T. VI, p
la
convient donc d'appliquer enfin à la question une méthode nouvelle, celle de la Critique tout entière. Tel est précisément l'objet de la première partie de la Re!gion dans les limites de la raison pure.
B. La solution kantienne
S 1. — Le mal radical.
Vitiis nemo sine nascitur, disait Horace ; et d'antiques légendes, l’histoire et l'expérience s'accordent à reconnaître que l’homme est naturellement mauvais. En vain des philosophes récents, des « pédagogues » ont soutenu cette « opinion héroïque » que l'humanité est bonne et en voie de progrès. A leur optimisme, il suffit d'opposer ce fait que ia loi morale, bien qu'émanée de notre libre volonté, trouve en nous des résistances. Or un principe absolu du bien, tel que la loi du devoir, ne saurait souffrir de composition avec aucun autre principe; ainsi l’on ne peut expliquer le mal par l'antagonisme de la volonté et d’une disposition naturelle telle que les instincts animaux, l’égoïsme; la nature n’est même pas en nous hostile à la moralité; elle favorise, au contraire, nos fins morales, Si l’homme est mauvais, il ne peut l'être que /oncièrement, par le propre consentement de sa volonté, par un penchant (Hang) qu'il