VIDAL
y trouveront nos tètes , et la trace de notre passage I (M
VIEL-CASTEL (Le Comte Horace de), 1798- 1864, dessinateur, caricaturiste, écrivain, conservateur du Musée des Souverains.
Il a publié en 1826 et suiv. la Collection des Costumes, Amies et Meubles 'pour servir à l'histoire de France depuis le Ve siècle, dédiée au Roi (Bossange, in-4, 200 pi. ; l'ouvrage, dit-on, fut entrepris pour flatter les goûts de la duchesse de Berry) , et donné des dessins de mœurs et des caricatures à divers journaux : Bagatelle. La Mode, La Caricature de 1839.
G-rand-Carteret signale comme ayant obtenu un grand succès son album des Aventures du vicomte de la Linotière, lion féroce , 31 planches, sous le pseudonyme à'Archelaûs Niger.
Dans Les Français peints par eux-mêmes , le comte de Viel-Castel (dont la plume, comme on l'a vu par ses Mémoires, emportait sans pitié le morceau) a publié — nous devons le noter, — un article assez piquant sur les collectionneurs.
(!) Quelques-unes des charges de Pierre Vidal ont paru cette année dans le journal L'Art, commentées par un article de Molinier, et er. plaquette sous le titre Un coin de la Bibliothèque Nationale ; d'autres dans la revue L'Art et l'Idée, de mars 1892, avec un article signé Henri Nogressau.
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VIERGE (Daniel) — de son vrai nom URRA- BIETA : — vigoureux et admirable artiste, qui restera, comme illustrateur, un des noms célèbres du siècle.
Né à Madrid en 1851, il vint jeune à Paris, en 1867, apportant comme bagage une dose d'énergie peu commune, — et une inépuisable provision de lumière et de soleil d'Espagne, qu'il a dépensée depuis, sans compter, dans ses dessins. Il entra au Monde Illustré en 1870, avant la guerre étrangère doublée de guerre civile : pour un compatriote du graveur des « Malheurs de la Guerre», de Goya, c'était tomber juste. Mais, remarquons-le, ce compatriote de Goya a été, en fait, comme illustrateur, engendré par Edmond Morin ( comme celui-ci l'avait été par John Gilbert) (4). C'est Morin qui a fait chez nous du dessin d'actualité une œuvre d'art. Le Monde Illustre était sorti de la voie banale par lui d'abord, directement, puis indirectement par l'influence exercée sur les autres dessinateurs du journal qui, presque tous, avaient adopté sa manière. Vierge, comme les autres, commença par faire du Morin. Voyez les dessins de ses débuts. 1870-72 (pour n'en citer que quelques-uns : la Fusillade de la rue de la Paix, La Place d'Armes à Versailles. L'Emprunt, La Fêle des Écoles à Lyon, L'Annick) Et Morin et Vierge ont engendré le remarquable illustrateur Lepère.
versaire du Combat des Ai/des , Souvenir de Coulmiers) vous les prendrez pour des Morin et ne vous aviserez pas de les signer d'un nom nouveau. Mais Vierge ne tarde pas à se révéler : il est ce qu'on appelle « un tempérament » , un énergique, et, comme un athlète entré dans le frac d'un dandy, il fait craquer sur toutes les coutures la formule élégante et légère de Morin, et adopte une manière taillée à sa mesure. Il prend dans le journal une importance croissante. En dehors de ses propres dessins, il est chargé de traduire et de développer sur le bois les indications des correspondants à l'étranger (ceux de Luc-Olivier Merson pour Rome, par exemple, et pour l'Espagne, ceux de son propre frère Samuel Urrabieta). Voyez-le se singulariser de plus en plus de 1871 à 1878 dans : La Noël en Espagne, Meeting républicain à Trafalgar-Square , Attaque du train iï Andalousie, et divers Événements d'Espagne, 1872; Fête de Ste-Eosalie à Palerme, Au Jardin d'Acclimatation, Pèlerinage de Lourdes, Incendie de la bibliothèque de VEscurial, 1872; Les Sauterelles en Algérie, Prise de Cuença, Le Brigandage en Sicile, Le Jour des Morts à Paris, Centenaire de CConnell, Fête de nuit à Constanti/nople, Épisodes de la guerre civile en Espagne, Inondation à Alfortville, L'Appel de la Territoriale , Travaux du Trocadèro pour V Exposition de 1878, Le « Roi de Lahore » à V Optera, Bataille de Shipka, Mariage du roi d'Espagne,
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Obsèques de la reine Mercedes, Le Garrot, Courses de Taureaux* Les Rameaux à Séville, Naissance de V Infante , Baptême de P Infante , Exécution des décrets aax Capucins, Arrivée de Louise Michel, et cent autres : vous n'hésiterez plus à en reconnaître l'auteur, et vous les signerez du premier coup d'œil. Les contrastes entre les blancs et les noirs s'accentuent de plus en plus. Entre des ombres vigoureuses coulent des traînées de lumière. Les figures prennent une fermeté croissante. Les foules surtout, — et c'est la caractéristique de l'artiste, — s'y agitent avec une vie , un tumulte , un grouillement extraordinaire (r).
