HISTOIRE... DE LA SAINTE-RUSSIE. Bry, 1854. 500 dessins
Gravure de Sotain.
88. ŒUVRES DE RABELAIS. Bry. 1854. Un vol. in-4 à deux colonnes.
Les bois sont gravés par Sotain.
89. LES CONTES DROLATIQUES , de Balzac. Cinquième édition. Paris, èz bureaux de la Société générale de librairie, 1855. In-8.
425 bois gravés par Lavieille, Pisan, Jahyer, Diolot, Sotain, Best et G'e, de Ghouy, Pierdon, Riault, Predhomme, Verdeil, Gérard, Bouton, Grépeaux, etc.
Un des chefs-d'œuvre de Doré ; cette illustration est étonnante d'invention, de joyeuse humeur, vraiment gauloise et rabelaisienne, et pétillante d'esprit.
Tirés à 10,000 exemplaires à 12 fr., les Contes n'eurent cependant pas de succès de vente tout d'abord, et furent mis au rabais à 6 fr. par Delabays.
Ils se vendent aujourd'hui de 30 à 50 fr. en papier ordinaire. L'adresse èz bureaux est la seule estimée.
M. Brivois à force d'examiner, scruter et comparer les exemplaires, a fait la découverte suivante : à la page 425, au bas de la vignette de titre du troisième dixain , il y a des exemplaires qui portent : Ha esté imprimé pour la prime fois à Paris , tandis que la plupart des exemplaires , même sur chine, portent : Ha esté imprimé pour la prime fois par Fain , rue Racine W IV.
Voilà qui va mettre la puce à l'oreille et faire pousser des soupirs à tous les bibliophiles dont les exemplaires portent par Fain, rue Racine n" IV. Cependant, il est vraisemblable qu'il s'agit d'une addition faite en cours d'impression de la feuille 36, et rien ne donne à penser que les exemplaires qui n'ont pas cette addition soient d'un tirage spécial et plus estimable.
M. Brivois me dit tenir d'une source sûre que la septième édition (Paris, Garnier) est la première tirée sur les bois. L'édition èz bureaux est tirée sur clichés.
Quant aux exemplaires sur papier de Chine, ils sont aujourd'hui extrêmement recherchés, et ou les a payés jusqu'à 1500 francs. On les trouve généralement tout reliés, par Petit (i). Les plus estimés sont ceux qui ont l'adresse èz bureaux. Les 25 de la sixième édition, qui portent l'adresse du libraire Caen, le sont sensiblement moins. Et cependant , Caen affirmait de la façon la plus formelle que les exemplaires èz bureaux avaient été tirés avec les clichés, et les exemplaires Caen, avec les bois.
On ne peut regarderies Contes drolatiques sans regretter que Doré n'ait pas entrepris , dans le même format , une
(1) Papier de Chine : c'est une des questions les plus délicates et les plus controver.sées de la bibliophilie actuelle. Faut-il faire des folies pour les exemplaires sur papier de Chine, oui ou non ?
Argument péremptoire pour. Le papier de Chine donne, en ce qui concerne les gravures sur bois, des épreuves incontestablement supérieures.
Argument grave contre. Il est tellement faible et mou que les livres sur chine vous croulent littéralement dans les doigts quand vous les feuilletez.
Argument à la fois pour et contre. D'un livre trop épais , trop billot , comme les Contes drolatiques, il fait un Uvre mince et de jolie dimension. Mais un livre pas trop gros, comme les Portes de fer, il le réduit à l'etal
autre illustration qui eût eu, sans aucun doute, un succès prodigieux ; celle de Notre-Dame de Paris. Voit-on quel livre exquis cela eût fait? Et nous le répétons : en petit format, moins prétentieux, moins solennel; une illustration ou Ton eût trouvé à la fois le drolatique, l'étrange et le tragique.
Doré a-t-il pensé à illustrer Notre-Dame de Paris ^ On le dit. Mais il pensait à une illustration de grand format : ce n'est plus ce que nous aurions rêvé.
90. Voyage aux eaux des Pyrénées, par Taine. — Hachette, 1855. In-12, avec 65 vignettes.
Voyez plus loin la troisième édition , n" 111.
91. Quatre dessins pour le journal V Image pour tous. 1855, in-8.
de plaquette. Est-ce un avantage d'avoir des volumes qui semblent avoir été passés au laminoir?
