MARGUERITE A L'ÉGLISE : Ary Scheffer : iu-fol
22. Pic de la Mirandole . éducation maternelle : Paul Delaroche : in-4 , 1850.
C'est toujours soigneusement buriné. Quant au sujet, on est libre de le trouver à son goût, ou point.
23. MARIE-ANTOINETTE AU TRIBUNAL RÉVO- LUTIONNAIRE : Paul Delaroche : in-fol., 1857.
II y a un curieux état, la Reine seule gravée, sur fond blanc. Il peut prendre place dans une collection de portraits de Marie-Antoinette.
24. Bonaparte franchissant les Alpes : Paul Delaroche: in-fol., 1853.
Ici, il est impossible de passer sur le sujet, qui est présenté sous un aspect intolérablement vulgaire. Qu'on nous rende le Bonaparte « calrne sur un cheval fougueux » au sommet des Alpes : cela n'a pas le sens commun, mais quelle mise en scène !
Nous n'avons pas à disserter ici sur Paul Delaroche, mais comment ne pas s'arrêter sur son œuvre, considéré dans ses rapports avec la gravure ? C'est par les estampes que nous pouvons mesurer aujourd'hui l'étendue de la place qu'il a
tenue , sinon dans l'art , du moins dans la peinture contemporaine.
Paul Delaroche a été le plus gravé des peintres de son siècle.
Non pas seulement gravé par la gravure commerciale, par la manière noire des Reynolds, des Sixdeniers, des Bouchardy, cette reproduction-là, des peintres de dixième ordre l'ont eue , à profusion ; — non pas seulement par la lithographie exti'ayant de ses tableaux ces « têtes d'études » chères aux Écoles , et qui sont pour un peintre le nec plus ultra de la consécration. C'est par les plus habiles graveurs de notre temps que Paul Delaroche a été traduit : Aristide Louis, Blanchard, Martinet, Forster, Jules et Alphonse François, Calamatta, Mercuri , enfin Henriquel ; et l'illustre peintre a eu l'heureuse fortune de fournir au plus célèbre des gi'aveurs français modernes le sujet de l'estampe capitale du xix** siècle : L'Hémicycle. Dessinateur irréprochablement correct, point coloriste, Paul Delaroche n'a rien perdu à passer par le burin de ses interprètes : au contraire.
C'est un prodige, qu'un peintre contemporain réussissant à détourner pour un temps la gravure au burin de l'éternelle reproduction des anciens maîtres ! Mais les sujets choisis par ce peintre, avec une habileté extraordinaire, captivaient tellement la foule que leur reproduction s'imposait. La popularité du peintre rejaillissait sur les graveurs : les estampes à leur tour accroissaient et confirmaient la popularité du peintre.
C'est cette popularité, ce succès, qui faisaient grincer les critiques. Le pis, pour Paul Delaroche, ne fut pas d'être attaqué sans mesure ; ce fut d'être loué d'une certaine manière, avec des éloges à double tranchant, dans le goût de celui-ci : « Il excellait à étendre une idée sur la toile », ou bien : « Il était le Casimir Delavigne de la peinture », et de n'être défendu par ses plus chauds admirateurs qu'en termes froids et comme embarrassés : « Quoi de plus expli- » cable, dès lors, quoi de plus légitime que la popularité de » ce talent. . . venu au moment opportun et dans son exact » milieu? ». Du moment oii les amis en parlaient ainsi, les adversaires l'appelaient « le peintre des classes moyennes ». Quant aux artistes, ils affectaient de le considérer comme un « littérateur » , d'ailleurs très ingénieux , mais comme un peintre sans originalité de facture. « Ni hommes, ni femmes, tous personnages historiques. » Partant de là, ils
lui refusaient la qualification d' « artiste » : non pas qu'ils lui déniassent un considérable talent; ils voulaient dire seulement qu'il ne présenta pas d'abondance et naturellement l'un des trois éléments: dessin, couleur, exécution, qui caractérisent les grandes personnalités d'art ; et de fait , Paul Delaroche n'est ni un Ingres, ni un Delacroix, ni un Courbet, (i)
25. Le Génie captif : Paul Delaroche: iû-8 eu 1., 1859. {Gazette des Beaux- Arts.)