Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes
// nest point besoin de longue préface pour expliquer le plan de notre livre : personne nignore ce qu'est un Dictionnaire de Graveurs.
Mais il nest pas inutile de dire un mot du but que 710US cherchons à atteindre.
C'est d'établir un inventaire . ou pour parler plus modestement, un essai d'inventaire des estampes du XIX' siècle.
Et cela, pour faciliter la tâche des collectionneurs et des critiques à venir.
Notre propos n'est pas , en effet , de distribuer ici reloge et le blâme : dans un travail qui concerne en grande partie des artistes vivants , il faut être réservé sur le chapitre des biographies et des critiques.
Il est trop tôt , bailleurs , pjour porter un jugement impartial sur la gravure actuelle ; nous manquons de recul et de perspective. Plus tard, un plus habile écrira
Vhistoire de la gravure française an XTX^ siècle. iVoiis nous estïnierio/is heureux si nous pouvions seulement lui fournir quelques matériaux utiles. Cest là not)'e ambition, et elle est réalisable, car s'il est trop tôt pour juger avec une complète indépendance , rien n'est au contraire plus opportun que d'établir le catalogue de l'œuvre des graveurs de leur vivant, alors qu'ils peuvent vous guider de leurs précieuses indications (*).
Donc : biographies très succinctes , appréciations sobres, listes d'estampes aussi complètes que possible, telle sera la méthode adoptée. Catalogues détaillés, mais brefs, et permettant toujours de saisir d'un rapide coup'd'œil Vensemble dJun œuvre, ce qici est Vessentiel.
La matière étant considérable, nous devrons nous tenir strictement dans notre sujet. Quand il s'agira, par exempjle , des peintres qui ont gravé, nous ne devrons nous occuper exclusivement que de leurs œuvres de graveurs ; leurs travaux comme peintres ne nous regardent en aucune manière.
Nous nous réservons, cela va sans dire, l'entière liberté de nos opinions. Nous serions au regret de causer à un artiste le plus léger tort par une critique.
(1) Dans la préface de son Catalogue de l'œuvre de Ch. Jacque , M. Guiffrey émettait en 1866 la même opinion, et citait ce mot bien vrai de Ch. Blanc, démontrant l'utilité des catalogues : i< Les amateurs ne »> s'amusent guère à colliger les estampes d'un maître quand ils n'en « ont pas le Bartsch. »
mais il nous répug^terait aussi de décerner des louanges de complaisance.
Tout 71 est certes pas pour le mieux dans le meilleur des mondes de la gravure ; il y a des observations à faire sur plus d'un point. Pour ne froisser personne y elles seront faites en dehors des ^notices et ^'envoyées en notes.
Jugeayit non en critique d'art , mais en amateur et en curieux ; prenant les artistes comme ils sont, non comme on s'imagine qu'ils devraient être; ne leur demandant que ce quils font et nous te^iant satisfait s'ils le font bien; étranger au fatal préjugé qui porte à trouver le temps pi^ésent inférieur en tout au temps d'autrefois , nous sommes convaincu que Vart de la gravure est très vivace en France; rien de ce C[ui intéresse sa conservation ne nous demeure indifférent , (et tout particulièrement rien de ce cj^ui touche à l'art spécial de V illustration des livres, dans leciuel il se dépense aujourd'hui une som'tne considérable d efforts : ces efforts ne sauraient être trop encouragés ).
Nous adressons nos plus vifs remerciements aux graveurs cj^ui ont bien voulu nous communiciuer leur œuvre, et aux conservateurs du Cabinet des Estampes, dont la complaisance constante a toujours facilité nos recherches.
Il est nécessaire de plaider dès à présent les circonstances atténuantes pour les trop nombreuses erreurs
ef omissions qiti ne peuvent manquer de se produire dans un travail d'ensemble établi pour la première fois. Nous recevronfi toujours avec reconnaissance les indications complémentaires et les rectifications qu'on voudra bien nous adresser.
Nous trouverons heureusement en mainte occasion, pour nous aider, d'excellents ouvrages déjà publiés : critiques, monographies, catalogues, etc. Fidèle à une règle que nous avons toujou7^s scrupuleusement observée, /tous ne nous en servi?^ons jamais sans indiquer la source de ces utiles emprunts.
HENRI BERALDI.