Argument important contre. Le chine non collé , très perméable à l'humidité, pique facilement. Le faire laver et détacher est bien risqué et effraie les bibliophiles les plus résolus ; le lavage, de plus, lui donne un autre aspect et un autre toucher, et point à son avantage.
Vous voyez que la question est complexe. Vous êtes bien embarrassé ? Moi aussi.
Argument décisif juomj". (Cet argument n'est pas tiré d'une considération d'ordre artistique , mais d'une considération d'ordre éminemment bibliophilique). Les exemplaires sur papier de Chine sont généralement TRlcs RARES. Donc il n'y en a pas pour tout le monde. Et , il le faut avouer, l'on se sent bien agréablement chatouillé lorsqu'on peut montrer son exemplaire à un autre amateur en se disant : il ne l'a pas sur chine, lui! On jouit de sa surprise, de sa jalousie même. Puis la Renommée embouche sa trompette et va répétant de bibliothèque en bibliothèque , de librairie en librairie : Monsieur un tel a tel livre sur chine. Et vous montez d'un cran dans la hiérarchie bibliophile. N'est-ce pas irrésistible?
Dame ! ces choses-là se paient 1
Un collectionneur qui n'aime pas le chine, et qui n'a peut-être pas tort , a pratiqué un système transactionnel : il a les principaux livres du xix"" siècle, Contes drolatiques, Plcïade et autres, sur chine, parce que cela se doit, pour le décorum bibliophilique , — puis il les a encore en e.xemplaires sur papier ordinaire, pour son plaisir.
92. Les Chercheurs d'or, par John Scherer, traduction Raoul Bourdier. — Barba , 1855. In-4 à deux colonnes. {Panthéon populaire Uluslré.)
93. La Chasse au lion, par Jules Gérard. — Librairie nouvelle, 1855. In-12. avec 11 vignettes.
Grayure de Predhomme, Riault, Potey.
94. Géographie universelle, de Malte-Brun. — Barba, 1856. 6 vol. in-4 à deux colonnes.
Une partie des bois ont été employés de nouveau pour illustrer :
Géographie du Théâtre de la Guerre , par Malte-Brun ,
Les États-Unis et le Mexique, par Malte-Brun, 1862.
La France et la Prusse , par Ém. de la Bédollière , 1868.
95. Mémoires d'un jeune Cadet, par Victor Perceval. 1856. Avec 48 vignettes.
96. La France en Afrique et F Orient à Paris , par B. Gastineau. — Barba , 1856. ln-4.
97. Le Page du duc de Savoie , par A. Dumas. — Dufour, 1856. In-8.
98. Œuvres de Lord Byron . traduites par Louis Daine . illustrées par Doré. Mettais. Bocourt. Bry, 1853 (?). in-4.
Gravure de Sotain et Duniont.
99. LA LÉGENDE DU JUIF-ERRANT. — Michel Lévy (imprimerie de J. Best), 1856. Grand in-fol.
Gravure de Rouget, .Jahyer, Gauchard.
Le chef-d'œuvre de Doré dans le genre fantastique, comme les Contes drolatiques le sont dans le genre comique.
Jusqu'ici cependant, le Juif-Errant , même en première édition (1856), ne se paie pas un prix élevé.
Il manque des exemplaires sur papier spécial et rare, pour exciter les convoitises des bibliopliiles.
Et puis le format est formidable.
Ce fut la tendance de Doré d'aller, en illustration comme en peinture, aux grands formats. Les éditeurs s'y prêtèrent. Au point de vue bibliophile, c'est regrettable. L'in-folio n'est plus dans nos mœurs. Nous manquons de place. Peu de personnes ont des bibliothèques assez vastes pour y placer les grands volumes de Doré. D'ailleurs, comme on imagina de les recouvrir de cartonnages en toile gaufrée sans aucune solidité, ces volumes étaient incapables de se soutenir debout. Aussi les laissait-on généralement traîner sur les tables des salons. Ce n'est pas là la place des livres.
Nous avons vu plus liant que les bibliophiles n'hésitent pas à payer Doré fort cher, lorsqu'il se présente sous le format et l'épaisseur des Contes drolatiques sur chine. Ils accueillent, dans leur bibliothèque, tous les Doré de format raisonnable : le Capitaine Fracasse, le Roi des montagnes, etc., et se soucient moins de son Don Quichotte ou de l'Enfer. Ils recherchent le premier Rabelais , livre de format possible, et négligent celui de 1873, qui est in-folio.
