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Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale

Nulniioti gazeuse des êiéiiicuU anatumiqucs. — Les gaz du Kiing. — Mécuiiisnies de Ui respiralioii externe et de lu respiration profonde.

Messieurs,

Li .suite de notre cours nous amène à étudier maintenant les processus morbides qui sont ou paraissent liés à des modifications dans la constitution chimique du milieu intérieur. D'après cette seule indication, ces processus morjjides, comme du reste tous ceux que nuii> avons encore à examiner, doivent revêtir le caractère d'affeclion {jrnérale. Contrairement aux processus liés à des troubles mécaniques de la circulation, ceux-ci, dans lesquels le sang est lésé dans SI constitution chimique, n'atteignent plus certains districts vasculiiires en particulier. Leur action, au lieu de se localiser à un petit nombre d'éléments anatomiques, tributaires pour leur nutrition intime du territoire vasculaire atteint, va frapper l'ensemble de rorjjanisnie, parce que le milieu intérieur, dans lequel vivent ims les éléments anatomiques est lui-même plus ou moins alt'^ré. Les processus morbides en question sont donc des mala- ^\\^ générales, pouvant sans doute, pour quelques-uns d'entre *;u\, déterminer des localisations morbides vers tel ou tel tissu, vers

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tels OU tels élrinenls anatomiques en particulier, mais n'en conservant pas moins leur caractère propre de généralisation. Ces processus roprésentent aussi, pour la plupart, les affections que Ton désigne parfois sous la dénomination de diathèses^ surtout si Ton accepte pour ce terme la définition qui en a été donnée par Hiffelsheim (1). Comme je l'indiquais tout à l'heure, tous sont liés a des modifications dans la constitution chimique du milieu intérieur; mais il serait faux de croire que toujours c'est Taltération du sang qui ouvre la scène pathologique. Vous le savez, en effet, le milieu intérieur renferme à l'étal de dissolution tous les principes chimiques qui forment les tissus el les humeurs de l'organisme; de plus, c'est dans le sang que tous les éléments anatomiques puisent les matériaux de leur assimilation et rejellent les déchets de leur désassimilation. Il en résulte qu'il existe entre le sang et les éléments anatomiques une solidarité telle que si un tissu est primitivement altéié, le sang, dans lequel il déverse ses produits de dénutrition, le sera bientôt à son tour, et qu'il en sera de même pour les éléments anatomiques si l'altération a frappé le sang tout d'abord.

Sans aborder cette question de savoir quel est le siège primitif des modifications morbides dans les processus qui vont nous occuper, je vous dirai que rien de général ne peut être formulé à cet égard. Dans certains de ces processus, en effet, Taltération parait porter d'emblée sur le milieu intérieur; c'est le cas des infeclîons. Dans d'autres, c'est un appareil particulier, une fonction spéciale, un organe déterminé qui a cessé de remplir son rôle physiologique, fait ayant eu pour conséquence le changement de constitution chimique du sang; l'asphj-xie, l'urémie, la cholestérémie paraissent agir de la sorte. U en est enfin dans lesquels, au moins dans l'état actuel de la science, il est impossible de dire si l'altération sanguine a été primitive, ou bien s'il n'existait pas antérijmremcnt à elle quelque modification, encore mal définie, d'une ou mcme de plusieurs fonctions de l'organisme; l'herpétisme, la goutte me paraissent devoir être rangés dans cette catégorie. Au reste, en décrivant en particulier chacun de ces divers processus morbides, nous reviendrons sur cette importante question de l'origine première des altérations du milieu intérieur; la discussion de leur pathogénie nous amènera forcément à la traiter.

(1) lliffelsheiiii, cilê par Littrc cl Rubiii, Diclion. de Syuien. Cet auteur di^fuiil la dia'* thèse : un étal morbide de l'Iiumeur Monguine manifeidé ptar de* localiwîions morbide.^' dotix une humeur ou un îissu particuliers.

