie au Saint Sacrifice de la Messe, aux heures d’adorations et aux autres cérémonies du Congrès ! Quelle ‘douce joie vous avez procurée à son Cœur Eucharistique par votre empressement à le visiter et à le prier au pied de son trône d'exposition, surtout par votre empressement à le recevoir chaque matin en si grand nombre. Ah! l’on sentait que vous viviez dans une atmosphère toute surnaturelle, saturée de piété, de prière et d'amour. Et qui peut dire à cette heure les émotions, la joie, le bonheur que nous réserve la grande procession de ce soir?“ Beatus populus cujus Dominus Deus ejus: Bienheureux le peuple dont le Seigneur est ainsi le Dieu connu, aimé, adoré ꝛt exalté! “ En populus sapiens... gens sancta ! ” C'est un peuple sage, un peuple vraiment grand. Bienheureux êtes-vous, Monscigneur, d’être l'évêque d’un tel peuple, et vous Monsieur le Curé, le pasteur d’une telle paroisse !
Après ce succès extérieur si éclatant, que pouvons-nous souhaiter et espérer, mes très chers Frères, sinon que le Congrès soit riche en fruits de bénédiction pour le progrès de la vie chrétienne et eucharistique dans cette Paroisse et dans toutes celles qui l'entourent? Vous avez magnifiquement glorifié Notre Seigneur pendant ces jours bénis, et clarificari” ; w- il faut continuer de le glorifier maintenant en harmonisant toute votre conduite avec notre foi au Dogme Eucharistique ; et iterum clarificabo. ”” Il faut aujourd’hui par une résolution virile fixer dans vos âmes, pour en vivre désormais, ces trois conclusions pratiques du Congrès.
Première conclusion. Notre Seigneur Jésus-Christ est véritablement présent dans l’Hostic de nos Tabernacles. Donc vous le visiterez. Vous qui demeurez près de l’église, vous ne passerez pas un seul jour sans venir le visiter : vous viendrez, ne serait-ce que quelques minutes au déclin du jour. De plus, chaque fois que vous passez devant l’église, enlevez avec respect votre chapeau, et saluez l’Hôte divin au Tabernacle. Puis, quand trois fois le jour, le son de la cloche vient vous rappeler que le Verbe s’est fait chair et qu’Il à habité parmi nous, en quelque lieu que vous soyez, à la maison ou au champ, tournez vers l'église vos regards et vos cœurs,et adorez de loin celui qui par amour a voulu rester avec nous et dresser sa tente au milieu de nous: Ecce Tabernaculum Dei cum hominibus ! ”
Deuxième conclusion. Non seulement Notre Seigneur Jésus-Christ est présent dans nos temples sacrés, mais chaque matin, Il renouvelle au saint Autel le grand sacrifice du Calvaire. Donc vous assisterez avec foi et piété au Sacrifice de la Messe. Vous ne manquerez jamais par votre faute la messe du dimanche. Vous y assisteres dévotement. Vous serez là pour le commenement ; vous ne partires jamais avant la fin. En semaine, que tous ceux qui le peuvent assistent chaque matin au saint Sacrifice. Qu'il y ait au moins, comme l’a demandé Monseigneur dans les précédents Congrès, cuil y ait au
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moins un représentant de chaque famille. Notre Seigneur en fera le messager de ses grâces et de sea bienfaits, Que les familles qui habitent la campagne envoient au moins une fois chaque semaine un de leurs enfants à la Ste Messe. Ce sera une source de grâces pour toute la famille. Que l'on ne dise jamais de vous la parole d'Isaïe : “ Justus perit et nomo est qui recogitet corde, le juste s’immole et personne n’y pense en son cœur. ”
Troisième conclusion. Enfin, mes très chers Frères, Notre Seigneur Jésus-Christ se donne chaque jour en nourriture aux âmes dans la Sainte Communion, et c'est son plus grand désir de se donner ainsi. Donc vous communierez chaque jour. Jésus vous y invite; il vous presse, il vous menace. La Sainte Église, par la voix de ses Docteurs, de ses Conciles et de ses Pontifes, vous y appelle tous sans exception. Le bon et saint pape Pie X a fait de la communion fréquente et quotidienne le grand objectif de son pontificat. Tout est là. Mères chrétiennes, faites communier vos petits
Je m’arrête. Telles sont, mes très chers Frères, les trois résolutions que vous devez prendre aujourd’hui et que Notre Seigneur attend de chacun de vous. Quelle tristesse, si le charme de ces grandes journées devait s'éva. nouir avec le soir qui les verra finir ! Mais non, il n’en sera pas ainsi. Vous
souvent ; tous les jours, si c’est possible. Donc, mes très chers Frères, et c'est là le vœu que je forme Pour vous tous, que Notre Seigneur Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l’Autel soit désormais le pivot de votre vie chré. tienne ! Et s’il en est ainsi, le Dieu de l’Hostie sera glorifié en vous dans le temps : et clarificatus sum in eis; et il vous glorifiera à son tour pendant l'éternité.
