‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 3)Chapitre 214 sur 278 · Divers · texte numérisé non relu

Divers

M""' de Maintenon, in-8. — Vénus et Ascagne; L'Amour et Psyché : Debois-Fremont. — L'Amour endormi au fond d'une ooupe : Laurent. — Vénus blessée : Le Guide. — Jésus sur la croix : Duvivier. — Tête de St. Jean : Raphaël. — Deuxsujets: Schalken. — PI. pour le i?è^«eammaMe G uvier.

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L'ESTAMPE EN 1889. — Jamais l'Estampe n'a eu plus nombreuses et plus importantes occasions d'être placée sous les yeux du public que dans la présente année 1889. Loin de la tenir à l'écart comme un objet de second plan, il semble au contraire qu'on veuille s'occuper d'elle de plus en plus. G'est justice. Sans doute, à son apparition, l'Estampe joue un rôle modeste à côté des grandes manifestations de l'art, tableaux, statues, monuments : à vouloir

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exalter outre mesure son importance dans le présent, on passerait pour un original n'ayant qu'une case au cerveau. Mais vienne le temps, quelle revanche ! Tout passe, casse, s'efface, disparaît; et la feuille imprimée demeure , plus durable que l'airain. En somme, avec le cours des années, que restera-t-il de nous, de la Société dans laquelle nous vivons? Des estampes. Ceci justifie amplement ce qu'à première vue on pourrait trouver de forcé et d'artificiel dans la passion iconophile.

Comptons les expositions d'estampes depuis un an.

Troisième exposition de « Blanc et Noir » , dans le pavillon de la Ville de Paris au Gours-la-Reine. — Cette exposition a l'originalité heureuse de présenter l'estampe , non pas seule, mais coupée par d'autres éléments, dessins, etc. : le public se l'assimile d'autant mieux. Elle offre aussi certaines catégories d'estampes intéressantes qu'on ne retrouve pas ailleurs ; par exemple , tout ce qui se dessine et se grave pour les journaux.

Exposition de Peintres- Graveurs ., galerie Durand-Ruel. — Coup d'essai hardi et heureux d'un petit nombre d'artistes jugeant avec raison que la gravure originale, pour produire tout son effet, doit être vue seule, et non pas confondue avec la gravure de reproduction. Autour des promoteurs de l'exposition se groupèrent instantanément une vingtaine de français : Bracquemond , J.-L. Brown Buhot, Boilvin, Besnard, Chaplin, Chère t, Desboutin Fantin-Latour, Gœneutte, Guérard, Legros, Rodin, Tissot etc.; les anglais, les américains et les hollandais répondi rent aussi à l'appel : Seymour Haden, Miss Mary Cassatt Otto Bâcher, Parrish , Gh. Platt , Storm , Mathys Maris Witsen , Zilcken, etc. Là encore la gravure fut entremê lée de tableaux, dessins, pastels, qui réchauffaient l'aspect d'ensemble. Cette exi)Osition offrit ce caractère spécial qu'aucun contrôle ne fut exercé à l'admission, et aucune limite imposée : chaque artiste organisa son envoi à ses risques et périls. L'expérience prouva que si cette liberté a l'avantage d'empêcher toute proscription , elle a un grave danger : le manque de proportion dans les envois. Règle générale : un artiste ne sait pas choisir dans son œuvre. Certaines pièces étaient d'une excentricité plus propre à faire cabrer le public qu'à l'amener à la gravure originale :

ce qui fit dire qu'il y avait dans Texposition le côté artiste et le côté « fumiste ». Qu'importe ? Ce <,< contre-salon » comme on l'appela, bien que hâtif et impi'ovi-sé, n'en eut pas moins un résultat positif : il détermina dans la presse une campagne unanime en faveur de la gravure originale , et l'on peut dire que c'est de là qu'un certain nombre d'estampes sont sorties consacrées œuvres de premier ordre : le Cardinal Manning de Legros , le Victor Hugo du sculpteur Rodin ., la Jeune mère tenant son enfant^ pointesèche de Miss MaryCassatt, la Mavourneen deTissot, L'Homme à la pipe de Desboutin, une Tête de jeune fetnme de Gœneutte , la Matinée d'hiver au quai de l'Hôtel Dieu de Buhot, la Marée basse à New-Brunswick de Platt, etc

Exposition des œuvres de Barye , à l'école des Beaux- Arts. — On n'avait pas oublié d'y placer les quelques lithographies de la main du célèbre sculpteur. Ceci est un signe de la tendance à ne plus négliger l'estampe, sous quelque forme qu'elle se présente.

Exposition de V œuvre de Desboutin , galerie Durand- Ruel. — Rien de tel que ces expositions monographiques pour faire connaître un graveur, sinon de la masse du public, du moins du petit nombre d'hommes qui ont intérêt à le connaître. (Des iconographes, spécialement. Ce sont pour eux des travaux tout faits). — Notons, à cette occasion que, cette année, Knœdler fera l'exposition de Tissot, et Keppel celle de Lalanne.

