SOULIE
peintre s'y est représenté dessinant , à la planche 13.
Le Saut du Sabot, Tarn (dans Le Routier des Provinces méridionales.
Soulié, médiocre peintre, fut un remarquable dessinateur. Observateur exact , croquiste alerte, il fixait avec une verve extrême les types méridionaux . les femmes au marché de la place du Capitole, les enfants jouant sur les promenades ou dans les faubourgs toulousains. Il saisissait, avec l'exactitude d'un objectif et l'esprit en plus, les vues des places, des quais , du pont de Toulouse ; il rendait cet aspect heureux et épanoui au soleil qu'ont les villages des plaines delà Garonne ou du Tarn ; il aimait à retracer le panorama d'Albi, avec son ancien pont et sa cathédrale de Sainte- Cécile aux allures de donjon.
Plein d'un mérite très original , Soulié fut pourtant profondément malheureux. Nature d'artiste honnête, sympathique, il était aussi un indiscipliné, et un naïf, ignorant et dédaignant absolument l'art de tirer profit de son talent et de ses dessins. Épris de son Midi, il s'y confinait; incapable avec cela de se plier à un travail régulier , décourageant les bienveillances, refusant les commandes ou les positions afin de « garder sa liberté pour faire de l'art. » De l'art, c'est-à-dire de la mauvaise peinture à laquelle il s'acharnait, et qui lui restait pour compte en lui attirant
d'humiliantes critiques. C'était son désespoir, ce fut aussi la misère , fièrement dissimulée , une misère atroce qui l'abattit corps et àme. Soulié finit par n'avoir pas , à la lettre , un morceau de pain à manger. Un jour de mai 1862, il monta tout en haut du clocher de Saint-Sernin , contempla longuement Toulouse et la campagne languedocienne, et se précipita (*).
SOU M Y (Joseph -Paul - Marius ) , graveur , peintre et lithographe, né au Puy en 1831, mort à Oullins près Lyon en 1863 ^encore une rin tragique : Soumy , dans un accès de fièvre chaude , se jeta par la fenêtre). — Élève de V. Vibert et de l'Ecole des Beaux-Arts ; grand prix de gravure en 1854 sur une excellente Académie de concours.
Suite à? Images de piété, Soumy del. et se, vers 1854 (chez Daniel).
François Ier , d'après le Titien, in-fol. Belle planche (envoi de Rome) qui , en somme , constitue à elle seule l'œuvre de Joseph Soumy.
Sainte Véronique et Simon le Cyrénéen : Le Sueur. Portrait: Giorgione (Gaz. des Beaux-Arts).
(1) Le Musée de Toulouse devrait se préoccuper de recueillir et d'exposer les dessins les plus importants et les plus caractéristiques de Soulié. Le conservateur, M. Garipuy, y est tout disposé, et vient de recevoir à cet effet un premier don de dessins offerts par un collectionneur, M. Mazzoli.
Puisque le nom de Garipuy se présente ici , citons de ce peintre deux lithographies romantiques: titres pour Les deux Compères , vieux Paris, paroles de Barateau , musique de Clapisson , et Les Donjons , de Deleuse et Clapisson.
SOUMY. 53
Eaux-fortes: La Morte, d'après Chifflart; Forges d'Allevard', Mendiant romain. (Cadart).
Lithographies : Motifs d'études (en collaboration avec Duplonib). Chez Morier (l).
STA (Henry de SAINT-ALARY, dit), né en 1846. — Dessins humoristiques pour les journaux illustrés. Vignettes, La Chanson du Colonel , Nos Militaires, etc.
Almanach pour 1883, eau-forte.
STAAL (Gustave), vignettiste, graveur et lithographe, né en 1817, fils d'un boucher de Vertus (Marne), vint à Paris en 1834 et fut d'abord commis dans un magasin de rubans : son goût pour le dessin lui fit quitter cet emploi. Il passa par l'École des Beaux-Arts: Paul Delaroche le prit, dit-on, en affection pour l'extrême fini de ses dessins (2). Vers 1845 il reçut quelques leçons de gravure de son camarade Adolphe Varin. Il a dessiné pour les publications illustrées, quelquefois lithographie, enfin gravé pour Bachelin- Deflorenne une série de portraits de bibliophiles.
(•) Voir : J.-P.-M. Soumy, graveur et peintre, par Ph. Burty. Dans la Gazette des Beaux-Arts , tome XVIII.
(2) Notice sur Gustave Staal , par Adolphe Varin , dans le journal V Estampe de 1882. — On ne confondra pas le nom de Gustave Staal avec celui de P. J. Stahl, pseudonyme d'Hetzel.
M LES GRAVEURS DU XIXe SIECLE.
Au total, rien de saillant. Son irrémédiable défaut était la fadeur.
Il est mort en 1882.
1. Portraits de Bibliophiles, in-8, Staal del. et sculp. (Bachelin-Deflorenne.)
Duc d'Aumale, Gh. Brunet, Armand Bertin, Barbier, Curmer, Dinaux, Dibdin, Girardin, La Bédoyère, Lamartine, Lamennais, Morean, Méry, Murger, Elisa Mercœur, Naudé, Nodier, Peignot, Pixérécourt, Quérard, Renouard , R°n Pichon, Toussenel, Viollet-Leduc, de Vigny, Golbert, Diane de Poitiers, GlcsseDu Barry , Duc de La Vallière, Guy- Patin , Mazarin, Mme de Pompadour, Rothelin, de Thou , Rouget de l'Isle.