Que votre bénédiction, Eminentissime Seigneur, nous en soit dès maintenant le signe et le gage.
Après le Sacrifice auguste, Son Eminence bénit une superbe bannière, ouvrée avec art et avec amour, par les Dames i Missionnaires de Québec. Cette bannière, qui porte d'un côté l’image du Sacré-Cœur et de l’autre celle de Notre Dame du Très-Saint Sacrement. sera le signe de ralliement des jeunes congréganistes.
C'est la première fois, eroyons- nous, disent encore les Annales, qu’en dehors de nos sanctuaires, l’image si chère au Vénérable Père Eymard et à ses fils spirituels couvre de sa bienfaisante protection un groupe de notre jeunesse catholique. Heureuse coïncidence ! L'eminentissime Prince de l Eglise qui l’a solennellement bénite nous écrivait
naguère, dans une lettre magnifique, que cette dévotion à Notre-Dame du T. S. Sacrement ne pouvait manquer de contribuer à rendre plus vive et plus ardente la piété catholique à l'égard du Dieu de l’Eucharistie. Aussi augurant pour cette vaillante jeunesse, par l'entremise de Marie, cette piété plus vive et plus ardente envers le Dieu de l'Hostie, nous pouvons ajouter avec Monseigneur de Nicolet: Ah! que ce nom béni de N.-D. du T. 8. Sacrement est glorieux à Marie et avantageux pour nos âmes! Et combien il est opportun de l’invoquer quand nous avons à remplir ci: ne devoir envers l’Eucharistie ! ”
Cette cérémonie achevée, on Eminence, ayant revêtu la cappe magne, revient prendre place à son trône. M. le Grand-Vicaire Onil Milot, curé de Victoriaville — l’âme de ces Grands Jours — s’avance sur l’estrade, et d’une voix forte et sympathique, lit à l’Eminentissime Cardinal Archevêque de Québec l'adresse suivante:
A l’Eminentissime et Révérendissime LOUIS-NAZAIRE CARDINAL BÉGIN Archevèque de Québec
ILLuerrissime Er EuiNenrissiue Szranzur,
Les Congrès Eucharistiques Internationaux, ces solennelles assises qui
convoquent les catholiques du monde entier en telle ou telle partie du globe, en telle ville célèbre
lique ni d'y assister par sa pensée surnaturelle : il s’y fait représenter par un Prince de l’Église, un de ces Purpurati Patres, comme la langue liturgique appelle les Cardinaux, à chacun desquels le Saint Père peut appliquer la parole que le roi Pharaon disait à Joseph: Unotantum regni solio te præcdam Le trône seul m'élève au-dessus de toi. 0)
Loin de nous, Eminence, l’idée de vouloir comparer le modeste congrès eucharistique qui se tient à Victoriaville avec les mémorables manifestations
() gen. XLI-40
norant, dès la p:
est vrai également
afin de rendre plus
ions rendre au Dieu
grâces que le Christ-Jésu.
on du Sacrement de son
amour. Mais, si
notre peuple, à répondre à
un point.
dissime Seigneur,
manquer par ailleurs, éléments épars du mo
l’Agneau qui a été
telle que l’Église n’en a pas de plus radieuse à lui présenter. nous comment vous exprimer notre gratitude d’a
venir présider les suprêmes séances d'
grâce à Votre Eminence,
proportions. Au nom
visite. Votre venue,
ignification très précise à la fois et très-large, et
nous nous hâtons d'en dégager la lecon et comme le symbolisme, En nous en accordant l’immense honneur, Votre Eminence se trouve en même temps accomplir un acte qui s’harmonise avec sa mission officielle parmi nous et avec
me à
l'objet en vue duquel tous les Congrès Eucharistiques sont institués. Si nous regardons, Eminentissime et Révérendissine Seigneur, à toute votre carrière archi-épiscopale, et spécialement à votre œuvre des quinze ou vingt
les âmes prennent toutes les formes et s'adaptent à toutes les exigences de temps, de milieux et de Personnes. La fin de tout apostolat est unique : le salut. Mais par combien de voies différentes les Apôtres parviennent à ce terme de leurs ambitions! Et que I' Esprit Saint est donc admirable dans la -multiplicité des vocations et des inspirations iu’il suscite et qu'il alimente !
