LEMOINE
LEMOINE (Auguste), né à la Ferté-sous- Jouarre en 1822, mort en 1869, élève de Lassalle.
Lithographies.
Le Tintoret et sa fille : L. Gogniet , 1844. — Notre-Damedes-Neiges : Ziégler. — Le comte de Nieuwerkerke : H. Lehmann. — Hamlet; Ophélie; Rêve; Aristote et Alexandre ; Les Filles de la Source ; Bacchanale : H. Lehmann. — Portraits d'après H. Lehmann : Gh. Halle , Wilhelmine Klauss, etc. — M. de Fitz-James; Achille Foiild, d'après Paul Delaroche. — Rossini. — Halévy. — Auber. — Enfants jouant avec un lézard: Diaz. — Cheval échappé : Alf. Dedreux. — Le Rameau bénit; L'Eau bénite; La Leçon de lecture; Toilette pour la première communion; Les Ecoliers ; Le Loup et L'Agneau : Lenfant de Metz. — L'Impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur Florinde ; La Princesse de Hesse; La Comtesse de*** Winterhalter. — Diane endormie ; Salmacis ; L'Été L'Aurore : Chaplin. — Le Sommeil : Ed. Dubufe , 1865. — Vénus ; Eve : Faure. — Portraits pour le Panthéon du XIX^ siècle (Voyez Lafossé). — Pauline Lucca dans Mignon. — M"" X***, en pied, d'après Chaplin, in-fol.
LEMOINE (Alfred), né à Paris en 1824. mort en 1881.
Lithographies.
Représentants de 1848. — Portraits divers pour le Panthéon du XIXe siècle (voyez Lafosse). — Rossini , Gustave Nadaud , le pianiste Marraontel , Chopin , M'"" Charton- Demeurs, Me'ie Nilson, Faure, Ad. Patti, M""' Krauss, Meiie Carreno , Félicien David , M""" Floriani , Duprez , Pauline Oranger.
Un portrait mal payé ; Le Peintre à la journée : Girardet. — Indiscrétion; Jeune Femme sortant de l'eau; La Lettre ; Fleur de mai : Chaplin. — La Lecture ; Passau. — Le Matin : Ranvier. — Hymne au Créateur : Ad. Mai'ie. — Le Printemps : Courtat. — La petite Fermière : Garaud. — Diane : Delaunay, 1881.
LEMOINE (Charles), né à Paris.
Gravures à l'aquatinte.
Ecce Homo : Le Guido. — Immaculée Conception ; Saint Joseph et l'Enfant Jésus (Murillo). — L'Aumône ; Récompense ; Pardon ; Mater Dolorosa : Merle. — La Méditation : Zuber Buhler. — Mozart à Vienne; Gluck chez Marie- Antoinette : Hamman. — Paul Véronèse k Venise : Pignerolles. — Raphaël présenté à L. de Vinci : Paget. — Sainte Thérèse : Barrias. — Florence au xV siècle : Gendron. — L'Épreuve de la ressemblance , La Joie de la maison, etc.
LEMUD (Aimé de), peintre lithographe, graveur et vignettiste, né à Thionville en 1816, fils d'un receveur des finances, fit ses études au collège de Metz. Dès son enfance il aimait, dit-on, à regarder des gravures. (Est-ce bien là un signe particulier? Ce goût n'est-il pas celui de tous les enfants?) 11 se prépara un moment en vue de l'École Polytechnique. Les premières leçons de dessin lui furent données par un professeur de Pont-à-Moussoti nommé Boucher, élève de Girodet et classique absolu, puis il entra à l'école des Arts à Metz. C'est là qu'il s'essaya à la hthographie, par des portraits de camarades. 11 vint jeune à Paris, où l'attendait immédiatement une réussite extraordinaire.
Iconographiquement parlant, Aimé de Lemud est un sympathique : homme de talent, et aussi homme heureux. Avec un œuvre plus que restreint il s'est fait un des noms les plus connus de
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la lithographie et de l'illustration, aujourd'hui estimé ajuste titre, de son temps acclamé. Tracées d'un très beau crayon de peintre, ses lithographies colorées étaient pour plaire aux artistes ; en même temps, elles enlevaient Je public par le choix des sujets, leur romantisme, — sorte de romantisme tempéré à l'usage des gens du monde, — la distinction de la facture , une allure poétique et sid generis. Dans une situation aisée, deLemud ne se prodiguait pas; c'était plutôt un amateur, un « monsieur », ne prenant le crayon que dans les grandes occasions , et qui fut vite au bout. Tout bien analysé, son œuvre ne va pas à douze pièces. Douze? Il lui a fallu bien moins pour arriver. Tandis que l'Histoire abonde en légendes d'œuvres méconnues ou inconnues (un exemple : les lithographies de Bonhomme, admirables, mais à peu près ignorées) d'artistes désespérés de ne pouvoir percer, Aimé de Lemud , lui , est un exemple tout opposé. Il a fait sa trouée et conquis une quasi-célébrité en un seul jour, avec une seule lithographie. Nul adjectif n'est de trop pour qualifier le succès de son Maître Wolfrmnb (1839), succès qui restera fameux dans les annales de l'estampe : il fut instantané, énorme, prodigieux. Une révolution ! De Lemud fut un moment le Paul Delaroche de la lithographie. Écoutons Jules Janin : « M. Aimé de Lemud », écrit-il dans L'Arlisêe, « esi un nouveau venu d'hier : il n'y a pas six
laO LES GRAVEURS DU XIX" SIÈCLE.
