LA SOURCE , d'après Ingres. {Id
Le Cabinet des Estampes possède une épreuve de l'état d'eau-forte ; une autre a figuré à la vente Gaucherel.
Les épreuves exceptionnelles ont pour remarque un petit camée.
La Source est la plus populaire des estampes de Flameng.
Choisir dans Rembrandt ! Établir des catégories dans limpeccable ! Comme avec irrévéï-ence parle des dieux ce maraud! etc.
Cela dura deux siècles , montre en main.
Lorsque tout à coup il passe dans l'idée de plusieurs Rembrandtoyruphes d'éplucher les trois cent cinquante pièces , de les disséquer, d'y découvrir des faiblesses, de s'aviser que cet examen soulève ^> de graves problêmes -i, que Rembrandt avait des élèves , et devait par conséquent faire de la gravure d'ateUer, tout comme un graveur sur bois de nus jours. Immédiatement c'est à qui se mettra à passer l'œuvre du maître au ciible, à le vanner, à ne plus lui laisser que trois cents pièces , puis deux cent cinquante , puis deux cents , puis cent cinquante. Actuellement nous ne sommes plus qu a cent vingt pièces incontestées. Ça va bien !
Le piquant de l'affaire, c'est que tandis que les amateurs ont garde une sage réserve sur la question , le seul fait du doute dehait toutes les langues du côté des u hommes de science ». Il y a eu là une scène de vraie comédie : — Comment! les eaux-fortes de Rembrandt ne sont pas de Rembrandt?... mais alors il n'est plus besoin de se contraindre : mais ce sont des « drogues •, mais c'est >.' répugnant » [sic).
Les gros mots pleuvent; on bafoue « toutes ces femmes nues, toutes ces « têtes de fantaisie, tous ces griifonnis, d'une valeur d'art si pauvre, d un » travail si vulgaire et si médiocre », on vous conseille de vous en tenir aux pièces incontestables du maître , et de renoncer .< sans regret « aux pièces en litige, qui sont rares et chères; en un mot, on déclare qu'il faut ECHENILLER REMBRANDT (sic).
Nous en sommes là. Les iconographes se sont engagés à fond : ils ont parlé. Quelles têtes, le jour où on admettra de nouveau que les eaux-fortes de Rembrandt sont de Rembrandt !
Son succès a été très grand. C'est une petite planche charmante, très claire, où le graveur a modelé les chairs par un travail consistant surtout en points, et en laissant jouer au blanc du papier le rôle très important qui doit lui appartenir; — d'oii le mot célèbre d'un bienveillant confrère : « Ce que f admire le plus dans cette planche , ce sont les parties où le graveur n'a rien 'mis. » — Inutile de faire remarquer que cet éloge aigre-doux visait à emporter le morceau.
Flameng, s'il était méchant, aurait eu beau jeu pour répondre. N'est-ce pas, en effet, la rage d'en vouloir trop mettre qui est le défaut capital du burin moderne? On ne s'explique pas cet acharnement à se priver du blanc pur, c'est-à-dire d'un des cléments capitaux d'un art déjà limité en ressources. Galamatta, qui était cependant un maître, est le plus frappant exemple de cet excès. Tout trop noir., telle semble être sa devise. Aussi quel voile de tristesse pèse sur son œuvre ! Sa Source est sensiblement plus foncée que le tableau ; cependant c'est une planche dans laquelle il y a de bien belles parties . et où se sent toujours le tempérament de grand graveur.
Une révolution est nécessaire. Les graveurs qui sauront, de nouveau, laisser hardiment sa part au papier blanc, opéreront une véritable renaissance. Henriquel- Dupont , remarquons-le dès à présent, a donné l'exemple.