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ments pour ou contre telle thèse que l’on voudra. Mais les arguments empiriques ne prouvent rien contre les exigences de la raison. « De ce qu’une chose n’a pas réussi jusque-là, on ne saurait conclure qu’elle ne réussira jamais, et l'on n'est pas fondé à renoncer à un certain but, surtout s’il s’agit d’un but moral, qui reste un devoir tant qu’on n'a pas démontré l'iupossibilité de l'atteindre. ! » La question n’est donc pas de savoir si la paix perpétuelle est réalisable ou non; c’est une 2dée, au sens rigoureusement kantien du terme, c’est-à-aire un idéal purement intelligible dont on ne peut jamais dire que la réalité lui est adéquate ; Kant a pu dire que l’idée de la paix est « irréalisable » (unausführbar)?, en ce sens que l’absolu ne se transporte pas dans le monde de l'expérience qui lui est hétérogène. Mais cette idée, comme celles de Dieu, de vertu, est un « principe régulateur », une maxime d’action. « La raison moralement pratique nous adresse ce veto sans appel : 27 ne doit pas y avoir de querre. *» Ilest dès lors pratiquement certain que « l’approximation » de cet idéal « est possible ». Il est possible de créer cette fédération des peuples, partielle d’abord, mais qui peut se rapprocher indéfiniment de l'humanité, sa limite ; il est possible de rendre les guerres de plus en plus rares et le règne de la justice de plus en plus large etincontesté. Et, dépassant la question