» mois que personne ne savail son nom. Tout cV un » cou/p., chez les marchands (V estampes., on découvre » un admirable dessin intitulé Maître Wolframb. » Le génie fantastique d^ Hoffmann n'avait rien M inventé de pareil ! Aussitôt on s'arrête devant » l'œuvre de M. de Lemud, son nom vole de bouche » en bouche^ et son œuvre est achetée. Inconnu hier, » le voilà célèbre aujourd'hui ! » Et Janin ne manque pas de terminer par une phrase janinesque : « Qiiaml je vous dis que rien n'est plus facile que » la gloire ! Il faut seulement la mériter. » En regardant Maître Wolframb, chacun ouvrait non seulement les yeux, mais les oreilles, et de bonne foi croyait faire partie de la scène, entendre les improvisations du jeune organiste ; être a charmé, )) subjugué par la douceur intime et puissante )) d'une mélodie inconnue. » C'était du recueillement, de la piété. « Devant les types de M. de » Lemud on croit être devant des êtres habitant » un monde inconnu. » On s'ingéniait à trouver en lui un reflet de l'Allemagne. En ce temps-là, l'Allemagne (ne pas confondre avec la Prusse) représentait essentiellement à nos yeux quelque chose de poétique, rêveur et doux. On prenait plaisir à penser que de Lemud était un allemand du XVI® ressuscité sous Louis - Philippe : sûrement, il devait descendre de quelque arrière-grandpère allemand. On lui écrivit pour lui demander ses origines éloignées. Nous avons vu sa réponse :
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il dit qu'il est exclusivement français d'origine et qu'il n'a même jamais vu l'Allemagne.
Autre élément de notoriété : la publicité de L'Artiste dont Lemud était devenu le collaborateur fidèle : ce journal donnait en prime son Enfance de Calloi.
L'étrange, c'est qu'au plus fort de cette vogue, la plus belle, la plus mâle de ses lithographies, Le Retour en France (des cendres de Napoléon), pièce vigoureuse, française, actuelle, qui seule fera vivre le nom de Lemud, passa inaperçue du public ! Mais les pâmoisons recommencèrent sur Les petits Maraudeurs et Les petits Dénicheurs, belles lithographies, sujets d'une sentimentalité mièvre, et sur Hélène Adelsfreidi, le pendant du Maître Wolframh, comme lui agréablement émouvant , où l'on trouve à la fois les velléités les plus ambitieuses aboutissant à quelque chose d'un peu « bourgeois « qui n'est d'ailleurs pas pour nuire à la popularité. Dans plus d'une lithographie de Lemud il y a un sujet de pendule tout fait : Mathieu Ltiensberg, le Prisonnier, la jeune Fille qui brode une écharpe, Hoffmann, la Bourse , Maître Wolframh lui-même , posé à son clavier. Mais tout cela est d'un beau crayon, et compte dans l'éclat collectif de la lithographie française.
Le succès des lithographies de Lemud excuse son insuccès de graveur. Lui-même a dit que la
chimie lui répugnait, et que conséquemment, il était réfractaire à l'eau-forte. Il se croyait buriniste, son Beethoven montre qu'il se trompait. C'est une gravure de commerce.
Aimé de Lemud n'a dessiné qu'un petit nombre d'illustrations , mais si heureusement placées qu'elles l'ont mis au rang des vignettistes dont le bibliophile ne parle qu'avec tendresse. Quelquesunes dans Notre-Dmne de Paris (1844) ; et les types du roman d'Hugo sont de ceux qui restent à jamais fixés dans la mémoire. Les autres dans le Béranger de 1847-1860, très beau livre, et l'un des ouvrages illustrés modernes les plus précieux : Lemud a dessiné seul les figures des Dernières Chansons ; dans les deux premiers volumes des Chansons il a travaillé, concurremment avec des illustrateurs comme Raffet, Jacque, Daubigny,etc. mais, dans le langage courant des librairies, la suite de ces figures a reçu le nom consacré de SvÂie de Lemud. Voilà son nom à jamais connu dans le monde du livre.
Aimé de Lemud est mort en 1886. Il avait été décoré en 1865. Le catalogue de son œuvre a été publié par Ag. Bouvenne (^) : nous y apportons, dans la liste suivante , des additions et rectifications, mais nous conservons ses numéros.
(1) Catalogue de l'Œuvre lithographie et gravé de A. de Lemud, par Aglaiis Bouvenne. Paris, Baur, 1881, plaquette in-8. (Avec une notice.)
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