‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 2)Chapitre 107 sur 155 · Psyché : J. Lefebvre, 1885, in-fol · texte numérisé non relu

Psyché : J. Lefebvre, 1885, in-fol

FRANCQUE, élevé de Da\id, né en 1778.— Lithographies: Le Vieux Sergent, V Orage, La Beauté dirige les traits de V Amour, La Paix, etc. (Cat. Parguez).

FREEMAN. — Album cosmopolite, lith. — Jeune Fille blessée , épisode du tableau des Vainqueurs de la Bastille, de Paul Delaroche : le même sujet a été lithographie in-8 par Challamel.

FRÈRE (Edouard), peintre, né à Paris en 1819.

Eaux-fortes et lithographies.

Le Foyer du garde-chasse. — Salle de vieillards à la Salpétrière. — La Cardeuse et la Fileuse. — L'Atre rustique. — A l'école ; eaux-fortes.

Enfant regardant des images, lith.

Affiches pour Les VeiUées littéraires illustrées.

Nombreux bois pour publications populaires, éditions à deux colonnes.

Les lithographes se sont plu à reproduire les sujets enfantins traités par Éd. Frère ; par exemple : Il est sauvé. Le Traîneau, La Dînette . N'aie pas peur, Sera-t-il pris?. Il est pris, La Leçon de tambour, La Leçon defiufeolet . par Desmaisons; Tempête dans un baquet, Dhariingue ;

Le Chapelet^ par A. Gilbert; La Leçon ^ Sollicitude maternelle^ Les Miettes de pain , pai" L. Noël: La Coquetterie^ par Pirodon; Le petit Modèle^ par Didier; Le Déjeuner au village, par Sii'ouy ; etc.

Eu somme, une sorte de monogi'aphie de l'enfant du peuple à notre époque. Ce genre d'estampes manque un peu de piment et ne tarde pas à affadir.

FREY, lithographe. — Corps- de- garde turc ; Le Défilé : Decamps.

PRIANT (Emile), peintre, né à Dieuze en 1863. — Portrait à la pointe sèche du peintre Victor Prouvé, dans les Études sur VÂrt Lorrain , par Roger Marx.

FRILLEY, graveur à l'eau-forte et au burin. Planches diverses.

Vignettes de Raffet pour le Musée de la Révolution , Les douze Journées de la Révolution , Néinésis , Napoléon en Egypte (édition de 1835), etc. (voyez Raffet). — Aciers pour Notre-Dame de Paris., Béranger, suites des cent quatre et de Lemud. Dans cette dernière suite, c'est Frilley qui a gravé une pièce, Le Chant du Cosaque., qui fait le désespoir des bibliophiles : on a oublié d'en tirer avant d'y faire graver la lettre, et les épreuves qui se trouvent dans les suites avant la lettre sont tirées avec un cache !

Nombreuses planches pour les Galeries de Versailles : citons seulement : Le Sacre., Napoléon dontie des aigles à V armée : David; — Bataille des Pyramides ., Louis XVIII quitte les Tuileries : Gros; — /en«, Friedland : H. Vernet; Le 18 Brumaire : Bouchot ; — Prise de Constantinople par

FRILLEY. 175

les Croisés : Eug. Delacroix ; — Le Roi prête serment de maintenir la charte de 1830 : Eug. Devéria; etc.

La Pauvre Femme en couches : Scheffer, in-fol.

Isabel II : Leindker.

FROEN (P. -G.), artiste danois. — Charrette attelée de six chevaux , eau-forte in-8 en 1., 1837.

FROLICH (LoRENz), dessinateur et graveur à l'eau-forte, né à Copenhague. — U Amour et Psyché, suite de 20 eaux-fortes , 1862. — Idylles de Théocrite, id. — Sujets divers, religieux, légendes danoises, etc.

FROMENT, graveur sur bois contemporain. — Vignettes pour Sous Bois, d'André Theuriet, etc.

FROMENT (Eugène), peintre. — Tragédie, Comédie, sujets d'enfants, lithographies, etc.

FRY, graveur en taille-douce.— Voyez la suite des cent quatre vignettes pour Béranger.

FUGÈRE (J.-M.). —Suite de Fleurs, à l'eauforte, 1844. — (kilerle historique d'un acteur français, 1877 (?).

FUHR. — Les Heures du pur ^ et autres exercices lithographiques.

GABET (Franz), né à Vienne: a gravé de nombreux paysages d'après Molitor. Rechberger, Weirotter, surtout de 1791 à 1800.

C'est un précurseur de Bléry. Nous ne le citons que pour un paysage ainsi annoté : Dédié à moimême Fan I du siècle 19.

