‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 3)Chapitre 61 sur 278 · LAVIEILLE · texte numérisé non relu

LAVIEILLE

raUes de l'Histoire de France (par Michelant, 120 vignettes de Victor Adam, 1845, chez Didier), les Contes Drolatiques de Balzac illustrés par Doré; gravures pour le Magasin Pittoresque, V Histoire des Peintres. — Les 118 bois du Poulailler de Ch. Jacque.

Il faut juger La vieille sur ses bois des Français peints par eux-mêmes^ sur son Album de sujets rustiques (les douze mois) gravés pour V Illustration d'après Cb. Jacque, 1859, en douze grandes feuilles ; — et sur Les quMre Parties du Jour., scènes rustiques d'après Millet.

LAVIRON (Gtabriel), peintre, critique d'art, auteur de plusieurs Salons, collaborateur de L'Artiste, tué en 1849 au siège de Rome.... mais point dans les rangs français. — Vue de Bicêtre et de la route d^ Italie, lithographie (L'Artiste) . — Deux vignettes de Gigoux , gravées pour VÉcuyer d'Auheron de Mélanie Waldor, 1832. — Job ou les Pastoureaux et Audefroy le Bâtard, par Francisque Michel , 1832 , vignettes par de Triqueti et Gigoux. Ouvrage rare.

LAYOIGNAT (Hippolyte), de Laon, qui exposa quelquefois comme peintre de paysages, de 1848 à 1859, fut, de son vrai métier, un des plus remarquables graveurs sur bois du xix^ siècle. Le nom

de Lavoignat est même celui qui caractériserait le mieux un moment de la gravure sur bois moderne, le moment qui succède à la résurrection du bois et à l'épanouissement des vignettes romantiques , au « bois mil huit cent trente » de Best , Cherrier, Porret, et qui précède la gravure d'interprétation , le « bois mil huit cent soixante » de Pisan et des Pannemaker.

Les vignettes gravées par Lavoignat apparaissent dans les livres illustrés à compter de 1835, Molière et Don Qîcichotte de Johannot, Lettres d'Âhailard et d'Héloïse de Gigoux. Dans le Paul et Virginie de Gurmer, Lavoignat est un des rares graveurs français employés : il grave notamment le portrait de M"^^ Curmer qui devait servir de cul-de-lampe linal et qu'on appelle en librairie la bonne femme.

Vignettes pour Paul et Virginie, édition miniature : Paris, Masson, 1839. — Titres pour Galeries historiques de Versailles, pour V Histoire des villes de France, d'Aristide Guilbert. — Un portrait en pied de Béranger, etc.

Nombreux bois d'après Raffet pour V Histoire de Napoléon de Norvins, L'Algérie de L. Galibert, le Voyage en Crimée, etc. Ils sont à examiner en détail, et de près.

Les Mystères de Paris, par Eugène Sue : Gosselin, 1843-1844; 4 vol. gr. in-8, avec une illustration hybride comprenant de jolies eaux-fortes de Gh. Jacque et autres; de mauvaises planches sur

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acier qui ressemblent à des gravures de modes, et de très nombreux bois d'après Daubigny , Trimolet, Staal, etc., etc., gravés en majeure partie par Lavoignat. Ouvrage recherché.

A cette date Lavoignat a pris toute son importance ; il est un des principaux graveurs de Fadmirable illustration du Journal de VExjpédlUon des Portes de Fer.

Enfin, dans deux ouvrages particulièrement précieux, il porte à un haut degré de perfection, de finesse et d'esprit la gravure de vignettes en fac-similé ; c'est à lui que nous devons les bois d'après Meissonier pour le Lazarille de formes (1846), et, toujours d'après Meissonier, la suite complète des trente-quatre illustrations des Contes Rémois (1858), qui fait époque dans l'histoire de la gravure sur bois.

Citons encore deux bois très intéressants : Le Corps de garde, et Les deux Joueurs, d'après Meissonier, [Magasin pittoresque, 1846-48).

Lavoignat fait partie de la série des hommes de talent à qui l'on n'a pas donné la croix.

LAVRATE, caricaturiste et lithographe. — Nos bons Villageois; La Bible pour rire, etc. — Longtemps on a vu affichées à tous les kiosques les caricatures du Monde Plaisant, d'un dessin odieusement grotesque et hydrocéphale, et sans aucun

esprit. Ce triste genre amuse pourtant le populaire : mais il ne nourrit pas son homme : Lavrate, réduit à la misère noire, se suicida en 1888.

LAZERGES (Hippolyte), né en 1817, peintre affectionné des lithographes qui font le sujet de piété et la tête d'étude (^), a lui-même laissé quelques lithographies et chalcotypies : Prisonniers Arabes, [Journal des Artistes , 1846); Femme jouant de la harpe ; Le Printemps ; Ange pleurant au pied de la croix \ Tête de Christ , etc.

LEBEAU (Pierre -Adrien), né en 1748, exgraveur du duc de Chartres. Au xviii® siècle il gravait la vignette et le petit portrait d'un burin

Q ) On n'attend pas de nous que nous entrions dans le détail de ce genre de pièces. A énumérer complaisamment les lithographies commerciales et pièces similaires , on irait droit contre son but , qui est de trouver au xix° siècle un art de l'estampe : pour atteindre ce résultat , il faut éviter de tout citer avec la même conscience, et de diluer les estampes d'art dans l'océan des pièces sans caractère et sans valeur.

Plus nous avançons dans le temps, plus le choix s'impose. Aucune mémoire ne pourra bientôt retenir l'ensemble des images imprimées.

Songez qu'il s'expose chaque année au Salon un millier de gravures, soit cent mille par siècle; que ce chiffre ne représente qu'une portion de la production artistique ; laquelle s'élève, par conséquent, à plusieurs centaines de mille pièces par siècle; — que si à ce chiffre on ajoute tout ce qui est image imprimée de toutes sortes , bois de journaux, illustrations des livres, gillotages, lithographies, caricatures, estampes industrielles, commerciales, etc., on arrive à ce résultat, que chaque génération nouvelle ajoute actuellement quelque chose comme un ou deux millions de pièces au fonds déjà accumulé depuis quatre siècles ! Dans ces conditions . il n'y a pas d'iconographie qui puisse tenir.

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