ux uns il confie un labeur silencieux et caché ; à d’autres, à des hommes de choix, à des caractères privilégiés, il assigne une mission éclatante, qui devient Par sa grû-e, puissamment féconde. Or nous ne croyons pas nous tromper,
ces, mais au grand jour, sur la vie publique, sur les lois et les mœurs, dans la proclamation de son titre imprescriptible racheté. de son sang.
Si nous considérons maintenant la pensée maîtresse qui a donné naissance aux congrès eucharistiques soit généraux, s0 “rappe-t-elle surtout? Quelle est l'essence de leur œuvre
Par ce signe sensible, Notre-Seigneur se donne tout entier à nous. Et l’objet
; il opère en nous une substitution divine; nous infusant toute la grâce, il produit dans nos âmes l’ineffable transformation de laquelle saint Paul voulait parler quand il disait : Ce n'est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi (% Dans la pensée du Divin Maître, ce sacrement Par excellence était appelé à la plus large diffusion. En limiter la réception aux enfants et aux femmes, s’imaginer qu’il constitue une pratique de dévotion facultative, bonne seulement pour
% Gal. II. 20
les personnes pieuses, est la plus grande erreur. L'Eucharistie est l'aliment nécessaire, et ceux qui s’en privent renoncent à la vie. Je suis venu apporter le feu sur la terre, et qu'est-ce que je veux sinon qu’il soit allumé, et qu'il dévore et consume les âmes? (1) C'est encore Eucharistie que Notre Seigneur désignait par ces mots. Or, le rôle des congrès eucharistiques est de mettre dans tout son relief l’idée qui a présidé à l'institution de ce sacrement, et de travailler à la réalisation du désir Infini d’où il procède : la conquête des âmes.
acclamé comme le Roi Immortel des siècles et comme le Maitre Unique des vies. Ainsi donc, Eminentissime et Réverendissime Seigneur, il y a l'harmonie la plus parfaite entre l'idéal vers lequel a constamment tendu votre long et
dans cet unique et suprême objet: faire règner Jésus-Christ dans les ârres et sur les sociétés. Oportet Christum regnare. Votre présence parmi nous à cette occasion, Eminence, est donc plus qu’un acte de haute courtoisie envers Monseigreur l'Évêque de notre diocèse ; elle est aussi autre chose qu'un témoignage de votre bienveillance et de votre sympathie à l'égard des paroisses de notre district et de celle de Victoriaville en particulier. En répondant si aimablement à notre respectueuse et pressante invitation. Votre Eminence n’a pas voulu seulement donner à notre Prer-ier Pasteur et à ses ouailles un gage de sa cordiale sollicitude : Elle y a vu en outre l’occasion de Poser un acte public qui fat une manifestation solennelle et retentissante de la pensée vraiment divine qui a dominé et inspiré toute sa carrière: établir, faire triompher le règne social de Notre Sei Jésus-Christ. Dieu seul
envers le Sacrement de nos autels, nos âmes, toutes les âmes ici présentes,
vôtre également, elles sont prêtes à s'écrier : Oportet Christum regnare. Nous
que le Christ règne ! À jamais ! Sur le monde entier ! sur nos pen-
Malte ours | sur notre vie privée et notre vis publique | Lui seul est notre Maître ! Lui seul est notre Roi !
De Votre Eminence, les très-humbles, très-respectueux et très-reconnaissants Les Concnsssisres pn VicrontaviLcs.
Dans sa réponse à cette adresse, son “minence sait trouver de ces mots qui viennent du cœur et qui vont au particulièrement Monseigneur I'
N di
Le peuple canadien-français, dit le cardinal, ne remplira sa
A une heure de l'après-midi, il se passait dans Victoriaville une cérémonie
foyer de chaque famille. C'est un tien. Dieu y préside invisiblement. Les anges l’habitent, et la foi Y découvre, dans l’ombre
œualque chose de bleu qui paraît être une aile. *
Le père et la mère sont Ia, incarnant ce qu'il y de plus sacré, l'autorité même de Dieu ; leurs enfants les entourent, les vénèrent.