Salon. — Dire que le Salon place l'Estampe sous les yeux du public serait optimiste : le public s'abstenant d'entrer dans les salles de gravure du Palais de l'Industrie. Impossible de regarder du blanc et du noir quand on sort de l'immense capharnaûm de la couleur. La gravure est reléguée , là-bas , là-bas , dans les dernières salles , en culde-sac. Peu élégamment exposée d'ailleurs, plutôt entassée : les pièces quelconques y étouffent les bonnes, et ce défaut ne fera que croître avec le temps. 11 y a là-dessous des questions d'ordre intime. La tendance des électeurs est , naturellement, de choisir des jurés faciles ; la tendance de ceux-ci , de créer le plus d'électeurs possible en vue du suffrage « universel » de la médaille d'honneur. Nous avons actuellement des graveurs et des graveuses de seize ans.

IX n

Ils ont leur importance, au vote. Mais pourquoi appeler universel un suffrage qui est le pur modèle du suffrage restreint : celui d'un corps peu nombreux et spécial élisant après conciliabules et dans un intérêt personnel? Ce qui rappelle à s'y méprendre les élections fameuses des officiers de la garde nationale. — Mais ceci n'est point notre affaire, à nous qui ne sommes pas graveur. Nous faisons simplement partie du public, et comme tel nous n'avons que notre place au parterre. Ce que nous pouvons précisément constater, c'est le détachement absolu du parterre, c'est l'indifférence radicale du public rapidement survenue pour toutes les questions qui concernent l'administration intérieure de l'Art par les artistes : élections, jurys, comités, récompenses , médailles , réclamations , protestations et autres affaires de famille, — même la médaille d'honneur, dont certains symptômes annoncent la banalité prochaine. L'adresse grande des artistes a été d'arriver à identifier subtilement deux éléments si distincts : — l'administration matérielle, d'ailleurs irréprochable et prospère, — et l'administration des intérêts de l'Idéal, dégénérant à bref délai en simple soin d'intérêts personnels. Mais le public, qui ne peut s'intéresser qu'à la question d'art, devait forcément se dégager du reste.

Revenons vite à nos gravures. Il faut avoir l'amour de l'estampe chevillé dans l'âme pour aller faire la chasse à la belle pièce dans le chaos du Salon ; mais ceux qui l'ont ne passeront jamais une année sans y trouver au moins un morceau remarquable : c'est là l'intérêt , et il n'en faut pas davantage pour entretenir la prospérité d'un art. Cette année, par exemple, le Salon nous offrait la planche d'Achille Jacquet, La Fondatrice de tordre des Petites Sœurs des Pauvres, d'après Cabanel; celle d'Alphonse Lamotte, Les Etats-Généraux, d'après Dalou, etc.

Histoire de V Estampe, (dans l'exposition générale de l'Histoire du Travail), à l'Exposition Universelle, palais des Arts Libéraux. — Cette exposition , montrant, par un petit nombre de spécimens précieux , les divers procédés de gravure depuis les origines jusqu'à nos jours, a été organisée par M. Duplessis.

Histoire de V Affiche illustrée (dans l'Histoire du Travail), à l'Exposition Universelle. — Organisée par M. Maindron.

Le seul fait qu'une exposition de cette nature a pu être effectuée à côté de l'exposition classique de l'Histoire de la Gravure , montre combien la manière d'envisager l'estampe s'est élargie , et quels progrès a fait chez nos amateurs l'esprit d'éclectisme et de tolérance. — Ajoutons qu'une autre Exposition de V Affiche illustrée contemporaine vient d'être organisée avec succès, à Nantes, par M. Gustave Bourcard, au profit d'une œuvre de Charité. Quel chemin, l'affiche I Nous en sommes déjà à ce point qu'un marchand d'estampes, hier, achetant à un collectionneur un lot de cent soixante-dix Ghéret, le payait mille francs.

Exposition Universelle de 1889, partie décennale, — C'est le morceau capital de l'année. Les appréhensions que l'on pouvait avoir relativement au préjudice causé à la gravure par les procédés photographiques doivent tomber. Jamais les graveurs n'ont été plus nombreux. Ils sont trois cents à l'exposition de 1889, et la France seule en compte plus de la moitié (180). Mais on ne peut considérer la section française de gravure décennale sans examiner en même temps l'exposition suivante :

Exposition rétrospective centennale. — Réunion d'environ quatre cents estampes , choisies , en belles épreuves , parmi les plus remarquables qui aient été exécutées de 1789 à 1878. — Par une heureuse disposition matérielle, l'exposition centennale était contiguë à la décennale ; la réunion des deux formait la plus considérable exposition officielle de gravure qui se soit encore vue. Traitée avec une considération toute nouvelle , la Gravure , loin d'être reléguée dans des couloirs ou des impasses , avait reçu en partage six salles du Palais des Beaux- Arts, admirablement situées entre la peinture décennale et la peinture rétrospective française , en pleine circulation. Aussi a-t-elle reçu des visiteurs par dizaines de mille. C'est moins que la danse du ventre et les fontaines lumineuses, ou même que la peinture. Mais pour la gravure, c'est extraordinaire et nouveau.

L'ensemble de l'exposition de 1889 (décennale et centennale), nous montre à la fois l'état présent de l'art de la gravure et la manière actuellement officielle de considérer

les graveurs modernes. Pour saisir roriginalité de cette exposition de la lin du XIX" siècle, il faut prendre deux époques de comparaison, tout indiquées : le commencement et le milieu du siècle.

Un point heureusement hors de débat, c'est la position constamment supérieure de notre pays vis-à-vis de l'étranger. Au XIX" siècle la France est toujours pour l'art de la gravure le pays de conservation et d'initiation.

