GIR A UD-TEULON
sacré, en 1 865, aux troubles de l’accommodation de l'appareil oculaire est un modèle de discussion scientifique. Il est devenu classique pour les physiciens et les oculistes. Il a déterminé, par des méthodes sûres et ingénieuses, les éléments, les degrés des vices de réfraction ; il a indiqué l’échelle des lunettes cylindriques destinées à les corriger. Et toutes ces démonstrations sont aussi nettes, aussi claires qu’un problème de géométrie. Cette grande précision se retrouve dans un petit volume, l'Œil, où il expose les fonctions de la vue et leurs modifications pathologiques, et surtout dans son grand ouvrage paru en 1881 : la Vision ët ses Anomalies, véritable monument élevé à la science ophtalmologique.
Giraud-Teulon étudia aussi plusieurs problèmes de physique physiologique, entre autres ceux de la marche, de la course, du saut. Tous, nous fûmes émerveillés de son savoir et de sa perspicacité quand il vint combattre devant l’Académie de Médecine les théories de Marey. La discussion entre ces deux savants, également éminents, laissera, ce qui est bien rare, un souvenir durable dans l’esprit de tous les membres de cette compagnie, à laquelle il appartenait depuis 187 4-
Après les tristes événements de 1871 , qui l’avaient profondément affecté, Giraud-Teulon s’était fixé à Saint- Germain, où il vivait loin du monde. Chaque dimanche,
LES OCULISTES
il restait plusieurs heures à l’hôpital de la ville, pour y soigner les pauvres atteints d’alTections oculaires. Ces pauvres le bénissaient, et ils ont été désappointés quand on leur a annoncé que leur bienfaiteur, dans un excès d modestie et d’abnégation, avait demandé formellement qu’on ne dérangeât personne pour suivre son corps. Ce savant modeste, cet homme charitable, plein d’une bonté infinie, ce collègue affable, bienveillant et sûr a laissé un nom dans l’histoire des sciences médicales et un souvenir ineffaçable dans le cœur de ceux qui ont eu le bonheur de le connaître.