‹ Les grands symptômes neurasthéniques: pathogénie et traitementChapitre 44 sur 56 · III. — La cure dair et d'altitude · texte numérisé non relu

III. — La cure dair et d'altitude

J'ai déjà dit et je tiens à redire que la cure d'air <ît d'altitude m'apparaît comme un des moyens les plus rationnels, les plus puissants et les plus fidèles de vaincre la maladie de Beard. Nous savons déjà par les recherches de Viault, de Egger, quelles modifications considérables elle apporte à la pression sanguine et au nombre des globules, qui, de 5 500 000 passent à 7 000 000 en quelques jours, voire môme en quelques heures, pour une altitude de 1 800 mèti*es.

Elle n'a qu'un inconvénient, c'est de n'être possible que pour certaines gens, dans de certaines conditions de fortune et d'oisiveté, et à certains moments de Tannée.

M. Ziemssen (approuvé par M. Ballet) conseille deux séjours à la montagne, le premier vers le milieu du printemps, à 5 ou 800 mètres, le second durant l'été, à 15 ou 1 800 mètres. Le traitement que j'ai coutume d'employer — injections salines et électricité — supplée avantageusement à l'une d'elles. Quand le malade n'est pas complètement guéri par la cure qu'il a pu suivre à Paris sans quitter ses occupations, il est de règle de le voir profiter beaucoup plus pleinement du séjour d'été sur les hauts plateaux. J'ai démontré *

(1) L'Epilepsie et son traitement, 1900, p. 87 et suiv.

que l'injection saline accroît la réceptivité de nos tissus aux médicaments et notamment, chez les épileptiques, aux bromures; il est certain aussi qu'elle augmente la capacité de nos tissus pour l'oxygène, en sorte qu'un séjour dans la montagne est, après une cure de sérum, infiniment plus efficace qu'il ne l'avait été les années précédentes.

Comme tous les autres agents physiques, l'altitude, pour qui en use avec excès et sans discernement, peut produire Taccablement, Tépuisement, le surmenage. Beaucoup de nos malades, conduits d'emblée à 4 800 mètres, y demeurent pendant quelques jours les jambes brisées, la tête vide, avec d'incessants besoins de dormir ou bien encore, selon les cas, avec de l'insomnie et un degré d'excitation cérébrale, parfois assez marqué. On ne saurait donc assez conseiller aux neurasthéniques, de procéder par étapes et de s'acclimater peu à peu à l'atmosphère des sommets. On trouve en Suisse, et même en France, des stations étagées dans la montagne, et permettant, sans grands déplacements, l'élévation progressive. C'est là surtout qu'il convient d'envoyer nos névropathes déprimés.

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