GABRIEL (E.). — Lithographies pour affiches : La Prairie aux coquelicots , par Paul de Kock ; Les Enfants trouvés, par Eurjène Sue, paraissent dans LE Juif errait, jou7mal illustré à 5 centimes; etc. {')

GAGARINE (Le Prince Grégoire). — Le Caucase pittoresque , 1849. — Costumes du Caucase , suite de planches in-fol., lithographiées , d'après ses dessins, par lui-même et par Janet- Lange, Bachmann, Schultz, Keller et autres.

(1) Il j a d'autres Gabriel. Louis Gabriel , qui signe Gabriel jjère , graveur au pointillé (portraits de maréchaux; Piene Defournelle, âge de 119 ans; Louis-Philippe, Marie-Aïuelie, etc.). — J. Gabriel, lithographe: (le docteur Pariset; Castellacci , 18-^3; la Puissance de l'Amour, etc.). — A. Gabriel, vers 1835. — Gabriel (vignettes de Raffet), vers 1858. — Gabriel aquafortiste (La petite Venise ; En Provence : publiées parCadart).

GAILDREAU. 1T7

GAILDREAU (Charles), lithographe. — Titres de musique, affiches [Las deux Billets ^ à l'Athénée, musique de F. Poise), costumes militaires coloriés, etc.

GAILDREAU (Jules), dessinateur et lithographe, né en 1816.

Lithographies diverses : Carnet d'artistes, fac-similé de croquis : Impressions de voyage, pai* Tirpenne et J. Gaildreau , etc.

Nous n'aurons garde d'oublier ici l'album suivant, gravé sur bois par Dûment, d'après les dessins de Gaildreau ; ce n'est point une œuvre d'art, mais un document bien curieux au point de vue de l'histoire électorale moderne ; ( se paie aujourd'hui de 30 à 50 fr.) :

Le Comte de Chambrun, ancien préfet de la Lozère , et la Comtesse de Chauibrun. Recueil destiné à être distribué à profusion dans les campagnes et à faire sauter aux yeux, par le prestige et la séduction du dessin, les titres du candidat. Le frontispice est synoptique : portraits du Comte et de la Comtesse , buste de Napoléon P', et sur une guirlande les noms des cantons de la circonscription. Puis commence la vie du candidat ; autant de faits notables , autant de gravures. Il réprime l'insurrection démagogique. 11 est félicité parle Prince-Président, qui lui écrit: Vous avez consciencieusement cherché la vérité en pénétrant au fond des choses , et vous l'avez exposée avec une netteté qui m'a servi à la mieux apprécier! — 11 soigne les cholériques. — Il est élu député pour la première fois. — Il est nommé membre d'une Gonmiission. — Il obtient pour la Lozère un premier chemin de fer (dessin à sensation). — Il visite toutes les localités. — Il donne à dîner en 1860. — Réception triomphale à Marvejols en 1861. — 11 fait une tournée dans les parties les plus sauvages du département (son cheval dans l'eau jusqu'au poitrail). — Il est réélu. — La Comtesse visite les pauvres. — Elle orne les églises; etc., etc.

A première vue, c'est naïf. A seconde vue, c'est malin. En VI 12

somme , c'est plus inoffensif que de promettre aux électeurs la tête ou la fortune du voisin , et plus clair à comprendre que l'instruction intégrale et la péréquation de l'impôt.

GAILLARD (M'^"" Aimée). — Il faut que tout le monde vive, d'après Richard, 1814.

GAILLARD (Ferdinand), graveur et peintre, né à Paris en 1834, élève de L. Cogniet et de l'École des Beaux-Arts, (je passe les débuts chez Hop wood et Lecouturier, vers 1853, et les gravures de modes exécutées pour se procurer quelques ressources) prix de Rome en 1856, décoré en 1876, officier de la Légion d'honneur en 1886 , président de la Société des Graveurs au burin.

Le moment n'est pas venu d'entreprendre la monographie d'un œuvre qui est loin d'être complet, et de classer définitivement un graveur qui nous a déjà étonnés par ses travaux , mais qui peut-être nous ménage encore de plus grandes surprises. Louer l'homme qui tient maintenant la tète de la gravure française est superflu : s'exercer sur lui à une mesquine critique serait déplacé.

Mais sans vouloir émettre un jugement définitif, il est dès à présent certain que , — n'eût-il pas encore dit son dernier mot, — le graveur de VHomme à Vœillet et du portrait de Dom

Guéranger est l'un des rares artistes qui dans ce siècle mériteront la qualification de « grand graveur ». (\)

Grand graveur, Gaillard l'est dès aujourd'hui et pour toujours : par le dessin, par les qualités extraordinaires et personnelles de l'exécution. Dessinateur merveilleux, il a encore ce qui fait les grands burinistes : une manière propre qui permet de reconnaître ses planches sans qu'il ait besoin de les signer : il a brisé la formule où l'École tient d'ordinaire les graveurs prisonniers. Un « Gaillard » est aussi personnel et se reconnaît entre toutes les estampes aussi aisément qu'un Robert Nanteuil.

