THOMPSON
honneur qu'il faut réserver à Porret), mais la période préparatoire à cette renaissance.
Vignettes sur bois.
Thompson est appelé à Paris par Didot en 1817 (*) (moment ou Brévière, qui depuis deux ans grave sur bois de bout, fait paraître ses premiers bois et ses essais de gravure en camaïeu et en couleur). Il y ouvre un atelier ou passent Best et peut-être Porret.
Les premiers livres intéressants avec gravures sur bois sont :
Le petit Rabelais de Desoer, 1820, in-18, portrait d'après Desenne et 13 vignettes d'après Adam fils, gravés par Thompson. Livre curieux comme jalon (2).
Les Œuvres de Jouy, vignettes d'après Devéria (3).
Les Œuvres de La Fontaine, Sautelet (Rignoux, imp.), 1826, in-8, avec 30 tètes de pages de Devéria gravées par Thompson.
Les Messéniennes de Casimir Delavigne, Ladvocat, 1826- 27, in-8.
Bientôt l'imprimerie parisienne dispose de tout un jeu nouveau de fleurons, vignettes, tètes de pages et culs-delampe, la Collection de Thompson , poly typée par Pinard, fondeur.
(!) « En 1810, Firmin Didot se mit en rapport avec le professeur Gubitz, » de Berlin, et lui demanda, pour le service de sa fonderie de caractères et » pour son imprimerie, un grand nombre de gravures sur bois. Ces mêmes » gravures sont encore en usage dans les imprimeries de France, et , » multipliées au moyen du polytypage , elles figurent même sur des » impressions faites à Athènes. Elles ont servi en grande partie à l'im- » pression de l'ouvrage intitulé L'Hymen et la Naissance , recueil de » poésies inspirées ou commandées pour célébrer le mariage de 1 empereur » avec Marie-Louise et la naissance du roi de Rome. Quelques-unes ont » orné la grande et magnifique édition de Camoëns imprimée en 181T par » Firmin Didot aux frais de M. de Souza. » (Ambroise-Firmin Didot : Essai sw la Gravure sur bois, 1863.)
(2) Il y a aussi des bois pour un Shakspeare, 1820 ; pour DelilleÇ!), pour Laborde (?), pour le Temple de Gnide(ï), pour Rapax lecrocheteur(?).
(3) Dès 1815 , il y a dans l'Hermilc de la Chaussée-d'Antin des bois, anonymes, dont quelques-uns ont un certain intérêt.
120 LES GRAVEURS DU XIXe SIECLE.
Comme spécimens des bois de cette époque, voyez les Poésies de M"" Amable Tastu (chez Tastu, imp., 1826), in-8. fleurons par Thompson; la très jolie petite édition de Désaugiers de 1827 (chez Ladvocat), et encore les Chansons de Bëranger de Baudouin, (Rignoux, imp.). 1828, avec vignettes de Devéria (1).
Thompson avait un matériel iconologique tout prêt pour les différents cas possibles : les dieux, le zodiaque, les mois, les allégories diverses, lettres ornées, etc. Il a gravé beaucoup de blasons, armes de la Maison de France et de la Maison d'Orléans, — des ornements de lettres de change pour Rothschild ; marque de Didot, de la Chambre de Commerce de Bordeaux, — le fleuron de titre des Voyages Pittoresques de l'ancienne France, — des adresses : Pommade de moelle de bœuf de Guélaud ; Poudre de chasse ; Manufacture d'outils de Pradier, 22, rue Bourg l'Abbé ; Fabrica de râpe d'Area Prêta de Bahia ; Molinos de chocolaté de Fernandez Vistores en Vallado/id ; James Plagnol à Marseille, huile fine clarifiée ; vignettes de titre pour Le Cabinet de Lecture , Le Courrier des Spectacles , Le Magasin des Sciences, etc.
Les livres ornés peu ou prou de vignettes sur bois se multiplient : c'est là le « luxe nouveau de la littérature » qui, suivant une épître en vers de Méry, « fait briller sur le titre et la couverture unf vignette en forme d'écusson
Dessiné par Monnier et gravé par Thompson ».
Comme spécimen voir les trois volumes in-12 de Poésies de Mme Desbordes-Valmore , 1830, avec un assez curieux répertoire de petits culs-de-lampe où figurent des jeunes femmes coiffées en coques et des messieurs romantiques.
Mais ici nous cessons d'être dans la période primitive de la reprise du bois, et nous arrivons à l'âge romantique. Parmi les vignettes de titre gravées par Thompson : La Coucaratcha, d'après H. Monnier , Le Bonnet vert de Méry, 1830, Le Lit de Camp de Burat de Gurgy, Les Ecorcheurs du
(1) D'autres ouvrages, (rès inconnus des bibliophiles, ont encore à ce moment-là des bois d'après Devéria, d'une exécution assez primitive. S'ils ne sont pas à recueillir au point de vue de l'art, ils mériteraient pourtant d'être indiqués dans la Bibliographie des livres illustrés du xixe siècle ; et cette indication pourrait servir plus tard à ceux qui voudront faire une histoire détaillée de la gravure sur bois.