Bonaparte à Réal, le 19 mars
si cruellement frappée par la Révolution; il sait que tous les soupçons qu'oo a pu avoir conlie lui n'ont aucun iondement, La fiable im[»adeiite de Sayary relative à la confiigion « avec le personnage mystérieux » devient ici tellement inaontenable
que ses continuateurs sont obligés de convenir que Bonaparte ne pouvait plus avoir celte iausse idée, mais, disent-ih, il craignit alors de « s'exposer à provoquer un rire de mépris de la part des royalistee. » Singolière raison pour immoler un innocent I Bonaparte n'avait d'ailleurs rien de semblable à craindre de la part d'un parti terrifié. 11 n*a\ait plus ni crainte ni illusion, il agissait en parfaite connaissance de cause. U reçoit, le 18 mars, une dépèche de M. de Massas, notre ministre à fiade» qui atteste c que la conduite du duo a toujours été innocente et mesurée. » D'après la légende consacrée, cette dépêche aurait été interceptée par M. de Talleyrand; mais cette activité dans une haine sans motifs paraît bien peu conciliable avec les passions nonchalantes de cet homme d'État. M. de Massias fit pins; il alla à Strasbourg avertir le préfet qu'il n'y avait àEttenheimni conspition ni rassemblement d'émigrés*. Faut-il croire que M. Shée avait iait comme M. Talleyrand le serment de perdre le duc? La conduite et les intentions du duc d'Ënghien importaient fort peu k Bonaparte ; ce qu'il) voulait, c'était se défaire de luL Sur tous ces points sa conviction est si bien formée que dans le projet d'interrogatoire qu'il envoie à Réal le 20 mars au matin (et plus probablement du 19*) le grief de complicité dans la conspiration n'est pas même mentionné : on ne Taecuse plus « que d'avoir porté les armes contre sa patrie,» et de faits accessoires, liés à ce fait principal j on se borao à lui faire demander en dernier lieu c s'il a eu connaissance du complot^ et sii ce complot ayant réusH, il ne devait pas entrer en Alsace. » On ne prend plus la peine d'invoquer de faux prétextes, on se contente du motif qui
1. liUre AU. de Bùurrimne fur raffaire du due d^Enghim, par le baron de Massias^ 1829.