Si l'on peut risquer un rapprochement d'un dessinateur à un musicien. Vierge a été le Verdi de l'illustration en traduisant Victor Hugo dans L'Année terrible (Michel Lévy, 1874; puis Hugues, 1879) , Quatre-vingt-treize (Hugues , 1877) , Les Misérables (1882), Notre-Dame de Paris, éditions qu'il a illustrées en partie, — et dans Les Travailleurs de la mer (Librairie illustrée, 1876) et L'Homme quiril{^o\o, 1877) qu'il a illustrés seul.
(') Il est curieux que le dessin fait de main d'homme puisse exprimer le mouvement compliqué de la foule et que la photographie instantanée y échoue complètement. Rien de plus « bête », de plus nul, que la photographie d'une fête, d'une cérémonie, d'un défilé. C'est figé. Quant aux foules immobiles, c'est encore pire. Voyez un « instantané » du public au moment du Grand Prix : c'est une agglomération de têtes d'épingles sans Caractère ni individualité. Cela rappelle ce mot d'un souverain en voyant une foule accumulée et recueillie sur son passage, têtes découvertes : « On dirait du caviar ! »
Son maître livre est V Histoire de France de Michèle t, avec V Histoire de la Révolution (1876 et suiv.), 26 vol. in-8 contenant un millier de dessins, les uns de pleine page, gravés suivant la formule des teintes; les autres, — et ce sont les meilleurs, — tètes de chapitres ou culs-delampe, gravés sur la formule du trait f1). Vingt-six volumes, c'est beaucoup pour les bibliophiles qui n'aiment qne les plaquettes ! Mais ce qui restera toujours un objet de haute bibliophilie, c'est l'album des fumés de cette admirable illustration (2).
Vierge a dessiné pour le journal La Vie Moderne,
(!) Le trait, rendu en fac-similé, est le trait même du dessinateur, il a toute son originalité et son esprit.
La teinte est toujours plus ou moins de la façon, de l'interprétation du graveur sur bois, qui la rend d'ordinaire par ces longues tailles parallèles, poussées d'un bord de la planche à l'autre, et dont la monotonie finit par exaspérer.
Depuis, — à quelques brillantes exceptions près, — les graveurs sur bois ont trouvé pis : un travail de tailles microscopiques et dissimulées, de teintes atténuées (ils appellent cela « se tenir dans l'enveloppe » et se grisent de ce mot), éteignant tous les blancs et tous les noirs, et jouant à s'y méprendre une photographie un peu passée. Et, dédaignant la vignette, qui est leur métier même, ils appliquent ce travail à singer le burin, et à faire de la prétendue estampe. Leur ambition, présentement, est de graver du Franz Hais, c'est une maladie. Ce ne sont que têtes grandeur nature, et d'un ennui à périr. Conciliez ceci : c'est extraordinaire (quelquefois), et ne vaut rien. Cela ne vaut pas un cul-de-lainpe de Vierge gravé au trait ; parce que ce cul-de-lampe ainsi gravé rentre, lui, dans ce pourquoi le bois est fait.
Chacun son métier, et les bois seront mieux gravés.
(2) M. Paul Gallimard les possède, dans sa précieuse bibliothèque du xix'' siècle.