Dire que Gaillard est l'un des grands graveurs de son siècle ne suffit pas : il est grand graveur d'une façon absolue et plusieurs de ses planches peuvent prendre place à côté de celles des graveurs de n'importe quel temps. L'affirmation semblera excessive aux esprits timorés et surtout routiniers qui n'osent accorder leur admiration qu'aux

(1) Au moment où la présente notice est mise sous presse (janvier 1887), nous apprenons la mort de Gaillard , enlevé par une implacable maladie, à cinquante-trois ans, dans toute la puissance de son talent !

La perte est irréparable. Certes , Gaillard avait montré déjà tout ce qu'il pouvait , en gravant tour à tour le bronze , le marbre , la cire , les peintures primitives , Rembrandt , Ingres, enfin la figure humaine. Mais nous ne sommes pas de ceux qui disent : Gaillard, en résumé , c'est l'Homme à l'œillel ! Sa manière était connue , soit ! Mais il en eût encore tiré vingt planches d'un haut intérêt.

estampes déjà consacrées par l'admiration des aïeux, mais qu'importe?

C'est à dessein que tout à l'heure nous employions les mots de surprise et à^ étonnement . C'est là, en effet, l'impression très caractérisée que produisit la venue de Gaillard, et aujourd'hui même, bien qu'il soit incontesté et admiré, il y a toujours une part d'étonnement dans les sentiments que provoque l'apparition d'une de ses œuvres.

Au point de vue anecdotique il est curieux d'examiner aujourd'hui comment il fut accueilli.

Le premier article le concernant fut une mercuriale en trois points , dans le genre solennel. Détail piquant : ladite mercuriale était adressée au graveur, en 1860, par cette même Gazette des Beaux-Arts qui , depuis , devait considérer justement comme son plus beau titre de gloire d'avoir publié les planches de Gaillard !

Voici le morceau :

« L'envoi de M. Gaillard, élève de troisième » année, se compose de deux dessins et d'une » gravure d'après le portrait de Jean Bellin. » Exécutés d'un crayon pénible, mou et flasque, » les dessins n'offrent aucun attrait. La gravure » est d'un aspect doux ; les tailles juxtaposées, » serrées, menues, précieuses, sans croisements, » annoncent une main légère et patiente. Il est » probable que c'est un travail de pointe sèche

» plutôt que de burin. L'effet est flou et cotonneux, )) et les plans, se succédant en nuances à peine. » saisissables, se confondent dans une teinte » vague et uniforme. On dirait une vapeur qu'un » souffle peut dissiper. C'est de l'art pittoresque )) bien entendu, si l'on veut. » Jusqu'ici cela va déjà bien : à présent, le coup de férule : « Mais » à Rome , pendant les jours d'études sérieuses » qu'il doit passer encore dans la Cité des Arts, » M. Gaillard fera sagement de recbercber , » de préférence à des formules de fantaisie , le » secret des grands artistes italiens , français et » flamands. Ces maîtres ont compris la gravure » de manière à produire , non pas des caprices » que la mode adopte et repousse tour à tour, » mais des cbefs-d'œuvre accomplis et impéris- » sables. Ils ont en même temps posé des règles » dont l'Art ne peut s'écarter qu'en s'éloignant » de son but , et , par exemple , à beaucoup » d'excellentes qualités, ils joignaient, comme » l'a dit Émeric David , un burin cbaud , bardi , » brillant sans abus, tantôt fin et délicat, tantôt » profond et vigoureux ; un ton généralement » ferme , des lumières larges , différentes entre )) elles, savamment ménagées, faisant en quelque » sorte oublier que l'œil n'aperçoit que deux » couleurs. »

Peste! Quelle leçon! Sévère mais injuste! Conseils d'un grandiose vague qui confine au

naïf (*). Émeric David paraphrase ici, en pompeux, le conseil donné à un élève de l'école normale, que nous avons connu, et qui voulait entrer dans

(1) C'est toujours, en somme, le mot de la pièce des Saltimbanques , prononcé par Bilboquet : Tu joues du violon, jeune homme! Es-tu seulement de la force de Pagnnini ? La variante est légère : Tu es graveur, jeune homme! Es-tu seulement de In force de Marc-Antoine?

Marc-Antoine, ainsi passé à l'état de rabâchage et d'épouvantail , devient odieux. Marc-Antoine seul existe. Marc-Antoine seul a gravé. Hors de Marc-Antoine point de salut. Copier Marc-Antoine est la suprême loi. Le germe de toute estampe est contenu de toute éternité dans Marc-Antoine. On se demande même pourquoi , Marc-Antoine ayant existé , il y a encore des graveurs; tout est fini, rien ne va plus. Caveant Consules (les professeurs de l'École) ne quid detrimenti Marc-Antoine capiat !