ASPBVXIC. KCTBITIOS r.AZELSE ÉLÉMENTAIRE. 3

Abordons donc de siiile l'ûtude deVAsphi/j^ie, processus morbiJe lié à »Ws iQodUîcations dans la proportion normale des gaz du san". ie drtinis l'asphyxie un processus morbide caractérisi; pai- la disparîtMia plus ou moins coiiiplèle de l'oxygùne du sang et par l'aut;nKDialiun considérable de l'acide carbonii|uc dans ce liquide. Ce protr^us a pour conséquence TamSt de la nulritiitn pazeusc des rk^oxfolii analomiques, auli'ement dit de la respiration profonde. '>ile «iêlinilion de Vasphyxie vous montre d'emblce qu'elle conseil' dan* la rupture de ^l^Juilibre physiologique dans les proportions d«^ îîaz normaux du sang, et permet d'en écarter d'autres Mau morbides , désignés également autrelois sous la qualiOcalifpo d'asphyxies, et qui doivent leur origine à la pénétration du» 1p »0}C de gax absolument étrangers à ta respiration noraoi-r. Dans ces étals morbides spéciaux, à \n vérité, en ne tenant oimjtte que du résultat anatomique final, on peut dire que toujours l'on^énc .1 diminué dans le sang; mais, dons ces cas, outre les gaz lofniMiA. du snng, il existe dans ce liquide des gaz étrangers à la rc-t'itaiion physiologique, cl qui par leur présence ont empi^ché rBnrw- de l'oxygène, ou bien ont exercé une véritable action toxique SUT k luig lui-même ou sur d'autres éléments de l'organisme. L'atdf. Fh^àvo^èai'. rentrent dans la première catégorie, et les Iroubliîs mifbtàit'y qu'ils déterminent, très-rares dans la pratique médicale, ■r ï'obeenrent guère que chez les animaux soumis à des expériences ^liitrfc^ques. Dans la seconde il faut placer l'oxyde de carbone, ittdropêae sulfuré, l'hydrogène arsénié, l'hydrogène phosphore; Iciir pn^vrnce dans le sang cause de véritables empoisonnements «itiBi l'histoire, par conséquent, est en dehors du plan de ce cours. Fhléle i mon principe de faire reposer l'étude de l'état morbide :4ir b cuuoaissance certaine de l'état physiologique, je veux, avant de traiter le processus asphyxiqu'e, vous pailer de la nutrition puase des êlémi'Qls anatomiques et vous montrer sa nécessité et Ici cooditiODS qui en assurent le fonctionnement à l'état normal.

L'tiistence de la nutrition gazeuse constante des éléments anato- ■Bfoe^ (respiration profonde des auteurs modernes) et l'extrême mpurtance de cette nutrition gazeuse sont parfaitement établies. Déjà fci recherches de Spallanzani (1) avaient montré que tous les tissi-s fcrorgaiùsnie ont la propriété d'absorber l'oxygène, et que laquanlAf-de ce gaz absorbé varie de l'un à l'autre de ces tissus. L'illustre

Mémoire nirfa ntpirttion, trail. de Sénebiar, 1803.

i LES GRANDS PROCESSUS MORBIDES.

physiologiste, en plaçant dans un mùme volume d'air, I7'=^81, des poids égaux, 12^*',13, des différents lissus, et les y laissant séjourner un même temps, 17 heures, obtint les résultats consignés dans le tableau suivant; ils montrent la quantité d'oxygène absorbé pour iOO^^' d'air.

Tissu cellulaire Tout l'oxygène

Ccneau 18,8

Moelle épinière li,5

Tendons 8,5

Graisse 6,0

Spallanzani, de plus, dans un grand nombre d'expériences, avait prouvé que les muscles ont une très-grande capacité d'absorplion pour l'oxygène, et qu'à poids égal le tissu musculaire absorbe plus de ce gaz que le sang lui-même. Ces recherches, reprises par G. Liebig (1), puis par Valentin (2), ont surtout donné des résultats remarquables entre les mains de P. Bert (3). Cet habile physiologiste est arrivé à dresser, par ses expériences, une sorte d'échelle graduée permettant de mesui*er l'activité de la nutrition gazeuse de chacun des tissus. Il a montré, en effet, que chez un même animal, les divers tissus absorbent des quantités inégales d'oxygène et exhalent des quantités inégales d'acide carbonique. !1 est possible, au point de vue de Tinlensité de la nutrition gazeuse d'établir, la série décroissante suivante :

IXTEXSITÉ

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