Mgr Rogerson, de trois quarts à droite. (12x
60. Cécile Judissé, nièce du graveur, enfant, tenant une poupée. (13 X 11)-
Croquis : 61. Homme debout les bras croisés sur la poitrine tourné à droite : toute la barbe (12x8). — 62. Modèle d'homme, accroupi (9X 11)- — 63. Modèle d'homme, appuyé sur les mains (8x10). — 64. Tête de femme, de face, les cheveux partagés au milieu du front, le vêtement entrouvert sur le cou. (10 X 8). — 65. Femme du peuple, la tête de face, enveloppée d'un foulard, indication d'un enfant sur ses genoux. (16X 13). — 66. Femme accroupie, homme debout à gauche : griffonnis presque indéchiffrable. — 67. Tête de jeune femme, de trois quarts à droite, légèrement baissée. (11 ix 8 •§•).— 68. Tête de femme, presque de profil à droite, un nœud de rubans dans les cheveux. (12X8). — 69. Tête d'enfant dormant. (10X8). — 70. Tête de femme, de profil adroite, légèrement levée (17 ^X 12).— 71. Enfants dormant (10 X 8). — 72. Tête de femme tournée k droite, la main gauche ramenée près de l'oreille droite. (12x9). — 73 Femme de profil ; indication d'un bol posé sur un meuble. (10x8). — 74. Cuirassier assis. (10X8). — 75. Cuirassier debout. — 76. Feuille de croquis, cuirassier, tête de Christ, etc. (10 X 8). — 77. Descente de croix. (7 X 9^). — 78. Sainte dans une grotte. (8 X 4). — 79. Sainte Madeleine devant une tête de mort. (9X6). — 80. Tête d'homme d'après Rembrandt. (12x9). — 81. La même (10x8).
Un de ces croquis a été fait par Gaillard sur le cuivre de sa carte de visite : on y déchiffre le nom de la carte.
82. S' Philibert , vignette d'après Delauney , in-12 (H.lOi).
83. JOCONDE . de Léonard de Vinci (Louvre): in-foL En cours d'exécution pour la Chalcographie.
Grande anxiété dans tout le monde de l'Estampe. Que sera la Joconde de Gaillard ? Comment la concevra-t-il ?
Rendra-t-il la peinture telle que nous la voyons aujourd'hui, assombrie par le temps ? Cherchera-t-il, au contraire, à travers la patine des siècles, ce que fut le portrait lorsqu'il sortit du pinceau du maître ?
Espérons que notre curiosité ne tardera pas trop à être satisfaite. La planche s'avance. Déjà les collectionneurs s'inscrivent pour les états, et les marchands d'estampes se préparent à se jeter sur les épreuves avant la lettre, que la Chalcographie, aima mater, leur vendra à un prix plus que modéré.
Quel que soit le résultat que Gaillard veuille atteindre , l'œuvre sera des plus curieuses.
Rappelons que ipourla Joconde, nousavons des précédents.
Il y a les nombreuses Jocondes lithographiées. Passons.
Il y a la Joconde burinée par Fauchery.
11 y a la Joconde gravée à l'eau-forte par Jacquemart.
Enfin il y a la Joconde de Calamatta : cette planche demeure , jusqu'à l'apparition de la planche de Gaillard, la vraie Joconde. Elle lui coûta vingt ans de travail. Charles Blanc expliquait en ces termes la patiente manœuvre du célèbre graveur. « Pour exprimer l'abondance de la chair » sous la peau fine, sur le front, la joue, la gorge, un sys- » tènie de tailles brisées entremêlées de points et accompa- » gnées, en guise d'entretailles, d'une suite de petits traits » intercalaires qui donnent du gras au travail. Dans la » demi-teinte, le losange italien en amande, mais formé par » le croisement diagonal d'une ligne brisée sur la première » taille, afin d'éviter l'effet moiré que produisent les points » d'intersection dans le système des losanges. Pour les » petits modelés du coin de la bouche, des fossettes, un » travail ayant l'aspect d'une poussière de crayon noir. Dans » les ombres, la taille dominante se développant dans le » sens où elle enveloppe le muscle. Pour les draperies un » travail assourdi, sauf dans les manches dont les plis » multipliés et vifs sont accusés d'une taille résolue qui en » épouse les formes et en fait saillir tous les luisants. ...» Nous citons cette analyse pour donner une idée des difficultés de la gravure au burin, mais aussi pour montrer combien la connaissance de la technique de l'art est inutile à l'amateur. Au fond, cela n'apprend rien. Qu'importent ces savants losanges , ces contretailles adroites , ces points subtils? Voyons le résultat. Quand il s'agit déjuger l'effet d'ensemble de cette Joconde , effet éteint et sombre, suivant