Moyennant quoi l'Italie, — ce lieu commun des artistes, comme l'appelait Thoré, — est devenue pour les graveurs l'éteignoir de toute originalité, à moins qu'ils n'aient le courage d'envoyer promener Marc-Antoine, d'être eux-mêmes, et de faire tout simplement du Gaillard , comme Gaillard ; de l'Henriquel, comme Henriquel.

De toutes les façons de décourager les graveurs, la y scie f' Marc-Antoine est la plus redoutable. C'est la forme la plus insidieuse, qui se cache sous les dehors de conseils donnés de haut et désintéressés.

Ceci explique le mot d'un collectionneur disant : i> Je ne suis pas suspect « à l'égard de Marc-Antoine , m'étant imposé les plus grands sacrifices '■) pour me procurer ses maîtresses pièces. Eh bien, il y a des moments où •1 je voudrais qu'il n'eût jamais existé, uniquement pour qu'on ne pût " s'en servir comme d'un épouvantail pour nos graveurs. De même ^^ je voudrais qu'un cataclysme détruisît ce qui reste du Parthénon et autres >•> temples grecs , uniquement pour empêcher nos architectes de mal copier n sur eux nos Palais-de-Justice et nos Ecoles-de-Médecine. . . . Mais, -1 réflexion faite, cette destruction ne servirait de rien, » ajoutait avec un soupir notre collectionneur, i< car s'ils ne pouvaient plus copier le Parthénon, « ils se rabattraient sur Saint-Front de Périgueux ou l'équivalent ; mais , n pour sûr, ils copieraient toujours ! «

Giacomelli , qui est , comme on sait , un vigoureux et pittoresque défenseur des modernes, dit à peu près la même chose : - J'adore Mantègne , n mais, grands dieux, ne me parlez pas des MAKTEGNISTES! -^ Mantègne est en effet, avec Marc-Antoine, le nom dont on se sert le plus souvent pour écraser et décourager nos contemporains. Ajoutons-y encore Martin Schœn.

le journalisme; il demanda à son rédacteur en chef quelques données sur ce qu'il convenait de faire, le genre à traiter, le sujet à choisir, le ton

Le mantegnisle-mnrlinschœniste-marcantoniste est un homme d'un autre monde : rien de ce qui se passe dans le nôtre ne saurait le toucher. A force de vivre avec ces morts, d'ailleurs glorieux , il en arrive au parfait mépris de tout ce qui est vivant. Sa vie se passe dans le deuil perpétuel des maîtres qui ne sont plus. Voyez-le marcher, l'œil fixe, regardant par dessus le temps présent dans les siècles passés, à la fois hautain , lugubre et concentré. A quoi pense-t-il? Que pleure-t-il?

Vous rappelez-vous cette caricature de Gavarni ; un homme désolé à qui son camarade demande : Qu'est-ce que t'as perdu , Traulape? Ta femme?

— Non, Dachu — Ton fils? — Non, Dachu Trautnpé a perdu

Nnpoléon-le-Grand , empereur et roi , . . . etc

Tel est notre homme : Trautapé, malgré son deuil, n'a perdu ni sa femme, ni sa fille; Trautapé a perdu le Maître de 1466! Infortuné! Trautapé est d'ailleurs convaincu et de honne foi , mais son système tend à faire de l'estampe une sorte de chose sacrée, et accessible seulement à quelques rares pontifes. 11 y a là de quoi regimber, comme le docteur anglais de la Chaumière indiennnc devant les réponses du chef des pandects de Jagrenah ! i^ L'estampe ne peut être connue que par le moyen des brames. — Toute vérité sur l'estampe est contenue dans les quatre beths, ou livres sacrés , écrits en langue hanscrit , par les brames, et dont ils ont seuls l'intelligence. — Il est inutile de causer d'estampes avec d'autres personnes que les brames. «

Trautapé n'admet pas qu'on puisse connaître l'estampe si l'on n'a été renfermé longues années dans un séminaire i> ad hoc ^■^. Voici comment il a formulé le programme des cours de l'École des Brames :

Première année.— Cours élémentaire de Mantegna. — Cours de Martin Schongauer, dit Martin Schœn, dit le Beau Martin. — Pendant les récréations, conférences sur VArs moriendi.

Deuxième année. — Cours de Mantegna supérieur. — Cours de Beau Martin transcendant, différentiel et intégral.— Exercices pieux : adoration perpétuelle du Beau Martin.

Troisième, quatrième et cinquième années. — Recommencement des cours de Mantegna et de Beau Martin. — Arts d'agrément : cours de catalogue de Rembrandt (mais Rembrandt n'est que facultatif, tandis que Mantegna et le Beau Martin sont obligatoires et de dogme). Ici les élèves-pontifes sont nommés sous-brames. Sixième, septième, huitième et neuvième années . — Cours de Marc-

à prendre , et pour toute réponse n'obtint que cette injonction : Soyez rutilant! Embarrassé, désespérant d'être « rutilant ». notre jeune écrivain, plein de talent d'ailleurs, renonça du coup à la carrière. Gaillard fut plus persistant, et bien lui en a pris, car il a su, lui, être « rutilant ». Fut-il , comme le veut le donneur de conseils , « chaud, hardi, brillant (sans abus), fin, délicat, profond, vigoureux, ferme, large, » etc., etc.? Il fut Gaillard, c'est suffisant !