Ce qui est intéressant à suivre à travers le temps, c'est ce qu'on peut appeler la politique intérieure de la gravure. Comme pour la vraie politique , l'histoire du siècle se résume d'un mot : la marche vers la liberté , contre le despotisme de toute formule régnante. De là naissent toutes les luttes des partis que nous avons signalées à l'occasion : antagonisme de la taille rangée et de la taille libre , du burin et de l'eau-forte, de la gravure de reproduction et de la gravure originale, de la lithographie de lithographe et de la lithographie de peintre , de l'estampe solennelle ou d'encadrement et de l'estampe intime ou de portefeuille , etc.

Au début du siècle, le burin seul existe, et il n'existe que pour le travail académique. La gravure française du XVIII® siècle a été frappée à mort par le davidisme , l'eau-forte est assoupie, le pointillé tire à sa fin, le lavis se traîne dans l'imagerie, la gravure en couleurs agonise, le bois n'a pas encore été tiré de sa longue léthargie, la lithographie est à naître. La gravure « d'Histoire » a la situation d'une sorte de religion d'État, seule officiellement reconnue, et dont le Musée Français est la bible. Qui pourrait alors admettre qu'une adresse de magasin, (celle de la veuve Merlen), sera un jour considérée , non seulement comme une gravure, mais encore comme un chef-d'œuvre? qu'une estampe anecdo tique comme La Promenade publique se vendra six mille francs ? La gravure n'occupe toutefois qu'une place restreinte dans les préoccupations artistiques générales ; dans les Salons alors espacés les graveurs ne figurent qu'en petit nombre. Mais voici la distribution des prix décennaux : ce n'est pas notre mot Médaille d'honneur à l'Exposition Universelle, mais c'est la chose. Comment va juger un jury de 1810? L'Institut désigne pour la haute récompense une seule gravure : L'Enlèvement de Déjanire. Et de fait Bervic est le mieux qualifié des graveurs pour

être nommé à côté de David , Prud'hon , Gros , Girodet , Guérin, Gérard , Garle Vernet. dans cette liste de grands pris, une des plus « sensationnelles » du siècle. Et L'Enlèvement de Déjanire est le dernier « beau burin ». Après Bervic , la pratique de la belle taille pour la belle taille — qu'il ne faut pas identifier avec l'art de la gravure, — va se désapprenant; de nos jours il n'en reste plus trace . Sous la Restauration, la maestria fait place à la simple correction , au rangement académique exécuté par des graveurs quelquefois très habiles et qui ont assuré la conservation et le renom de notre gravure , souvent médiocres, quelquefois pires. Dans l'ensemble, une production brillante , à la prendre isolément; — de décadence, si on la compare, comme on en a le droit, aux précédentes époques de la gravure française ; un métier pesant ayant perdu la virtuosité sans gagner la liberté , surcoût dépouvu d'esprit et congelé dans le moule de la formule. Dégèlera-t-il? Voilà la question qui se pose aux alentours de 1825. Elle est inquiétante , et on s'en inquiète : témoin les rapports de Denon. Ces questions d'existence d'un art ne se résolvent jamais en quelques mois. Pour répondre , sautons trente ans.

(Une remarque en passant : un des graveurs les plus célèbres du siècle , le baron Desnoyers , n'a pas eu de médaille d"honneur, faute d'avoir eu l'occasion d'un grand concours. Moralité : ne pas juger les hommes uniquement sur les récompenses, puisqu'elles dépendent, non pas seulement du talent, mais des circonstances !)

L'exposition de 1855 a ceci de spécial que, n'ayant été précédée d'aucune autre , elle n'est pas simplement décennale , mais trentennale , montrant une réserve d'art accumulée depuis un tiers de siècle : les œuvres d'Ingres et de Delacroix qui font l'éclat de la section de peinture ; dans la gravure, l'œuvre d'Henriquel.

Dès l'abord, la question palpitante est résolue : la gravure n'est pas perdue , avec des graveurs comme Calamatta (que l'on comptait avec raison parmi les graveurs français ) , Forster, Jules et Alphonse François, Martinet, très remarquables dans le travail rangé ; de plus, il est prouvé qu'elle peut se renouveler, se revivifier d'elle-même, conformément à l'essence même de l'art français, qui est de changer. C'est le graveur de V Hémicycle qui le démontre: son travail,

libre sans désordre, clair, spirituel, bien français, porte un coup décisif h l'école acadéniiquo. Henriquel paraît là glorieusement ; aussi dans la sobre distribution des récompenses, recevra -t- il justement la médaille d'honneur unique : encore une des récompenses sensationnelles du siècle pour la gravure. On se rappelle quelles furent celles de la peinture : Ingres, Delacroix, Horace Vernet, Decamps, Meissonier. A côté d'Henriquel, Galamatta et Forster n'eurent que la médaille de première classe, avec le lithographe Mouilleron.