1879 et suiv. Pour varier, il y a fait quelquefois du dessin humoristique. D'autres dessins sont traités suivant un mode différant complètement de sa manière ordinaire , la manière tumultueuse et fortement colorée par contrastes des masses sombres et claires. C'est une manière en croquis, avec une véritable inondation de lumière, à l'espagnole, et quelques légères indications d'ombres.
Sur cette dernière formule est la spirituelle illustration de Don Pàblo de Ségovie (Bonhoure, 1882, in-8) (').
L'illustration du Don Pablo n'est pas terminée : il manque les vignettes des derniers chapitres.
C'est qu'une catastrophe avait frappé le dessinateur ; à trente ans, il se trouvait pris par une paralysie du côté droit. Ici se révéla son extrême énergie : au lieu de se laisser abattre, il lutta ; il se mit à réapprendre le dessin , de la main gauche. Et redevenu maître de son art , il reprit le travail.
Sa dernière production est l'illustration d'un fin petit volume, L'Espagnole, de Bergerat (Conquet, 1891).
Daniel Vierge a gravé quatre eaux-fortes : 1 . Un sujet de Don Pablo de Ségovie ; — 2 et 3. Menu pour M. Paul Gallimard; Carte ornée pour le même. —
(!) Un»: nouvelle édition va paraître à Londres, chez Fisher Unwin. in-4 ; les illustrations y seront dans la dimension des dessins originaux.
4. Fumeuse de cigarette : Vierge 1888, in-4 (fait de la main gauche) (l).
VIGNERON (Pierre-Roch), peintre, 1789-1872, que son tableau le plus connu a fait surnommer « l'auteur du Convoi du Pauvre ». Il a un œuvre lithographique assez important.
1-6. Mort du Duc de Berry, 6 p. in-4 en 1. (Delpech), finement crayonnées. — 7. Grâce, grâce pour l'homme qui m'a frappé /, belle lithographie du
(!) Sous le nom de Vierge , quelques lithographies sur les événements d'Espagne, publiées chez Turgis : Siège de Carthagène, Bataille de Sommoroslro, Entrée d'Alphonse XII à Madrid. — Affiche de L'Année terrible. Voir encore le Musée des Familles, le Magasin Pittoresque, Paris Illustré, le Cenlury Magazine, Y Illustration espagnole et américaine, La Mosaïque, les Contes d'Edgar Poe, La Maison de Mazareth, Bosnie et Herzégovine de Charles Yriarte, le Portfolio anglais, quatre Courses de Taureaux chez Raschet.
Le portrait de Daniel Vierge a été dessiné par son frère Samuel, mort aujourd'hui, et gilloté dans la Vie Moderne.
L'article Vierge comporte une conclusion ou une moralité.
Quand vous êtes au café et que vous demandez <c les illustrés » ne les feuilletez pas avec indifférence, mais pour peu que vous ayez le goût iconophile, regardez avec soin. Vous avez quatre-vingt-dix-neuf chances du n'y voir que des mauvais bois, c'est vrai. Mais vous avez une chance d'y trouver un dessin d'artiste : cela suffit. Et si vous l'y trouvez, l'artiste, admirez-le en le plaignant. Car il appartient alors à une catégorie peu favorisée, celle des artistes qui, avec un talent supérieur, ont l'infortune de n'avoir pour moyen d'expression qu'un procédé inférieur. En art, il y a une hiérarchie des modes d'exécution. Certes, un grand graveur est un autre personnage qu'un petit peintre. Mais, dans l'ensemble des choses, la Peinture prime la Gravure : elle emploie une matière supérieure. La lithographie vient au-dessous de la gravure. Le bois est un moyen d'expression encore inférieur. Enfin, les « procédés » et paniconographies diverses ne comptent plus.
Vierge est de cette catégorie d'artistes supérieurs interprétés par un moyen secondaire. Daumier en est, Raffet en est, Morin en est, et bien d'autres.
Duc de Berry à son lit de mort, in-4 (Delpech). — 8. Louvel, dessiné au moment où il monte à l'échafaud, gd. in-8 (Langlumé). — 9. Le Duc de Bordeaux : Une main parricide. ., in-4 en 1. (Delpech). — 10. Tous les Français partagent sa douleur (la Duchesse de Berry), in-4 (Delpech). — 11. Le Serment français (Delpech).