‹ Les Grands Philosophes: KantChapitre 51 sur 139 · Prolég., p.204 (70) et suiv. Crit., p · texte numérisé non relu

Prolég., p.204 (70) et suiv. Crit., p

de l'existence du monde extérieur. Car elle conduit à cette absurdité de prétendre, par exemple, que la sensation de rouge et la propriété du cinabre de produire cette sensation sont choses semblables. La seule manière de mettre à l'abri du doute l'existence des corps est, au contraire, de discerner soigneusement la simple apparence (Schein) du phénomène (£Erscheinung).L'apparence sensible n’a sans doute aucune valeur objective ; mais les phénomènes ne nous apparaissent qu'autant qu'ils sont liés suivant des règles universelles et nécessaires, et ce double caractère, nous le savons, est le critérium même de l’objectivité.

Dans la seconde édition de la Critique, Kant dépasse ce point de vue et cherche à tirer, du fait même de la conscience que nous avons de notre existence, la preuve d’une existence nécessaire en dehors de nous. En effet, la série de nos représentations nous est donnée dans le temps; mais, dans le temps, tout n’est que succession et changement. Il faut donc, à côté des représentations mobiles que nous avons de nous-mêème, quelque chose de permanent « par rapport à quoi » (worauf in Beziehung) leur changement soit déterminé. « La conscience de ma propre existence est donc en même temps une conscience immédiate de l’existence d’autres choses hors de moi!, »

Ilconvient done de rejeter aussi bien l’idéalisme problé-

matique d’un Descartes, qui ne tient pour indubitable que

Page 1