Le burin n'est plus seul au milieu du siècle : la commerciale aquatinte prospère , la lithographie brille de tout son éclat, le boisa pris un prodigieux développement ; l'eauforte renaît , du moins sous sa forme originale , car l'eauforte de reproduction ne se pratique pas encore. Mais pour n'être pas seul le burin n'en occupe pas moins une place dominante, c'est lui qui gouverne la gravure. On fait aujourd'hui, aux burinis tes d'alors, la réputation d'avoir été des jurés féroces, d'une sauvagerie à dévorer des graveurs crus. Rien n'est moins vrai. La preuve est qu'ils reçurent à l'exposition de 185.5 plus d'un burin sans valeur et d'une aquatinte nulle. On ne fait pas une exposition universelle, où prennent part plus de deux cents exposants, rien qu'avec des œuvres hors ligne. Puis', il y a un esprit de corps qui rend les jurés d'admission tendres aux hommes de leur spécialité. Les burinistes ont de la partialité pour les burins , comme les jurés de l'eau-forte ou du bois sont sans résistance devant les eaux-fortes ou les bois. Quant à l'aquatinte , c'est alors la bonne amie du burin. Gomme un lion débonnaire qui admet dans sa familiarité un toutou, le fier burin est plein de complaisance pour Tinoffensif graveur aquatintiste. 11 fait moins bon œil au peintre-graveur à l'eau -forte, dans lequel il pressent peut-être d'instinct l'avant-garde de l'invasion.

L'exposition de 1855 est encore le règne de la gravure de traduction , aussi bien dans la lithographie des Aubry- Lecomte, des Sudre et des Mouilleron, que dans le bois des Lavieille et des Lavoignat , aussi bien dans les aquatintes que dans les burins, et non seulement en France, mais partout : en Angleterre avec Robinson et Cousins , en Belgique avec Franck et Biot , en Prusse avec Mande!, en Suisse avec Girardet.

Détail affligeant : de tant de graveurs éminents, pas un

qui ait l'air de se douter de ce que c'est que « la belle épreuve » ! Le dernier coup de burin donné, ils abandonnent leur planche à son sort: et ce sort malheureux c'est d'être déshonorée par le tirage sur papier pâte, ou sur chine collé sur pâte. Pas un pour s'écrier : « Mais c'est hideux ! Ce papier est la calamité de la gravure du siècle ! Nous gravons des planches égales en art à celles d'autrefois , et le tirage leur donne fatalement un aspect commercial et inférieur, qui empêche tout net les amateurs de les placer dans leurs portefeuilles à côté des belles épreuves sur hollande du XVIP et du XVIir ! 11 faut à tout prix changer cela ! »

La coquetterie de « la belle épreuve », c'est par les graveurs à l'eau-forte qu'elle va renaître. Ce sont eux , et Delâtre, qui ont l'honneur de c/eftour^eoiser l'impression en taille-douce.

Car elle y a pénétré , l'eau-forte originale , à Texposition de 1855! Avec un bien petit nombre de pièces, mais topiques: les Chaumières normandes de Paul U\iet,V Abside de Notre-Dame de Méryon , le Battant de porte de Bracquemond. Un jeune critique, M. Georges Duplessis, eut le flair de les remarquer. Dans son compte-rendu de l'exposition de gravure de 1855 (Dentu, plaquette in-12), il dit que l'eau-forte de Paul Huet vaut un beau tableau, que Méryon est maître de son talent , que Bracquemond est le « graveur le plus original de ce temps , ayant du style, de la couleur et de l'idée, qualités qui suffisent pour faire un grand artiste. »

Mais, regardée avec les idées d'aujourd'hui, l'exposition du railieu du siècle nous présente une chose tout particulièrement curieuse : sa lacune , la lithographie des peintres, une des gloires de l'estampe française. Rien des Devéria , des Decamps, des Gavarni ou des Raffet ! 11 faut entrer dans l'esprit du temps : l'estampe originale est encore considérée comme en dehors de la gravure, ou même elle n'est pas considérée du tout, — à commencer par ceux qui la font et qui sont à cent lieues de penser à exposer.

Il eut provoqué la stupéfaction, ou plus simidement le fou rire, celui qui eût prédit qu'on pourrait être un homme plus considérable dans l'histoire de l'estampe en lithographiant des lorettes, des étudiants et des débardeurs qu'en burinant des vierges de Raphaël ; que bientôt, le baron Desnoyers restant un graveur de premier ordre, Gavarni monterait au

rang d'un des noms les plus prodigieux de l'estampe ; que Méryon occuperait dans l'art une place plus considérable que Galamatta, Dauuiier que P'orster, Devéria que Martinet; que l'on prononcerait pour Raffet le mot de « génie » ; que Daubigny et Jacque seraient appelés des graveurs et leurs œuvres décrits dans des catalogues raisonnes ; que le Ventre législatif figurerait sans scandale dans une exposition officielle, et que pour cette même exposition l'auteur du Battant de porte serait le rapporteur du jury de gravure !