Le portrait de Jean Bellin n'était d'ailleurs pas au bout de ses déboires. En 1863, il fut réduit à s'en aller, bras dessus bras dessous avec V Érasme

Antoine professé par le pandect en chef. — Études des rites pour la célébration du culte de Marc-Antoine. — Cours de dédain des modernes , professé par un des brames inspecteurs-généraux. — Distractions et voyages d'agrément pendant les vacances : pèlerinage au tombeau de Marc-Antoine.

Dixième année. — Révision générale des cours des neuf premières années. — Cours d'histoire de la gravure. Recommencement de Manfegna, du Beau Martin et de Marc-Antoine. — N. B. Les deux dernières heures de la dernière séance sont consacrées aux graveurs à partir du xvui" siècle : les décadents, Brevet; la décomposition, les vignettistes , Moreau et autres. — Les cinq dernières minutes seules sont données à la gravure moderne , le temps de constater qu'elle ne peut exister.

Examens de sortie. Les candidats victorieux passent brames-brevetés, avec faculté, soit de se répandre dans le monde pour y porter la bonne parole de découragement, soit de rester dans l'intérieur de l'établissement pour y devenir à leur tour professeurs de Mantegna ou de Beau Martin.

Comme Bernardin de Saint-Pierre et comme le docteur anglais , nous préférons l'avis du paria : Il faut chercher l'estampe avec un cœur simple , — on peut la rencontrer dans tous les temps , si on sait l'y trouver, — il faut communiquer l'estampe, non aux brames, mais aux hommes dotés du véritable tempérament de collectionneur.

de Bracqiiemond, aux 7'efusés. Il n'y demeura pas inaperçu. Un critique, qui dans la Gazette des Beaux-Arts s'occupait spécialement de gravure, et combattait le bon combat pour les contemporains, sut le remarquer. « C'est, hélas ! dans » les salles réservées aux ouvrages exposés par » ordre de l'Empereur. » — écrivait M. Burty, — (( qu'il faut aller cbercher un portrait d'un des » frères Bellini gravé par M. Ferdinand Gaillard » avec un soin religieux. Le jury a-t-il prétendu » punir dans le jeune exposant l'insubordination » de l'ancien élève de Rome? Nous l'ignorons. » Mais à coup sûr le portrait de Bellini, à l'œil » profondément interrogatif, aux traits austères » et doux, avait été traité dans un mode délicat » et serré qui , en s'isolant volontairement des » vigueurs dim ton, reportait tout l'effet et toute » l'impression dans le rendu du modelé et le » scrupule du dessin. Esl-ce bien le moment de » décourager par d'inexplicables rigueurs des » talents aussi classiques que celui de M. Gail- » lard? »

Le jury avait évidemment été surpris par cette manière nouvelle, qui avait déjà surpris aussi, disons même, choqué l'école de Rome. M. Burty n'était-il pas surpris lui-même lorsqu'en 1866, revenant à Gaillard, il portait sur lui ce jugement à la fois clairvoyant et dérouté :

« M. Gaillard est revenu d'Italie aussi artiste.

» mais missi peîi graveur que possible, c'est-à-dire » ne voulant laisser au métier que ce qu'on ne i) peut lui marchander. C'est un artiste de la plus » fine race, en période d'agitation et de doute, et » en l'avenir duquel, peintre ou graveur, nous » avons une foi très ferme. Il serait digne d'une » étude à part, si son œuvre était plus considérable. » A ce salon, sa Vierr/e d'après Bellini. et surtout )) son Gattanielata d'après une œuvre attribuée )) à Donatello . étaient , toute question technique » réservée, deux œuvres qui s'imposaient par les » qualités les plus particulières, w

11 fut également « surpris h , ce personnage impersonnel qui s'appelle le Louvre , lorsque le graveur lui donna sa Vie'/ ge de Botticelli : on dit qu'il ne comprit la valeur de la planche que lorsqu'il en vit les épreuves revendues a gros prix par les marchands d'estampes.

Surpris aussi, Charles Blanc, lorsque le graveur apporta à la Gazette des Beaux-Arts cette planche, si fameuse depuis, de VHomrine à l'œillet (qui lui était payée cinq cents francs) ; il la jugea inacceptable. Emile Galichon, qui tenait fermement pour Gaillard , intervint et la fit recevoir.

Surpris encore, le jury qui, si notre mémoire ne nous trompe pas, exposa le même Homme à V œillet non à la cimaise, mais hors de la portée de la vue ! Pourtant , dira-t-on , il ne s'agissait pas d'un graveur à l'eau-forte ? Non , mais pour la

formule de burin alors régnante, la formule de Gaillard était hérétique , donc à excommunier.

