TISSANDIER
TISSANDIER (Albert), né en 1839, architecte, aéronaute et voyageur, a fait quelques essais de lithographie. Dessinant l'architecture et le paysage avec autant d'exactitude que de facilité , il a rapporté de ses voyages dans rAmériqueduNord, aux Canons du Colorado, dans l'Inde, au Japon, dans les Pyrénées espagnoles, une collection considérable et très intéressante de vues à la mine de plomb. Il a pris également, dans ses ascensions aérostatiques , une curieuse série de paysages célestes et de vues de nuages. Il a donné de nombreuses illustrations aux publications de son frère Gaston Tissandier, l'aéronaute (le survivant de la catastrophe du ballon le Zénith) f1).
TISSOT (Jacques-Joseph) , peintre, né à Nantes en 1836 , ne s'est mis à la gravure qu'en 1875 , il était alors fixé depuis quatre ans à Londres, où il avait un succès considérable comme peintre de portraits. De 1875 à 1886 il a gravé soixantequatorze pièces, principalement des pointes sèches, portées victorieusement à de très grandes dimensions.
(!) Les frères Tissandier ont formé une collection unique d'estampes et objets de toute sorte ayant trait a l'histoire des ballons. Gaston Tissandier en a publié le catalogue, ainsi qu'une utile Bibliographie aéronautique.
Rappelons en passant que la plus remarquable peut-être des ascensions effectuées par G. et A. Tissandier est celle du 9 octobre 1883, dans laquelle . au moyen d'un aérostat à moteur électrique , ils obtinrent les premiers une déviation sensible de la route suivie, par rapport au sens du vent, c'esUà-dire un commencement appréciable de direction d'un ballon.
Son œuvre, un des plus importants de la gravure originale dans ces vingt dernières années, ne ressemble à aucun autre et nous apporte un sujet inusité de la part des Français : la femme anglaise, d'un type particulier, jeune, fraîche et gracieuse, mais à la physionomie in expressive. Trente fois l'artiste y est revenu, et avec une conviction et un sérieux absolument britanniques. Tissot est un esprit influençable, susceptible de modifier son orientation suivant les milieux où il se trouve. Il avait été jadis influencé par Leys, il l'avait été par le japonisme : à la différence de tant d'artistes français qui ont passé par Londres sans abdiquer leur tempérament national, il fut assimilé par l'Angleterre au point de devenir un pur anglais (l). A côté des œuvres des graveurs originaux français ses planches forment un œuvre exotique , autant par le faire que par le sujet : c'est là leur curiosité, leur qualité et à la longue leur défaut. Jacques (James) Tissot est si bien un anglaisé, que voulant depuis revenir dans ses œuvres à la femme de Paris, il s'est trouvé l'avoir oubliée.
Pris dans l'ensemble , l'œuvre gravé de Tissot manque de piquant et n'est pas sans lourdeur. Question de procédé (la pointe-sèche n'a pas, d'une façon générale, la fermeté et l'esprit, et surtout la
(1) « Tissot me dit aimer l'Angleterre, Londres, l'odeur du charbon de » terre, parce que ça sent la bataille de la vie. » (Journal d'Edmond de Goncourt.)
variété de l'eau-forte : elle donne de beaux noirs, mais toujours les mêmes, et quelle que soit la main qui l'emploie: même réflexion pour la manière noire), et question de modèles. Mais qui force le collectionneur d'estampes à prendre les œuvres en bloc? Et la personnalité de l'amateur, son goût, ne se révèlent-ils pas précisément par l'originalité de ses choix , et leur sévérité ? Choisissons donc : la Mavoitrneen , incontestablement une des plus belles productions de l'estampe originale contemporaine ; V Histoire ennuyeuse , morceau remarquable et original ; La Galerie du « Calcutta » , souvenir d'un bal à bord , et le Bighlander entre deux femmes à l'avant d'un bateau, sujets dunesaveur très spéciale; La Frileuse, Le Veuf, Octobre , Au bord de la mer , Lai Sœur aînée , Le Dimanche malin, œuvres caractéristiques. On en pourrait ajouter d'autres.