Gomment expliquer une si subite et considérable évolution? Par un fait bien simple. L'estampe du XIX® siècle va passer au nombre des objets qui se collectionnent. Dès lors elle n'aura plus pour juges le seul Institut ou les seuls graveurs, mais aussi le public amateur qui, lui aussi, fera les réputations et dans un sens nouveau. La critique d'art, dont le développement va être si considérable, s'emparera de la question, et se portant d'un côté imprévu, mettra en lumière des maîtres à côté desquels on passait sans les voir. L'estampe moderne sera découverte, recueillie , expliquée , cataloguée par les Baudelaire, les Concourt, les Ghampfleury , les Burty , les de Lacombe , les Giacomelli , les Mahérault , qui chercheront dans l'estampe la modernité , la vie , la couleur, la saveur, la liberté , l'individualité , le primesaut. Les collectionneurs , — cette espèce a des goûts étranges, n'est-il pas vrai? — admettront et feront admettre que des couvercles de boîtes de dragées , signés par Prud'hon, sont des gravures bien plus que que les burins de Bridoux ou les manières noires de Gornilliet ; ils diront, et on les croira, que pour être françaises et du XI X^, les lithographies de Delacroix , les eaux-fortes de Millet , ne sont pas moins précieuses que si elles étaient hollandaises et du XVII ^; ils oseront, — et on les approuvera, — appeler estampes et mettre dans des portefeuilles de gravures des images coupées dans des bouquins romantiques, des vues enlevées à des atlas pittoresques, des caricatures du Charivari, des feuilles de militaires prises dans des albums du jour de l'an , des affiches arrachées aux murs ! Et cependant, ce ne sont point des révolutionnaires : ils ne brûlent pas ce que les anciens juges officiels ont adoré. Mais ils adorent à peu près tout ce que ceux-ci ont brûlé. Résultat final : un bénéfice immense : le fonds de l'estampe française du XIX' siècle est décuplé 1 Sautons encore

trente ans : l'exposition centennale d'aujourd'hui n'est pas autre chose que la constatation officielle de ce résultat.

Les expositions d'État avaient toujours été des expositions de graveurs, l'exposition centennale de 1889 est une exposition d'amateurs. Toute la différence tient dans ces deux termes. La centennale de 1889, c'est l'histoire de l'estampe du XIX" siècle refaite, dans une exposition d'Etat , suivant la large manière de voir à peu près générale aujourd'hui. C'est la fin d'un ancien régime d'idées ; nos estampes modernes ont conquis une liberté primordiale, celle d'être montrées quelle que soit leur espèce. A côté de ces belles gravures de traduction qui se sont perpétuées avec honneur en France, elle présente ce groupe d'estampes originales que l'art français du XIX*^ siècle peut fièrement opposer aux autres temps. Dira-t-on que l'estampe originale n'est pas , à proprement parler, de la gravure, qu'elle doit en être séparée catégoriquement , que ses procédés ne sont pas justiciables des graveurs , qu'elle ne forme qu'une variété du dessin , variété gravée qui relève des peintres. Soit 1 — Mais, en attendant, les peintres ne lui offrant pas l'hospitalité, les graveurs la mettant à la porte (ou , ce qui revient au même , au sixième étage au-dessus de la cimaise), elle risquerait de coucher à la belle étoile , si les esprits éclecûques ne lui trouvaient un logis. Oii est , d'ailleurs , la démarcation précise ? L'estampe originale englobe les plus célèbres des graveurs proprement dits : Henriquel avec son portrait de Sauvageot , Gaillard avec celui de Dom Guéranger.

La centennale a été réalisée sur le même plan que l'Exposition faite précédemment dans la salle Petit , c'est-à-dire qu'au lieu de présenter en développement l'œuvre d'un petit nombre de graveurs, elle présente en spécimens l'œuvre d'un grand nombre d'artistes, attestant ainsi la permanence, la fécondité et la variété de l'estampe française.

Il est bien entendu que ce ne peut être qu'une exposition d'estampes du siècle, et non /'exposition des estampes du siècle. De même que d'une façon plus générale l'ensemble de l'exposition centennale n'est pas l'exposi ion de l'art du siècle, mais l'exposition d'un certain nombre d'œuvres de l'art du siècle. L'exposition de l'art du siècle est infaisable , tant il y a d'art dans le siècle. Elle remplirait à elle seule plus que le Champ-de-Mars : çn toute équité il y faudrait

transporter, avec tous les beaux tableaux et toutes les belles sculptures, dos objets de la dimension de VArc-de- Triomphe, qui lui aussi fait bien partie de l'art du siècle. En estampes les pièces seraient par milliers. Gomment prétendre , avec une demi-douzaine de morceaux , représenter véritablement riavarni , pour qui c'est précisément l'ensemble de l'œuvre qui est le morceau ? Restreignons donc le titre de l'exposition centennale de 1889 : disons qu'on a exposé ce qu'il a été possible de se procurer , non ce que l'on pourrait estimer théoriquement qu'il eût été désirable de se procurer, et toute critique tombe devant cette réunion de tableaux, sculptures, dessins, projets d'architecture , estampes , dont le succès a été immense.

Il est encore bien entendu que les spécimens d'estampes ont été choisis en toute impartialité, sans aucun esprit de réaction , avec le désir intime de présenter chaque artiste au jilein de sa valeur, qu'il soit graveur ou peintre-graveur, — qu'il soit burin , eau-forte , pointillé , couleur, pointesèche, lithographie ou gravure sur bois, histoire, paysage ou vignette ; — qu'il soit Bervic , Boissieu ou Debucourt , Desnoyers, Aubry-Lecomte ou Géricault , — Jazet , Lavoi gnat ou Bléry, — Henriquel, Gélestin Nanteuil ou Meissonier, — Tony Johannot, Gustave Doré ou Edmond Morin, — Gaillard, Jacquemart ou Méryon. D'ailleurs, point de mélange hétérogène, mais une simple juxtaposition : à chacun sa place. D'un côté les graveurs aux belles œuvres de longue haleine : les Tardieu, les Massard, les Morel , les Lignon , les Forster , les Galamatta , les François , les Bertinot ; de l'autre les peintres-graveurs aux .savoureuses miprovisations : les Paul Huet, les Marilhat , les Français, les Saint-Marcel, les Gorot, les Daubigny, les Bastien- Lepage, les Bonvin. La fusion, l'embrassement général, s'opère seulement dans le catalogue, livre d'or des noms de l'art du siècle ( consécration plus que superflue pour la plupart , mais réparation pour plus d'un), qui demeurera le souvenir durable de cette exposition séculaire.

