‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 4)Chapitre 131 sur 161 · VILLOT · texte numérisé non relu

VILLOT

Portrait d'Eugène Delacroix, jeune, d'après lui-même, manière noire in-8 (') (a été publié ensuite par Burtv en tète des Lettres d'Eugène Delacroix). — Un Officier turc, manière noire. — Moine en prière. — Mendiant anglais. — Étude de femme (fragment du tableau : Le duc de Bourgogne montrant sa maîtresse au duc d'Orléans). — Le comte Palatiano. — Le Cbrist au jardin des oliviers. — Cavalier. — Seigneur vénitien assis. — Tête de vieillard. — Pieta, 1839. — Gluck au piano. — Peintre travaillant dans une chapelle de jésuites (conte d'Hoffmann). — Deux Arabes causant. — Soldat de la garde de l'empereur du Maroc. — Christine à Fontainebleau.

Trois Etudes de têtes, d'après Delacroix, gravées sur bois par F. Villot.

(Delacroix a peint le portrait de F. Villot , et gravé à l'eau-forte un petit portrait de Mme Villot).

Villot a encore gravé :

Un portrait de Bonington, manière noire, in-8.

Un Cahier d'Essais à l'eau-forte faits à Venise , d'après Paul Véronèse. — Essais et études à l'eau-forte par Frédéric Villot, 1831 . — Le Mandoliniste, gravure sur bois in-4 , signée F. Villot.

VI M ONT (Alexandre), peintre. — Descente de croix d'après Jouvenet, manière noire, 1846.

VINTRAUT (Frédéric), né an Havre, a exposé en 1882 denx gravnres en taille-douce. Depuis, est devenu graveur sur bois.

VIOLLET-LEDUC (Eugène -Emmanuel), 1814- 1879, architecte. — Bien qu'il n'ait ni lithographie

(!) Et non petit in-fol. comme l'indique le catalogue de Leblanc, qui exagère toujours les dimensions des pièces. De même, le portrait de Delacroix par Villot est in-8, et non petit in-fol.

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ni gravé, nous devons le mentionner comme illustrateur.

De 1833 à 1842, le jeune Viollet-Leduc envoya aux Salons une série d'aquarelles en général fort intéressantes (l) ; dès son début le baron Taylor le remarqua et le prit comme un des vignettistes chargés d'entourer d'encadrements romantiques, dans les Voyages pittoresques de V ancienne France, le texte des volumes du Languedoc et de la Picardie, parus de 1833 à 1845.

Nous avons eu déjà l'occasion de parler de ces encadrements (aux articles Cêlestin Nanteuil et Taylor). Nous n'avons donc qu'à répéter que Viollet-Leduc s'y montra un moment assez ingénieux, échauffé par le voisinage de Cêlestin Nanteuil, dans le volume de la Picardie, mais qu'en général il fut inférieur aux romantiques de tempérament, et se montra dépourvu de qualités pittoresques de couleur et peu spontané d'invention (2)

(!) Vues de Marseille, du Havre, de Cherbourg ; Vues des Pyrénées ; Vues des Tuileries ; le Banquet des Dames dans la salle de spectacle des Tuileries en 1835, Vue du théâtre antique de Taormine (on a revu cette belle aquarelle, en 1889, dans la curieuse exposition centennale des dessins d'architecture organisée au Champ-de-Mars par M. Lucien Magne) ; Baptême du Comte de Paris à Notre-Dame, etc.

(2) Voyez cependant, pour le détail, l'article Yiollet-Le-Duc vigneltisle, par Jules Adeline, dans Le Livre de mars 1887. On remarquera la reproduction d'un fragment d'entourage intitulé « Les Charmes de l'ancien régime ». C'est la copie pure et simple de l'illustration de Moreau pour les Chansons de La Borde intitulée « la Dormeuse ».

Notons qu'à cette époque le dessinateur écrit son nom Viollel-Leduc : la coupure en trois mots Viollet-Le-Duc ne viendra que plus tard.

