‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 2)Chapitre 81 sur 155 · Paysages divers · texte numérisé non relu

Paysages divers

47-49. Grand Chêne à St-Saphonn (Suisse); Jeunes Chênes en forêt; la Cathédrale de Lausanne, planches grand iiî-fol. (Keppel éd.) — 50. Un Châtaignier, in-fol. — 51. Lever de lune, Morbihan, in-fol. — 52. Coup de vent, Morbihan, petit in-fol. — 53-55. Fin d'une journée d'été ; Dans les champs ; Petits champs d'orge : Morbihan; grandes pi. (Keppel éd.), 1886. — 56. Le Cheval du charbonnier, Finistère, in-fol. —57. La Lande un jour de pluie, Finistère, in-fol. —58. Chemin creux dans la lande, in-fol. — 59. Chemin creux le soir, Finistère, in-fol.

FOREST (Eugène), né à Strasbourg en 1808 élève de G. Roqueplan.

Lithographies diverses.

L'Incendie (lith. de Senefelder).

Études d'animaux (id.).

Souvenirs d'un flâneur de Paris, titre et 10 lith. coloriées, genre d'Henry Monnier, in-8.

Album de charges à la plume sur Texpédition d'Alger, 1830. — Albums de jeux enfantins; Musée des enfants, etc.

Caricatures pour Aubert : Musée populaire.

Planches pour le journal La Caricature, en collaboration avec Graudville (voyez ce nom).

Caricatures pour le journal La Silhouette.

Lithographies pour L Artiste.

Deux lithographies pour Deux Réputations, de Saint- Macaire.

Sous le titre : Moralités cachées , par Bouchot et Forest, nous trouvons une nombreuse suite de lithographies à sujets grivois, avec des portes à découper et à appliquer sur le sujet. Nous en avons déjà parlé à l'article Bouchot. 11 y en a une suite de 50 p. , chez Aubert ; une autre suite de portes découpées , par Watier, chez l'éditeur, rue du Coq. Etc.

FORGUES. — Distribution des Aigles, 10 mai

FORSELL. — Voir la Description de V Egypte. — Un portrait de Lotds XVIIl , iii-8.

FORSTER (François), né au Locle en 1790, vint à Paris en 1805 et fut élève de Pierre-Gabriel Langlois et de l'École des Beaux- Arts. Premier grand prix de gravure en 1814 , décoré en 1838 , membre de l'Institut en 1844 en remplacement de Tardieu , officier de la Légion d'honneur en 1863, mort en 1872.

Forster est l'un des graveurs les plus renommés

du siècle. Talent considérable; maniement de burin ferme et élégant : correction glaciale , ( de sa personne, paraît-il , Forster avait Taspect raide et froid). Les amateurs d'estampes éprouvés, les passionnés qui aiment la gravure pour la gravure, apprécieront toujours ses beaux burins. Ceux qui aiment à chicaner et exigent absolument que les estampes donnent la sensation exacte , « religieuse » (^) des peintures originales , lui reprocheront d'avoir conduit de belles tailles « qui ont l'air de se montrer pour leur compte

(1) Cette question du c. respect religieux " des modèles est le cheval de bataille de la critique. Cependant le i> respect religieux ■■< n'est pas un critérium, mais un simple lieu commun. Tous les graveurs l'ont : le plus piètre ne commence pas une planche sans l'intention de reproduire religieusement son modèle. Le tout est d'y arriver.

Ce qu'il faut demander à la gravure , ce que les iconophiles cherchent , ce n'est pas tant le i. respect religieux o du peintre que la personnalité du graveur ; ce qu'ils estiment ce n'est pas tant une traduction mot à mot qu'une traduction savoureuse. On a défini l'Art : Homo addilus Naturœ , l'Homme ajouté à la Nature, ou plutôt ajoutant à la nature et la modifiant au lieu de la copier servilement. Eh bien , la gravure est un art , et non pas un succédané de la photographie ; pourquoi ce qu'on aime à sentir dans une estampe ne serait-il pas le Graveur ajouté au Peintre ?

L'amateur prend l'habitude de juger les estampes en dehors de tout rapprochement avec les peintures originales : par la vulgaire raison , d'ailleurs , qu'il n'a pas ces dernières sous la main pour comparer ; autrement il lui faudrait être perpétuellement en course dans tous les musées de l'Europe, ce qui serait peu pratique.

Un collectionneur nous exprimait un jour cette opinion sous une forme paradoxale. A force de regarder les estampes , ce sont elles qu'il arrive à considérer comme des œuvres originales : lorsqu'il va ensuite au Louvre et que, dans un tableau, il ne reconnaît pas son estampe, c'est le tableau qu'il invective et qu'il accuse de ne pas rendre religieusement la gravure !

Ne riez pas de ce passionné ! on reconnaît en lui le tempérament du collectionneur d'estampes, bien différent de celui du critique.

avec l'unique intention de se faire admirer », et d'avoir fait ce qu'un critique appelait malicieusement de la gravure « égoïste » et non de la gravure fidèle. Ceux , plus superficiels , qui demandent avant tout à l'estampe de les divertir, éprouveront devant son œuvre une impression de froid qu'ils mettront bien à tort sur le compte du procédé et qui tient à un homme et à une école. Sur dix personnes , d'ailleurs , il y en a neuf qui , l'apparence étrangère du nom aidant , croient que Forster est Anglais.

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