Voici donc l'estampe vivante et variée dans le passé. Et présentement , quelle est sa situation ? L'exposition décennale va répondre.

A l'exposition de la fin du siècle, l'estampe nous apparaît fort vivante , en dépit de tous les horoscopes de moi't portés sui' elle à la venue des procédés photogi'aphiques : les

artistes qui la produisent sont plus nombreux que jamais. On ornerait magistralement un cabinet d'amateur avec les pièces de mai'que de l'exposition décennale : là, du moins, on pourrait fondre dans un ensemble harmonieux et probant , sans se préoccuper de leur mode d'exécution, des œuvres qui, à l'exposition sont forcément dispersées par la nationalité, et dans la section fi'ançaise, par la séparation en genres.

L'art du burin , de l'instrument de gravure par excellence, sans rival pour la force d'exécution, ce bel art dont la conservation est un point capital, s'est maintenu, avec Alphonse François, Bertinot, Blanchard, Achille Jacquet , Jules Jacquet, Didier, Lamotte. Le « beau burin » certes , n'existe plus : il est acquis , n'est-ce pas ? que personne aujourd'hui ne serait capable de refaire Y Enlèvement de Déjanire. La situation n'en est pas plus mauvaise ; voici les burinistes hors d'état de trouver quelqu'un qui leur apprenne à faire de la belle taille académique et acculés à ce dilemme : ou péru- dans un métier sans brio, ou faire leur éducation eux-mêmes et dégager des manières nouvelles , chacun suivant son inspiration. Vraie délivrance , cette fin de la dictature de la taille « militaire »! Ce despotisme du rangement , du losange , de la première et de la seconde, du travail couvrant et éteignant tout le papier, a été la plaie de la gravure du XIX'' siècle. Meure donc la fameuse « discipline » et vive l'originalité ; l'avenir de la gravure est à ce prix. Et précisément , un gTaveur s'est trouvé pour se créer une manière, aussitôt il a été un grand graveur : c'est Gaillard ; il est de ceux qui assurent à l'art français une prééminence incontestable. Gaillard se piquait de ne pas graver, mais de dessiner avec des tailles. D'autres suivent son exemple : Burney, Gaujean. Sommes-nous à la veille d'une renaissance : le burin va-t-il entrer dans ce mouvement irrésistible qui entraîne actuellement la gravure vers le pittoresque et la liberté ?

L'évolution vers la couleui", c'est le trait dominant de l'histoire de la gravure dans ces dernières années. L'agent de cette évolution est ce que le public appelle la gravure à l'eau-forte, ce que nous appelons la gravure en tailles libres. L'eau-forte, qui à l'exposition de 187S arrachait ses lettres de grande naturalisation avec Jacquemart , semble aujourd'hui à l'apogée du développement. L'exposition de 1889 est l'exposition de l'eau-forte , non seulement en France, avec nos Bracquemond, nos Ghauvel, nos Boilvin, nos Courtry,

nos Rajon, nos Lerat , vingt autres, mais encore en Angleterre, en Allemagne , en HoUaiido. OU fut le point initial du mouvement? Dans la résurrection et le succès de notre eau-forte originale. Bracquemond , dans son rapport, met en lumière ce fait curieux : les procédés da toute sorte essayés par les peintres qui s'amusent à graver sont officiellement con.sidérés, et avec raison, comme n'étant pas de la gravure ; or, voici que ces procédés qui ne sont pas de la gravure, un graveur, — élève de Rome, s'il vous plaît, — s'en empare . et se les appropriant avec une extrême maestria, il en fait des //rauwes dune célébrité aujourd'hui universelle ! c'est Waltncr. Et ces procédés sont si tentants que, France ou Etranger, chaque pays nous montre actuellement des graveurs faisant du Waltner.

Ce triomphe de l'eau-forte est aussi celui de « la belle épreuve » ; les graveurs à l'eau - forte savent quel rôle jouent dans l'estampe les questions de papier et d'impression. Les mauvaises langues disent qu'ils le savent trop. Laissons-les dire. Mais , pour sijr, les burinistes ne le savent pas assez, attachés comme le lierre à leur camelotte de papier pâte et à leur tirage sur chine , cet opprobre. Nous ne sommes pas plus avancés qu'en 1820. Sur pâte , L'Homme à Vœillet ; sur pâte, hélas ! le Dom Guéranger ; tout sur pâte : Ah ! qu'un tyran est dur à abattre !

De l'eau-forte, il ne faut connaître que les maîtresses pièces. La tête est remarquable , mais quelle interminable queue ! Les abus sont inévitables. Gomme la gravure remorquait auti*efois la troupe des burins de pure mécanique, elle traîne aujourd'hui à sa suite celle des eauxfortes de pur barbouillage. Qu'importe ? l'exquis seul compte.