Nous constatons tout ceci par pure curiosité , et n'incriminons personne. Quel est celui de nous qui ne s'est pas maladroitement cabré à l'aspect d'une œuvre d'art d'une formule nouvelle? Gaillard lui-même n'est il pas quelquefois « surpris » : par exemple , lorsqu'il regarde les planches librement traitées de nos graveurs à l'eau-forte, ou encore lorsqu'il voit l'administration du Louvre introduire Watteau dans le salon carré ?

L'artiste, cependant, s'imposait par une série d'œuvres des plus admirables et des plus personnelles : V Œdipe d'Ingres, la Vie^^ge delà maison d'Orléans, la Tète de cire du musée de Lille, le Crépuscule de Michel-Ange. Planches de petit format : mais estampes de la plus grande importance. Mais c'est surtout par les admirables portraits de Pie IX. de Léon XIII ^ de Dom Guéranger qu'il prit position définitive et devint le plus célèbre graveur de son temps : là il est un maître original, et non seulement graveur, mais peintre. Là encore, il surprit et étonna

D'abord par sa manière toute particulière de considérer le visage humain. N'est-il pas étonnant de voir un artiste religieux, dont l'œuvre forme comme un cycle catholique (on a dit de lui qu'il avait gravé le Pape, le Roi, l'Évèque, l'Abbé, le

Jésuite, la Sœur, le Rédacteur de V Univers), être en art non un idéaliste mais un réaliste implacable, cherchant le rendu de la physionomie dans les innombrables détails de surface qu'offre la figure de l'Homme, dans l'analyse presque microscopique de la peau, n'omettant pas la plus légère rugosité ni la plus imperceptible ride.

Lorsqu'il exposa , en 1877 , ce portrait de femme dont le dessin est aujourd'hui au Luxembourg (la tante du graveur), il fit même plus qu'étonner : on disait alors de lui « cet artiste chercheur nous montre des (euvres dont la singularité prodigieuse doit effrayer les âmes tranquilles ! )) Jamais , en effet, Gaillard n'a poussé plus loin le réalisme que dans cette oeu\Te puissante, « qui aurait étonné les Italiens , mais que comprendrait Holbein et qui ferait rêver Albert Durer. » Comme correctif à ce bel éloge , on ajoutait bien que l'artiste avait rendu les détails de ce portrait « avec un acharnement ressemblant à de la monomanie ». Mais ici, nous ne voulons pas suivre le critique effrayé , car il est inutile de marchander ou de taquiner des artistes de la valeur de Gaillard. Il faut les prendre comme ils sont, accepter leur posiulaium et voir seulement s'ils en tirent toutes les conséquences. « Mon but n'est pas de charmer, mais d'être vrai. Mon art, à moi, est de tout dire. » Tel est le 'poslulatnm de Gaillard. Il ne nous gène , ni

ne nous fait peur. Une fois accepté, il est indiscutable que le graveur en a tiré les conséquences, c'est-à-dire des œuvres admirables... et, encore une fois, surprenantes.

La vraie cause de la surprise et de l'étonnement , c'est la singularité de son travail de graveur. Et d'où vient cette singularité? Évidemment de la qualité exceptionnelle de ses yeux. Beaucoup de personnes croient que Gaillard a un « procédé », c'est-à-dire un secret, un tour de main expéditif, ou quelque instrument de lui seul connu, roulette, berceau ou autre. Erreur capitale. Gaillard est absolument et exclusivement un graveur au burin Il fait la taille, la pure taille, ou la fait faire sous sa direction. Seulement, là où tout graveur mettrait une taille , il en met dix , grâce à la délicatesse personnelle de sa vue. Prenez une forte loupe et examinez ses planches, alors vous verrez apparaître le travail, c'est-à-dire la taille.

Gaillard fait la taille, et ne se préoccupe pas de la laisser voir ; il ne se soucie point de briller par le beau rangement des travaux, la taille est son moyen, non son but. Pour un rien, il nierait qu'il grave et vous dirait qu'il se borne à dessiner. Demandez à ses disciples quel est son procédé de gravure, ils vous répondront qu'il dessine dans la taille (textuel) ; ce qui ne vous apprend rien, mais vous indique bien l'idée dominante de l'artiste. Il ne se soucie que du dessin , il ne songe qu'à ce

but supérieur, dût son travail devenir insaisissable et inaperçu. Gela est évidemment d'un homme qui sait ce qu'il veut.