Quand l'horloge sonne une heure, tout le monde se prosterne, et le père ou la mère ou l’un des membres de la famille, lit la formule de
cause de cet acte par lequel on les a vouées à Notre Seigneur ! Cœur adorable de Jésus, soyes présent dans ces sanctuaires qui vous appartiennent. Eloignes-en toute profanation et tout Péché. Que la vertu y règne, que l'esprit de l'Évangile y fleurisse, que vos dons s'y ré-
A trois heures, Son Eminence le Cardinal se rend à l'église. Oblati sunt Jesu parvuli ut manus eis imponeret et oraret. C'est l'oblation des petits enfants à Celui qui représente Jésus. Quel spectacle que
À cinq heures, dans la salle du couvent, il y a un banquet. Autour des tables bien garnies, décorées de fleurs, prennent place les dignitaires, les prêtres, les ecclésiastiques. Le plus joyeux entrain anime ces fra-
agapes, qui se couronnent par une allocution dans laquelle M. le Grand-Vicaire Milot laisse parler son cœur. Voici le texte de eette charmante envolée :
Euinenrissnez ur Révéaenpissiue Snonsue, Moxsm:onzur, Massizurs ur cuzns Conrnènes :
Ainsi que le dit l'adage latin: Ubi mises, ibi mensa. Après la messe, le dîner : après le festin eucharistique, le banquet matériel ; après le Sacrifice auguste où s' immole l’Éternelle Victime, où l'on mange le pain des Anges, où, dans le calice vermeil, fume le vin adorable “ qui fait germer les vierges ”, les agapes fraternelles où le Pauvre Corps peut goûter d’autres dons de Dieu, le pain quotidien que Notre Seigneur nous a appris à demander à son Père,
vertu du mys'ère par lequel elles s'ennoblissent et se transforment, sur la table de l’Autel, en le Sang même du Fils de Homme.
Un congrès Eucharistique nous a groupés, pendant trois jours, autour de l'Hostie Immaculée sertie dans l’ostensoir d'or, autour de la Coupe Sacrée où l'Amour Infini nous réserve ce breuvage qui fait que l'âme n'a plus jamais soif , selon la parole du Christ-Jésus à la Samaritaine.
Nos dernières séances auront eu, grâce à la présence d’un prince de l’Église, le plus magnifique couronnement que nous pussior. souhaiter. Et vraiment,
ne manquent si la ferveur de piété, ni l’enthousiasme général, ni la bonne volonté unanime des prêtres et des fidèles.
II était done juste que, conformément à une tradition qui remonte aux
premiers temps du Christianisme, l’ineffable festin od l’Agneau sans tache
vous tous, chers confrères dans le sacerdoce éternel. Je ne sais si, en vous y conviant, l'on aura songé à tuer e veau gras”, comme dans les temps bi-
bliques. Mais ce dont je suis sûr, c’est que l’invitation à y assister vous a été faite avec notre Cœur, et que nous vous y accueillons avec une hospitalité
Marie-Madeleine versa sur les pieds de notre Divin Maître un nard de grand prix, et toute la maison en fut embaumée , e domus impleta est ex odore unguenti. Eminentissime et Réverendissime Seigneur, au moment ou vont se clôtuier les mémorables exercices qui se sont déroulés depuis trois jours sous nos yeux ravis, mon Âme, ainsi qu’une urne trop pleine, déborde d'émotions religieuses que je vous prie de vouloir bien me laisser répandre un instant à vos pieds, à vous quĩ tenes ici la place de Jésus-Christ.
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En votre personne auguste, je salue et remercie l'Église Catholique tout entière, comme symbolisée dans la majesté de la pourpre dont vous êtes revêtu ; salue et
Qu'il me soit permis également d'offrirus ‘ut particulier de reconnaissance aux religieuses de la congrégation Notre ame, qui nous font aujourd'hui, et depuis le commencement de ces fêtes grandioscs, l- honneurs de leur
; reconnaissance aussi à notre jeune se dorée , nos jeunes gens et nos jeunes filles, qui ont servi les tables avec une grâce parfaite et un dévoue-
Dans les Saints Livres, le bonheur du ciel est souvent Sguré sous l’image d'un Banquet. Nous tous, qui venons de prendre part au Congrès Eucharistique du comté d'Arthabaska, et qui avons mieux que jamais goûté à la Table largement dressée par le Divin Maître, la suavité du Pain des Anges ” et la vertu de l'Eau qui jaillit jusqu'à la vie éternelle, ”’ puissions-nous tous sn 5 présents au Festin que Dieu réserve à ses élus pour les siècles
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