la manière de Galamatta , Charles Blanc ne trouve que ce jugement glacé où se sent l'embarras; c'est le cas d'employer le mot des graveurs : sa pensée est « enveloppée » dans la forme. << S'il ne s'agissait pas d'une peinture aussi » finie que celle de Léonard , d'une peinture ou le maître a » trouvé tant de chemin à faire pour aller de la lumière la » plus haute aux plus fortes ombres, nous aurions à nous » plaindre de l'immense travail dépensé sur une planche v> dans laquelle on ne rencontre nulle part le blanc pur du » papier. Lorsqu'un graveur consacre sa vie entière à repro- » duire les ouvrages des grands peintres, son temps est » précieux pour tout le monde, et nous avons le droit » d'exiger qu'il en soit avare. »
Voilà donc où nous en sommes actuellement en matière de Joconde. Attendons l'estampe de Gaillard (i). Voici où elle en est actuellement (Décembre 1886) :
] . Au trait. — 2. Un ton posé au burin sur les vêtements. — 3. Une seconde taille sur quelques parties des vêtements, et une première sur le voile. — 4. La seconde taille sur toute l'épaule et le bras gauche, et sur l'épaule droite. — 5. Un ton sur une partie du paysage. Effaçage partiel du vêtement. — 6. Reprise de certains morceaux de la draperie, surtout dans la manche gauche. — 7. Travaux de modelé très serré dans le vêtement, surtout à la poitrine. — 8. Commencement du modelé des deux boucles de cheveux. La figure et les iiiains blanches. — 9. Le visage et la poitrine très modelés, les mains blanches.
84. En cours d'exécution : La Cène , de Léonard de Vinci. Pour la Chalcographie.
La Cène est une immense estampe de l'",50 de large sur 75 de haut : elle doit être gravée sur trois cuivres séparés.
(1) Simple réflexion.
L'Etat a commandé à Gaillard la Joconde. C'est très bien. Il veut encourager la grawire. C'est parfait.
Quand Gaillard aura livré sa planche, qu'en fera l'Etat? Il la déposera au Louvre, au rez-de-chaussée, dans les oubliettes de la Chalcographie où n'entrent pas trente personnes par an. Pendant ce temps, au premier, près des salles de peinture, on aura fait un bel aménagement, où le public pourra voir et même acheter. ... la photographie de cette même Joconde.
Lorsque la gravure des trois fragments sera achevée, il sera fait un « galvano » d'ensemble, qui servira à tirer l'estampe.
Voir des illustrations signées F. Gaillard ou F. G. :
Dans Paris-Guide (Joconde, Vénus de Milo, etc.), dans le Thorwaldsen de Pion.
Dans Michel-Ange sculpteur, de la Gazette des Beaux- Arts (1876), et dans d'autres articles de la même publication : vases grecs, statues égyptiennes, médailles italiennes, etc. ( Parcourir les tables des gravures de la Gazette.)
Voir une petite reproduction du portrait de la tante de Gaillard dans la Gazette des Beaux-Arts de 1883, et la gravure du portrait de Mgr de Ségur exécuté par Burney.
Dom Guéranger sur son lit de mort. Gillotage.
Janvier 1887. La mort de Gaillard est pour la gravure française un coup cruel. Ainsi nous n'aurons, ni cette restauration de la Cène, qui promettait d'être si curieuse; ni cette /oconrfe, qui semblait s'annoncer comme une œuvre hors ligne; ni ces portraits que, pour notre part, nous espérions par dessus tout !
Nous n'avons rien à modifier à ce que nous disions de Gaillard vivant; nous ne pouvons que répéter, comme au début de la notice : le graveur de r Homme à l'œillet et de la Vierge de Botticelli, le dessinateur et le graveur des portraits de Pie /A', de Léon XIII, de l'immortelle planche de Dom Guéranger, de la Sœur Rosalie, demeurera une personnalité considérable dans l'histoire de la gravure: il doit être mis en parallèle avec les graveurs célèbres de n'importe quel temps.
La Gazette des Beaux-Arts de mars 1887 contient un intéressant article de M. Louis Gonse sur Gaillard. « La » Gazette des Beaux-Arts a un pieux devoir à remplir, » écrit-il. « C'est à elle qu'il appartient de rendre hommage à » la mémoire de celui qui n'est plus ; c'est à la Revue qui
* a vu naître ce rare et puissant artiste, qui l'a encouragé à » ses débuts , soutenu dans les efforts de sa maturité , que » revient très légitimement l'honneur de caractériser son
* œuvre et de retracer les étapes fécondes de sa carrière. » Gaillard s'était fait recevoir du tiers-ordre des Franciscains : conformément à sa dernière volonté, il a été enseveli dans sa robe de moine.
Le portrait de Gaillard va être gravé par de Mare.