‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 3)Chapitre 181 sur 278 · MARCELIN · texte numérisé non relu

MARCELIN

dans La Vie Parisienne qu'il a fondée, le dessinateur spécial (le mot dessinateur est toujours un peu gros en pareille matière : c'est croquiste qu'on devrait pouvoir dire) de pages humoristiques sur la vie élégante. A lui l'homme et la femme du monde de 1860 , l'Opéra de la rue I.epelletier et les Italiens, les premières représentations et les soirées , les bals des Tuileries et les revues , les uniformes des guides et des chasseurs de la garde, les fêtes et les plaisirs, Bade et Trouville. De l'ensemble de ses mille croquis se dégage, malgré l'intention humoristique, une élégance du moment qui les rendra toujours intéressants (*).

Marcelin a publié un album lithographique : Le Tabac et les Fumeurs,

(1) Pour ceux , — bien entendu , — qui , dans l'estampe cherchent , nou le morceau de maître , mais le document qui replace sous nos yeux les hommes et les choses du temps passé, les fait renaître si bien que le collectionneur, avec ses portefeuilles , finit positivement par vivre à plusieurs époques à la fois. Cette sensation a son charme et captive.

Ils sont devenus singulièrement nombreux en ce siècle , les collectionneurs de l'estampe-document ; pour en citer deux des plus considérables . le Cabinet des Estampes et la Ville de Paris.

Marcelin l'était , il avait cent mille estampes : ce chiffre seul indique qu'il ne poursuivait pas . la belle épreuve « mais le renseignement.

.. 11 ne s'est jamais appliqué à compléter des séries, -^ a dit de lui Taine .■ et avec les belles gravures il en achetait de médiocres et même .. de mauvaises , les sachant telles : caricatures , lithographies de modes , « frontispices et vignettes, à une seule condition, c'est qu'elles fussent .^ significatives et suggestives; elles devaient toujours illustrer quelque * détail des mœurs , lui faire touciier plus à vif les gens d'autrefois

« Ce qu'il cherchait d'instinct, à travers les figures peintes ou gravées. . c'étaient les différences de l'homme aux différentes époques

,, Les choses vivantes lui étaient un spectacle comme les choses mortes,

MARCHAIS ('}, lithographe, né en 1818. — Tableaux religieux , de Lécurieux , Signol , etc.

MARCHAND (Jacques), né à Paris en 1769, graveur et lithographe , élève de Godefroy.

Sujets divers.

Ah! beaucoup vous critiquent, mais peu vous imitent : Bosio. — Cheval anglais partant pour la course : G.Vernet.

— Le Concordat, in-fol. — Napoléon P'' à cheval : Ghabord.

— Glodomir et Anatilde : Chabord. — Cours de paysage : J.-B.Coste. — Modèle de la valeur (petit profil de Napoléon); La Compagne du Laurier et l'Espoir de la France (Marie- Louise et le Roi de Rome). — Le Soldat laboureur, lavis , 1821. — Petits sujets au lavis, d'après M ""^ Marchand. — Il sauve son maître, lavis in-4, etc.

MARCHAND (M™' Cécile), femme du précédent.

n le présent lui apparaissait sous la même figure que le passé , c'est-à-dire " comme une estampe finale et fraîchement tirée , au bout d'une suite ■^ d'autres estampes plus ou moins vieilles et jaunies. La dernière représen- -> talion de L'Africaine à l'Opéra , le défilé des équipages hier au bois de n Boulogne , telle soirée dans un salon contemporain , telle revue des « troupes à Satory ou au Champ-de-Mars , venait s'ajouter comme une « variante ou un supplément aux scènes correspondantes qu'il avait vues « chez Eugène Lami et Tony Johannot , chez Moreau et Saint- Aubin , n chez Pérelle et Sébastien Leclerc , chez Callot et Abraham Bosse. «

Marcelin est bien l'homme de 1860 , du moment brillant du second Empire, ses personnages ont tous quelque chose de riche, de prospère, de satisfait , de joyeux. Passionné pour l'armée, le théâtre et le monde, il avait une esthétique qui le définit bien; dix fois, dans ses articles de Z,a Vie Parisienne , il nous a donné les noms de ses trois adorations artistiques : Horace Vernel , le ténor Mario, et Eugène Lami.

(1) Sous le nom de Marchais , lithographies de la Vie de Saint-Bruno , d'après Le Sueur, vers 1825 (chez Langlumé).

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