Unendliche; on pourrait traduire : limitatifs
2. C'est-à-dire nécessaires en vertu des lois mêmes de l'entendement (axiomes).
Au point de vue de la relation, les jugements peuvent établir un rapport entre un sujet et un prédicat (ex. : la neige est blanche), ou un rapport de principe à conséquence (ex. : s’il y a une justice, les méchants seront punis), ou un rapport entre plusieurs propositions telles qu'elles s'excluent l’une l’autre, mais que, prises en commun, elles embrassent tout le réel (ex. : le monde existe soit par l'effet du hasard, soit par une nécessité intérieure, soit par une cause extérieure).
Enfin la modalité exprime, indépendamment du contenu, le degré de certitude du jugement !.
La table des catégories n’a guère que le nom de commun avec celle d'Aristote. Ce dernier avait recueilli sans ordre les concepts les plus généraux, sans se préoccuper de leur origine. La table de Kant est rigoureusement systématique. Le premier terme de chaque classe exprime une condition; le second, le conditionné; le troisième, le concept qui résulte de l'union de la condition et du conditionné. Ainsi l'unité est la condition de la pluralité, et la pluralité considérée comme unité est une totalité?.
La comparaison attentive des deux tables permettra d’en saisir le rapport intime. Soit par exemple la catégorie de cause, l’une des plus importantes. La corrélation établie entre le jugement hypothétique et la catégorie de cause signifie qu’une cause est à son effet « comme l’antécédent est au conséquent dans le juge-
ment hypothétique »!. De même, la substance cst à l'accident dans le même rapport que le sujet au prédicat dans le jugement catégorique. De même, encore, la synthèse opérée dans le réel par la catégorie d'unité est une relation analogue à celle qu’établit le jugement universel. Et la raison profonde de cette corrélation est que, précisément, les jugements hypothétiques, catégoriques et universels ne sont possibles que par l’application à priori au divers de l'intuition de ces trois fonctions synthétiques de l’entendement, qui sont les catégories de cause, de substance et d'unité.
b. Déduction transcendantale. — Telle est la déduction métaphysique des concepts de l’entendement. Elle établit que ces concepts ne sont düs ni à l'expérience, ni à l’entendement logique : ils ont leur source à priori dans les lois d’un entendement spécial, dont la fonction propre est d’énoncer les jugements d’existence. La déduction transcendantale doit établir maintenant la légitimité de ces concepts, comme l'exposition transcendantale avait justifié la valeur objective des formes à priori de l’espace et du temps.
La tâche avait été aisée pour les concepts d'espace et de temps. Il suffisait, en effet, de montrer que les intuitions, étant réelles en fait, sont nécessairement conformes aux lois de la sensibilité qui en sont là condition, et que réciproquement, les lois de notre sensibilité conviennent à nos intuitions ?.