Il y a d'ailleurs une compensation : l'estampe d'encadrement à l'aquatinte, oi'gueil des antichambres et des salles à manger sous Louis-Philippe , a absolument vidé la place. Que la terre lui soit légère !

Le bois est extraordinaire. 11 e.st sorti, — ou si l'on veut, la force des circonstances l'a fait sortir — de son vrai rôle , la gravure au trait , qui doit se marier avec un texte typographique, pour en venir à la gravure des teintes. Le bois a l'auiljition de produire cette chose d'envergure que le public appelle spécialement « des estampes >> : on lui demande ce qu'on demandait autrefois à la taille-douce ; s'il en recevait la commande, c'est lui qui essaierait de refaire l?i Déjanire.

(Et chose curieuse, grâce à la souplesse spécifique du bois, un bon ouvrier pourrait réussir le trompe -l'œil de ce qu'il a fallu être Bervie pour graver sur le cuivre ! ). Dans cette voie, nos graveurs,— j'entends les artistes qui gravent vraiment de leurs propres mains, — exécutent de véritables tours de force, Pannemaker en tête, et avec lui Baude, Léveillé, Bellenger, etc. Lepère nous donne avec talent un art nouveau , la gravure sur bois originale.

La lithographie, avec les Sirouy et les Lunois, est toujours existante, en attendant que les peintres la reprennent en main pour la reporter à un haut degré d'intérêt. Cette renaissance d'un art original est dans l'air, que tarde-telle? E]n attendant que le mouvement soit général, la lithographie de peintre n'est pas sans offrir d'intéressants morceaux : les poétiques visions de Pantin -Latour, les élégantes fantaisies de Jules Chéret.

Encore une liberté conquise : la liberté de l'exposition, — et de la cimaise, — pour l'estampe originale. 11 était temps de montrer sans rougir nos Meissonier, nos Millet, nos Jacque, nos Méryon, nos Buhot. Les étrangers ne font pas tant de façons pour exposer avec développement et avec goût leurs Seymour Haden, leurs Whistler, leurs Strang. Enfin la chose est faite. Plus même, un dernier pas est franchi : l'eau -forte originale a conquis devant le jury la liberté des récompenses , y compris les plus hautes.

Depuis les grandes récompenses obtenues par Bervie et Henriquel , la médaille d'honneur a cessé d'être unique. En 1867 on en donne deux, à Alphonse François et h Keller. En 1878, trois, à Huot , à Redlich et à Jacquemart ; ce dernier était digne d'une grande médaille unique. En 1889, sepl, sans compter les mises hors concours.

On sait ce qui est arrivé pour les récompenses des Beaux- Arts en 1889. Point de limite comme nombre, la bride sur le cou aux jurys , composés en majorité d'artistes , qui prirent le parti de médailler du petit au grand tout un chacun de leurs confrères. Cris, réclamations, protestations , lettres , refus indignés ou méprisants , véhéments ou comiques ; dans la presse un persifflage général , dans le public l'indifférence totale. Le public ne lit pas deux mille noms en vingt colonnes de l'O/^ïcieZ. Devant une chaîne de montagnes il n'a qu'une idée : quels sont les plus hauts pics? devant un palmarès : quels sont les noms culminants?

Mais en 1S89, par un scrupule honoi-able, les membres du jury s'étaient exclus de la médaille d'honneur ; or, les noms les plus marquants de l'art étaient à peu prés tous dans le jury : l'intérêt de la médaille d'honneur tombe. Quant aux médailles inférieures, elles n'ont jamais été un dosage sûr de la valeur des hommes, même du temps des récompenses limitées. Relisez la liste de 1855 ; dès qu'on sort des grandes médailles des Ingres , des Delacroix , des Meissonier, que d'incertitude, d'arbitraire, et d'erreurs de diagnostic ! Pour nous, nous avons déjà dit que nous refusions de juger les graveurs sur leurs brochettes de médailles

A regarder de près, cependant, la méthode de la récompense universelle adoptée par les jurys de 1889 aboutit à un résultat rationnel, philosophique même, et il est surprenant qu'aucun critique n'ait songé à le dégager. Distribuer à tous les artistes des récompenses de six ordres gradués, dresser l'échelle de l'art en assignant à chacun son échelon , c'est en réalité, substituer aux récompenses les cotes usitées pour les examens des écoles ; si l'on veut un terme de comparaison plus usuel , c'est établir dans les artistes des qualités, tout comme dans les chocolats: extrafin (hors concours, membre du jury); — surfin (grand prix); — troisième qualité ( diplôme d'or ) ; — quatrième ( diplôme d'argent) ; — cinquième (diplôme de bronze) ; — sixième (diplôme de papier, mention honorable). Le douteux est de savoir si les cotes inférieures sont désormais une récompense. Mais voyez les illusions des hommes et la magie des mots ; dites à un artiste qu'il a été jugé de sixième qualité, il sera navré, ou furieux ; — dites-lui qu'il a obtenu une mention honorable, il est heureux. Heureux du bonheur très relatif de ne pas être dans la septième qualité, celle des dédaignés que dans cette distribution quasi-générale on a laissés , on ne sait pourquoi , s'en aller comme dans la chanson de Malbrough : sans rien , et constitués à l'état humiliant de résidu.

