Caricatures politiques
Pièces isolées : — Je tiens 1 jésuite; Club jésuitique, Ils auront beau faire...; Les Ex-Ministres; M. de Polignac à Vincennes ; Digestion diplomatique ; Protocole, Bruits de guerre; Fin de vacances; Allons donc les Parisiens! Le Barbier parisien ; Pourriez-vous me dire où sont les alouettes qui.... etc.; L'ordre le plus parfait règne dans Varsovie; Le Présent, le Passé, 1831 : Le Peuple restaurateur, carte du jour ; C'était bien la peine....
(Rappelons ici que les deux principales séries de caricatures parues isolément étaient les cent pièces contre Charles X, et les cent caricatures politiques, vendues chez Aubert).
Dans la Caricature de Philipon, Traviès a dessiné nombre de pièces : — Ce qu'il y a de plus affreux dans l'Univers (des chiffonnières qui se battent). — Les faux Ouvriers, assommeurs payés; Peuple affranchi dont le bonheur commence ; Faut avouer que le Gouvernement a une bien drôle de tête (le public regardant les caricatures à la devanture d'Aubert) ; L'ordre le plus parfait règne aussi dans Lyon ; Louis-Philippe se faisant dire la bonne aventure ; Que drôles de têtes (le Roi et le duc d'Orléans avec des têtes de poires) ; Le juste-milieu se crotte: Le Pot de mélasse; Levez le siège, polissons!; La vieille Perruque d'Harpagon; Mauvaise charge ; Elle est vraiment enceinte! (nâvrement d'un vieux royaliste aux nouvelles de Blave); Marche de la banlieue au secours de cent mille hommes de troupes réglées assiégés par quelques centaines de lâches républicains; Le grrrand Complot; Fœtus politiques; Mort aux rats politiques; Route de Pantin, hommes usés; Entretien de deux monarques provisoires (Louis-Philippe et le bœuf gras) ; Vieillards, votre heure est venue (la Mort et la chambre des pères ganaches)... Etc. Mayeux reparaît dans la caricature ; le voici qui décapite
une poire avec son couteau en s'écriant : Ah! scélérate de poire, pourquoi n'es-tu pas une vérité ! ou bien qui dit avec mépris à Lafayette : Corbleu, général, vous nous avez fait là un fichu cadeau ! on entend suffisamment de qui il est question. Plus loin, Mayeux prononce le « Jugement de la chambre qu'on vexe ». (Dans la Caricature également une feuille de Facéties de M. Mayeux non signée, et un Mayeux par Grandville : Nom de D... ! peut-on avoir les jambes f... comme ça).
Dans le Charivari, à partir de 1832, la série assez drôle des Musiciens de la Chapelle (M. Sou... premier tambourin ; D'Argot, premier nasillard; Vienn..., premier chantre; Lobau, premier trombone ; Lamêche, premier galoubet ; Giraudrelin ; Montaugibet ; Chonaine ; L'abbé Loup ; Tatalain; Madier Longeau; Ratry de Vilain Manoir; Dupé). — Portraits -charges : Stephanus , Jacot-Lefaive , Barthe , Guizot, Cul nain gris d'aise , Bètin le veau (charge du Bertin d'Ingres). — L'exécrable Assassin méditant son horrible attentat; L'Assassiné. — Philippe-Égalité. — Ces diables de députés, que drôles de boules ils ont ; Au fait, c'est vrai, ces républicains ont peut-être raison ; D'où diable peuvent-ils savoir ça?; Cré coquin de Figaro; M. Tu-Bois; Le Silène (dit Schonaine) ; Le Diable emporte les fruits ! ; La Poire est devenue populaire; Une Supposition; La bonne Digestion; La mauvaise Digestion; La Russie défend la Turquie , mais elle l'étrangle ; Combat singulier du Constitutionnel et des Débats; Quel coupe-gorge !
Tout cela est d'intention méchante, féroce même. « Avec » les dessins de Grandville, ceux de Traviès sont haineux » et provocateurs. Leurs allusions sont perfides, minces et » aiguës comme la lame d'un poignard. Ses caricatures » offrent une amertume, un amaigrissement, une rancune » expressive... Traviès ne parvint pas à franchir l'énorme » fossé qui séparait la Restauration de Juillet : un abîme » entre les mœurs, les physionomies. Il se donna tout entier » aux entreprises politiques de Philipon, y apportant ses » amertumes intérieures, car la souffrance physique et » morale forme une bonne partie du lot des satiriques ; ils » sont méconnus, ils s'imposent par de cruelles égrati- » gnures; ils sont incompris, leur dépit se traduit en traits » acerbes. Le crayon chétif de Traviès ne saurait innocenter » ses compositions politiques. » Ainsi parle Champfleury.
Traviès, en effet, comme exécutant est terne. Son crayon