Non- seulement l'in-folio est de maniement peu facile, mais il a d'autres inconvénients graves. Le papier étant sujet à piqûre, il faut le faire laver s'il a des taches, ou s'il n'en a pas le préserver par l'encollage , opérations fort chères pour des livres de ce format.
Enfin l'on n'ose pas risquer sur eux une reliure.
C'est une des parties les plus délicates de la science du bibliophile que de savoir mesurer avec tact l'intensité de l'effort pécuniaire à effectuer pour la reliure d'un livre donné. Toute dépense intempestive ou exagérée est , en cette matière, une perte sèche. Quelle somme faudrait-il dépenser pour habiller convenablement ces in-folios? Et en pure perte, car c'est un fait connu , que les livres modernes
ne 2)ortent pas les frais de reliure, comme disent les libraires. En d'autres termes : achetez une collection de livres modernes , même en exemplaires exceptionnels , faites-les relier, même raisonnablement et par le meilleur relieur, et remettez-les en vente : vous perdez l'argent de la reliure, (i)
Mais ne poussons pas plus loin cette digression bibliophile-mélancolique, et revenons à Doré.
Non-seulement celui-ci aimait le grand format, mais il rêvait d'illustrer une collection des chefs-d'œuvre de la littérature, en cent volumes in-folio !
Quoi qu'il en soit, si à l'époque du Juif-Errant Doré n'a pas eu le succès de vente et l'énorme popularité qu'il a obtenus depuis, il était déjà célèbre dans le monde des artistes et des amateurs ; qu'on se rappelle l'impatience avec laquelle ceux-ci attendaient la publication de l'Enfer dès qu'elle fut annoncée.
100. Le Chevalier Jaufre , par Mary Lafon. — Librairie nouvelle, 1856. In-8, avec 20 illustrations.
Gravure de Pisan, Jahyer, Rouget, Sargent, Piaud, Hildibrand, etc.
11 a été public à Londres, en 1869, une édition plus petite de Sir Geoffroy the Knight, avec des réductions des bois de l'édition française.
(1) Il est vrai qu'avec cette constante préoccupation de ne pas perdre leur argent , les bibliophiles en arrivent tout simplement à tuer Tart du relieur. Point de belles reliures sans une assez forte dépense.
On répondra qu'on réserve son argent pour les livres anciens qui ont besoin d'être habillés à nouveau , et sur lesquels on fait exécuter des copies d'anciennes reliures. Mais au point de vue de l'art, cet exercice est sans importance : ce n'est que de la restauration , de la restitution ; en un mot , de l'imitation.
Ce qu'il faut , c'est créer : c'est faire mettre sur des livres actuels des reliures dont la décoration toit entièrement nouvelle. Le collectionneur de livres du xix" siècle a là un rôle très important à jouer : qu'il le risque, au prix de quelques sacrifices pécuniaires. Et surtout, qu'il se cuirasse contre les arguments des ^' grands bibliophiles », qui feront des pieds et des mains pour le remettre dans la bonne voie , dans la tradition , — lisez , dans la routine.
101. FiERABRAS . par Mary Lafon. — Librairie nouvelle, 1857. In-8.
102. Nouveaux Contes des Fées, par M""' de Ségiir. — Hachette. 1857. In -12. avec 20 vignettes. [Bibliothèque y^ose.)
103. Un dessin pour Aline, de V.Vernier. — Dentu . 1857. In-12.
104. Les Compagnons de Jèhu , par A. Dumas. — Dufour, Mulat et Boulanger, 1858. Grand in-8.
105. Le Musée Français - Anglais (1855-1860) , journal d'illustrations fondé par Philipon et paraissant tous les mois a partir du 31 janvier 1855. En 1858 il modifia son titre et devint Le Musée Français.
Bois de Doré sur les sujets les plus variés : guerre de Crimée , physionomie du nouveau Paris , courses , bals publics, courses de taureaux, etc., le tout dessiné avec une exagération à la d'Artagnan et une furia juvénile vraiment curieuses. Plus tard Doré disparaît du journal , qui devient alors exact et ennuyeux.
Si Ton trouvait un exemplaire avec de très bonnes épreuves, ce journal serait à recueillir.
Pour les lithographies de Doré qui ont été gillotées dans le journal, voyez plus haut n" 73.