Quand on pense à toutes les moqueries dont sont l'objet, de la part des artistes, les profanes qui. dans une estampe, s'obstinent à regarder la conduite du burin, il semble que faire disparaître tout travail, de façon à mettre les gens dans l'impossibilité de s'y arrêter et à les forcer à ne voir que le dessin, il semble, disons-nous, que ce soit Je dernier mot de la gravure. Eh bien, l'expérience montre que cette méthode a de graves inconvénients. A force de briser les tailles, de les atténuer, de les dissimuler, de les noyer dans le dessin, on arrive à un fondu qui ne s'obtient qu'aux dépens de la vigueur, on estompe donc on amollit , et l'estampe prend , comme les portraits du Père Huhin et du Comte de Melun^ un aspect caractérisé de photogravure. Déjà cette observation avait été faite par un critique, qui ne marchande point le graveur , et admire chaudement l'étonnante habileté de Gaillard , la délicatesse prodigieuse de son modelé , sa science de dessin magistrale , et aussi son indéfinissable conduite de l'outil qui déroute presque le regard avec ses tailles courtes répétées et reprises , dont l'apparent désordre finit par se fondre et se dérober en quelque sorte dans un effet d'estompé. (' On dirait que cet art si profondément vrai et

)) original ne pense qu'à se faire oublier : que le )) suprême effort de ce talent si personnel ne » tente qu'à ranonymat. C'est ici que nous » sommes forcé de réclamer en sa faveur contre » M. Gaillard lui-même. Toute oeuvre d'art doit » être le produit d'une collaboration franchement » avouée entre l'artiste et l'outil. Il ne nous déplaît » pas de suivre autrement qu'à la loupe le travail » de la pointe ou du burin. On éprouve je ne sais » quel invincible regret de voir une science si » merveilleuse et les travaux d'une main si » volontaire et si particulièrement douée, aboutir » par endroits à donner l'aspect d'une héliogra- » vure. M

Tant de talent dépensé pour aboutir à ce résultat, ce serait en effet déplorable. Car le talent de Gaillard, répétons-le, est dominant et de premier ordre. Talent chercheur, méticuleux, patient, qui ne transige jamais avec une difficulté, qui n'aborde une œuvre qu'avec la résolution de l'étudier sous toutes ses faces, de la retourner dans son esprit, de la préparer par de laborieuses études, de la recommencer tant que le résultat ne le satisfait pas et de ne la livrer que le jour où , faisant son examen de conscience, il peut se jurer à lui-même qu'il a fait tout ce qu'il lui était possible de faire f).

(1) C'est ce qu'on exprime aujourd'hui en disant que l'art de Gaillard est un art i' sincère ». Mais le mot ne peut plus s'employer, tellement on

Gaillard ne donne rien au hasard. On sait combien est grande chez lui la préoccupation de se procurer ce qu'il appelle de « bons documents ». Pour un portrait par exemple , le document, c'est non seulement le dessin fait d'après nature, mais encore , s'il le faut , une série de photographies , qu'il fera agrandir au besoin ( sur papier salé , et sans retouches ) , afin d'y découvrir quelque renseignement sur un détail imperceptible du visage.

Et de quelles études préliminaires ne tait-il pas précéder la reproduction d'une peinture? Aussi est-il le seul homme actuellement capable de mener à bien la gravure de la Cène de Léonard de Vinci, — gravure que l'État vient de lui commander — avec la somme énorme de restitution exigée par le délabrement de l'original. C'est une véritable résurrection à opérer. Il y a là quelque chose de très supérieur à l'art pur et simple du graveur.

En même temps que la Cène, l'État commandait également à Gaillard la Joconde. Cette planche sera évidemment décisive dans la carrière du graveur. Si elle répond entièrement à ce qu'on

en a abusé : il correspond au ^^ sensible .1 du xviil" siècle , et fait sourire tant on l'a mis à toute sauce. Ingres est i- sincère 1, Manet est ^ sincère ». Nous sommes tous >.> sincères 'i. Il y a des peintures « sincères >> , des statues ^' sincères > , des monuments i> sincères •' , des partitions ^> sincères « . Il y a des burins .. sincères >, des eaux-fortes » sincères '^ , des lithographies .' sincères .^ . Au fond , cela ne veut rien dire, car il y a nombre d 'œuvres i> sincères » qui sont sincèrement exécrables.

est en droit d'attendre de l'artiste, elle grandira encore singulièrement sa réputation. On ne peut mesurer quelle sera son influence sur la gravure. Il est probable qu'il aura peu d'imitateurs, car pour l'imiter il faudrait avoir la structure spéciale de son œil , et aussi sa rare pénétration d'esprit qui lui fait saisir le caractère des maîtres , ou Texpression morale de la figure humaine, (lia cependant deux disciples fort habiles , de Mare et Burney.) Mais on sent déjà qu'il a ramené plus d'un graveur vers la gravure serrée de près ('). M. Roger Marx publiera peut-être un jour un travail approfondi sur Gaillard et son œuvre. Non seulement on y trouvera un catalogue raisonné avec l'indication des états et de tout ce qui peut intéresser le collectionneur d'estampes, mais encore, — et ceci sera le côté particulièrement curieux de ce livre, — tous les renseignements propres à faire connaître cette remarquable personnalité d'artiste , comme peintre ou comme graveur. L'auteur nous dira comment Gaillard est amené à concevoir une œuvre, comment il l'étudié, la prépare et la mûrit dans sa pensée, par quels états d'âme il passe pendant l'exécution,