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et finit même par tomber dans le très médiocre. Et qu'on ne mette pas cette maladresse sur le compte de la jeunesse; il n'y avait que six mois de distance d'âge entre lui et Nanteuil. Mais Nanteuil était né peintre, il avait la flamme romantique, laquelle n'était point le fait d'un esprit positif et scientifique comme Viollet-Leduc. Le vrai titre de gloire de l'architecte est le fameux ouvrage.

DICTIONNAIRE RAISONNÉ DE L'ARCHITEC- TURE FRANÇAISE DU XIe AU XVIe SIÈCLES.

Bance (puis Morel), 1854-1869, 10 vol. in-8.

Nous signalons ce livre célèbre, à notre point de vue : pour l'esprit, la netteté et le piquant de ses quatre nulle cinq cents bois gravés par Guillaume et Pégard, et encore par Lacoste, Rose, Debraine, etc. Voyez par exemple aux mots Architecture militaire (Siège de Garcassonne), Autel, Cathédrale, Chapelle, Château, Chœur, Engin, Maison, Palais, Porte, etc. Dans la première édition, la seule qui soit biblio^hxlique, les deux premiers volumes n'ont comme titre courant que les trois premières lettres des mots. Remarquer aussi combien les premiers volumes, imprimés par Bonaventure ec Ducessois, sont d'un plus ferme et bel aspect que les derniers, imprimés par Martinet.

Le Dictionnaire raisonné a été un livre de combat. Il en faut de tels pour faire entrer la vérité dans la tète des hommes. C'est le point d'arrivée, (et de triomphe), dans la lutte pour notre ancien art national ; — l'idée première de cette lutte ayant germé chez le baron Taylor dès 1811. Nous omettons les phases intermédiaires, cependant, nous pouvons citer comme point milieu de cette mémorable campagne la publication par Victor Hugo de Notre-Dame de Paris, — roman de combat au point de vue architectural.

Ainsi, — (tant il est vrai que les qualités d'art ne s'apprécient pas d'elles-mêmes et ne sautent pas aux yeux, mais ont besoin d'être longuement expliquées au public, démontrées

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et commentées) , — ainsi il aura fallu un demi-siècle pour réhabiliter définitivement le grand art français du Treizième, et pour faire admettre que Notre-Dame, ou la cathédrale de Chartres, ou celle d'Amiens, par exemple, ne sont pas des œuvres de hasard, élevées avec des formules empiriques, — et barbares, — par des maçons ou des entrepreneurs d'une éducation peu perfectionnée !!!

Mais récriminer en ces matières ne sert de rien : insulter le public, pas davantage. On n'insulte pas l'enfant illettré, on lui apprend à lire. De même, conspuer « le bourgeois » n'avance pas les choses; l'initier à l'art est mieux. Il y a plus : voilà un homme comme Viollet-Leduc lui-même, dès qu'on le sort de son architecture du XIe au XVIe il devient un intransigeant, un sectaire, un iconoclaste. Dès que la Renaissance arrive, il est hors de lui ! Imaginez-le toutpuissant, et il ferait raser Versailles, l'Arc-de-Triomphe et l'Opéra, pour les remplacer par des donjons « rationnels » en simili-gothique de sa façon. La tolérance est une chose rare en ce monde !

Autres ouvrages de Viollet-Leduc :

Dictionnaire raisonné du Mobilier français, 1858-1876, 6 vol. in-8 (le premier volume, imprimé chez Bonaventure et Ducessois, est d'une belle venue). — Descriptions : de Notre-Dame 1856, du Château de Pierrefonds 1857, du Château de Coucy 1858. — Entretiens sur l'Architecture, 1858-68, La Cité de Carcassonne (dans les Archives des Monuments historiques), Chapelles de Notre-Dame, 1867-68, Histoire d'une Maison, 1873, Histoire d'une Forteresse, 1874, Histoire de V Habitation humaine, 1875, etc.

VION (Henri), né à Paris, élève de Gérôme et Flameng, avait pris rang de bonne heure comme un habile graveur à l'eau-forte. Il est mort prématurément en 1891, laissant :

Vierge: Memling, 1877. — Jeune Seigneur : Lucas Cranach. — Elisabeth de France : Rubens. — L'Odorat : Téniers. — Mme du Barry : Drouais.

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