Dans cette affaire, le jury de gravure s'est fait remarquer par une extrême sobriété relative ; pour si peu nombreux que fussent ses membres, comme l'élément-graveur, au lieu d'être seul, y était accompagné de l'élément-Institut , de l'élément-peintre et même de l'élément-amateur, il lui était plus facile d'éviter le débordement.

On se demande à qui aurait été donnée la médaille d'honneur unique , s'il y en avait eu une. A Ferdinand

Gaillard ? Inutile curiosité. La mort l'a mis , hélas ! hors concours , et d'autres avec lui. D'autres noms célèbres de la gravure actuelle, Bracquemond , Waltner, Flameng, sont encore hors concours, comme étant dans le jury. C'est après ces considérables défalcations que sont donnés les grands-prix. Le burin en obtient un avec Achille Jacquet ;

— l'eau-forte trois avec Boilvin , Ghauvel et Kœpping ;

— le bois , ceci est nouveau , est jugé capable d'obtenir un grand prix , avec Pannemakor ; — enfin , s'honorant par un vote éclairé et réparateur, le jury décerne unanimement la haute récompense à Charles Jacque, le doyen de l'eauforte originale française ; à Seymour Haden , le champion de l'eau-forte originale anglaise. L'estampe de portefeuille est encore récompensée sur d'autres noms.

Si ce verdict doit être le dernier du siècle, c'est bien finir

Et maintenant : l'Estampe a-t-elle un brillant avenir? On peut le croire fermement, à la voir aujourd'hui si vivante et si libre. Mais pour reporter à nouveau un juge ment , on doit désormais lui laisser le temps d'évoluei-, et Tart n'évolue point en un an, d'un Salon à l'autre Patience. 11 faudra reparler de cela en 1920.

pages

Laemlein 5

Lafage 8

Lafage-Laujol 8

Lafitte 8

Lafond 8

Lafosse 9

Laguillermé 13

La Guillermie 13

Laindor 15

Laisné 15

Lalaisse (Charles) 15

Lalaisse (Hippolyte) 15

Lai.anne n

Lalauze 23

l.ALE 29

Lallemand 29

liAI.UYÉ 29

Lambert frères 29

Lambert (Eugène) 31

pages

Lami 81

Lamotte 40

Lamy 42

Lancelot 42

Lançon 43

Lancrenon 46

Landon 46

Landrin 47

Langeval 47

LanGLOIS frères 47

Langlois de Pont de l'Arche 47

Langlois (Philibert) 49

Lansyer 49

La Pinelais 49

Laplante ou Delaplante 50

Laplante (Charles) 50

Laporte 50

Larbalestrier 51

Larcher 51

Larivière 51

Laroche 51

Lasnier 52

Lassalle 52

Lassouquère 54

Lasteyrie (Le Comte de) 54

Latouche 56

Laugée 56

Laugier 56

Launay (Robert de) 58

Launay (G.) 59

Launois 59

pages

Laurence 59

Laukens (Jules) 59

Laurens (J.-B.) 61

Laurens (Jean-Paul) 62

Laurens (Pauline) 62

Laurent (Pierre) 63

Laurent (Henri) 63

Laurent (Jean-Antoine) 65

Laurent (Félix-Paul-Simon) 65

Lauvergne 65

La VALLÉE 65

La VIEILLE 65

Laviron 67

Lavoignat 6T

Lavrate 69

Lazerges ^o

Lebeau ^o

Leblanc Tl

Leborne 12

Lebour ^2

Lebrun ^3

Lecarpentier "3

Lecerf ^3

Leclerc (Auguste) 73

Leclerc (Edmond) 74

Leclère T4

Lecceur 74

Lecomte (Hippolyte) 74

Lecomte (Narcisse) 75

Lecouteux 77

Lecouturier 79

pagos

Lecurieux Tj

Ledoux 80

Leenhoff 80

Lefebvre 81

LefÈvre (Hubert) 81

LefÈVRE (Achille) 82

LefÈ\-RE (Ernest) 83

LefÈVRE -Marchand 83

Lefils 83

Lefman 84

Lefort 84

Lefranc 86

Lefrancq 86

Legénisel 86

Legentil 86

Léger-Chérelle 87

Léger-Larbouillat 81

Legrand (Paul) 81

Legrand (Auguste) 8T

Legrand (Meiie Eugénie) 8T

Legrand (Louis) 88

Legrip 'J2

Legros (Jean-Louis) 92

Legros (Alphonse) 93

Leguay (Etienne) 105

Leguay (Eugène) 106

Lehmann 106

Lehnert 106

Leisnier im

Lejeune (Le Général baron) 108

Lejeune (E.) 108

pages

Leleu 109

Leleux (Adolphe) IO9

Leleux (Armand) 1 1 0

Leloir 110

Leloir (Louis) 110

Leloir (Maurice) 111

LÉLU 113

Lemaire (Louis) 114

Lemaire (M""* Madeleine) 114

Lemaître (Augustin-François) 114

Lemaître (M""" Anne-Clara Clément, née) 115

Lemercier 115

Lemoine (Auguste) 117

Lemoine (Alfred) 1 H

Lemoine (Charles) 118

Lemud (Aimé de) 118

Lemud (Ferdinand de) 130

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