(1) 11 se produit une réaction indéniable contre la gravure lâchée que nous avons connue dans ces dernières années, i' Je veux de la gravure gravée », nous disait le rédacteur en chef d'un journal d'art, <■ je ne veux plus à'eau-forle sale ! ^ Le mot est féroce , mais il exprime une tendance aujourd'hui générale, contre l'eau-forte peu précise.

ses doutes, ses changements de voie, son but, sa préoccupation du dessin, de la question d'art supérieur et de religion. Entreprise avec des données certaines, par un biographe en communion constante avec l'artiste, cette étude à la fois iconologique et psychologique pourra offrir un intérêt très particulier.

En effet, Gaillard est un graveur bien singulier. Nous avons dit que son travail consistait à faire la taille, et la taille extrêmement menue. Eh bien, ce travail si précieux est compatible chez lui avec une extrême rapidité d'exécution. V Homme à V œillet , une fois la préparation faite, a été terminé en huit jours , la tète même fut modelée en un jour. Ses autres planches des premiers temps , pour la Gazette , furent également exécutées avec décision et rapidité. Ce qui est long chez lui, c'est la méditation préparatoire , Tétude de l'œuvre à reproduire. Dans ses dernières planches, ces hésitations de la pensée se traduisent par une reprise , un changement fréquent des travaux : alors Gaillard fait comme les autres graveurs , il passe dix-huit mois ou deux ans sur une planche : non pas en y travaillant constamment , mais en la laissant, la reprenant, ou dans les moments de fatigue, la mettant tout à fait de côté pour passer à une autre œuvre ou aller se reposer à la campagne.

Nous donnons le catalogue de l'œuvre de Gaillard. Quant aux états , nous ne nous piquons

pas de les indiquer tous. Le graveur lui-même ne pourrait pas le faire. Mais autant est indispensable à une collection publique la possession de tous les états , formant un ensemble qui donne Phistoire de la planche, autant cette possession est peu utile aux simples collectionneurs. Ceux-ci doivent s'exercer à choisir l'état le plus beau, et à le doubler au besoin, par un autre état curieux. Mais ce choix, aucun catalogue même raisonné, ne peut l'indiquer ex cathedra^ c'est une affaire de goût personnel, et surtout d'expérience de visu ; c'est après comparaison effective, et les épreuves sous les yeux, que l'amateur saura par exemple s'il préfère le Dom Guéranger dit au fond blanc , au même portrait terminé, ou bien à quel degré d'avancement il lui convient de posséder le Crépuscule, ou bien s'il ne désire pas posséder deux épreuves de Sœur Rosalie, l'une avec les yeux noirs , l'autre avec les yeux plus éclaircis ; c'est également par lui-même que l'amateur choisira, entre diverses épreuves de V Homme à Vœillet, celle qui lui paraîtra la plus belle , ni trop noire , ni trop pâle ; cet examen personnel lui en apprendra plus qu'un volume de descriptions.

Nous nous bornons donc , au sujet des états , à quelques données indispensables. Il sera bon de se reporter à l'œuvre conservé au Cabinet des Estampes ; Gaillard est de ceux qui font leur

devoir envers notre grand dépôt national ; il donne tous les états de toutes ses planches.

Au point de vue de la rareté : une observation seulement. Dans ses premières planches, Gaillard, nous l'avons dit , grave vite , marchant droit au but. 11 va donc rarement aux essais, et ne tire de sa planche que peu d'épreuves d'état. Par la suite, lorsqu'il entreprend des œuvres où il cherche longuement sa voie , comme les Pèlerins d^Emmaûs ou le Saint Georges, il va jusqu'à trente ou quarante fois aux épreuves : c'est dire que le nombre des épreuves inachevées de ces planches est considérable , il passe la centaine ; on ne peut donc dire que ces états soient rares.

Si nous indiquons quelques prix, c'est à titre de pure curiosité. Les prix vrais ne seront connus que plus tard. Pour le moment, les prix sont des prix d'émission, et de spéculation. Nous disons de spéculation avec plaisir : c'est une des plus sûres constatations de l'importance acquise par Gaillard que l'espèce de fièvre qui a saisi amateurs et marchands d'estampes , qui leur fait guetter l'apparition d'une nouvelle œuvre, s'inscrire d'avance pour les épreuves exceptionnelles, qui a gagné l'Angleterre et l'Amérique. Juste hommage rendu à un talent extraordinaire , et heureux symptôme pour l'avenir d'un art. Jamais , il faut le redire ici , jamais la Gravure n'a disposé d'un public plus ardent , et moins regardant aux prix.

L'ŒUVRE

DE

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