La Soupe de Bébé, d'après Rougeron
48. Le Baiser, d'après Saintin , 1878 (Salon triennal de 1883).
49-50. Le Grand-Père ; La Grand-Mère, 2 p. d'après Adan, 1878.
51. Virginie quittant l'Ile de France, d'après Jules Lefebvre, estampe exposée au Salon de 1884.
C'est la plus petite estampe du graveur, qui a toujoui's
exécuté de très grandes planches , mais c'est une de ses meilleures : il sait modifier sa manière à propos.
Beaucoup de ces estampes de Paul Allais ont eu du succès et se sont vendues à un nombre considérable d'épreuves (i).
ALLEMAND (Louis-Hector); peintre-paysagiste et aquafortiste, né à Lyon le 5 août 1809. Comme graveur, il s'est formé sans maître. Il tirait ses eaux-fortes à petit nombre d'épreuves, pour ses
(1) Le commerce des estampes modernes est aujourd'hui très actif.
Il y a d'abord une clientèle de luxe , qui les coUectiorme dès leur apparition , et qui acquiert à beaux deniers comptant toute une hiérarchie d'épreuves de prix , que les éditeurs ont dû créer pour satisfaire leur pa'-sion : épreuves inachevées, d'essai , de remarque, épreuves d'artiste, épreuves avant la lettre sur parchemin , sur japon , sur chine , sur blanc . épreuves avec la lettre sur papiers spéciaux.
Mais les gravures n'ont pas seulement pour destination les portefeuilles des curieux , elles ont surtout pour but de décorer les appartements : décoration froide, mais plus abordable pour beaucoup que les tableaux. Sous ce rapport, une gravure , nous ne dirons pas réussie , mais qui réussit, est une fortune. Pendant un temps on ne voit plus qu'elle sur tous les murs. Inutile de citer des exemples, chacun en a de présents à la mémoire. Il y a l'estampe à la mode , comme il y a l'opéra , la chanson , la comédie eu
vogue.
Enfin , la gravure étant le tableau du pauvre, les éditeurs sont tenus d'avoir un fonds d'estampes spécial , dans les prix doux, à l'usage du gros public, lequel en estencoie, qui le croirait? à aimer en gravure les mêmes sujets dont il se moque quand il les voit sur des pandules de la Restauration : les sujets troubadours et sentimentaux , les Henri IV et Gabrielle d'Estrées à la manière noire , les Hélo'ise et Abailard au lavis ; il s'en fait une consommation considérable.
Les prix élevés des épreuves de luxe à leur apparition se maintiendrontils ? Les productions d'une époque subissent généralement une dépréciation très marquée dans la période qui suit , quitte à reprendre plus tard , s'il y a lieu , leur valeur et au delà. Qu'arrivera-t-il des gravures actuelles? Il serait hasardeux de prophétiser là-dessus. Les futurs amateurs feront leur
amis, et ne les mettait point dans le commerce. Il a fourni à Le Blanc, qui Ta publié, un catalogue de cinquante pièces de lui. Nous en donnons les titres, renvoyant au Manuel pour les descriptions. Ces pièces sont de format in-8 ou petit in-4.
Œuvre de peintre - graveur très intéressant. Malheureusement les pittoresques eaux - fortes d'Allemand sont si rares qu'il est presque impossible de se les procurer.
choix , et il y aura des choses très recherchées , cela est certain : gravures, eaux-fortes, lithographies, bois ou vignettes.
Mais , en ce qui concerne particulièrement les gravures de l'époque actuelle, on peut remarquer déjà — la question de talent mise à part — que la plupart ont contre elles le choix des sujets représentés, ce qui est d'une importance décisive. Loin de former un ensemble homogène, comme ce que l'on appelle les gravures de l'Ecole française du xviii® siècle, loin de représenter des sujets actuels et vivants, les seuls susceptibles de devenir des documents instructifs dans l'avenir et de faire pardonner ainsi bien des faiblesses et bien des monotonies d'exécution matérielle, ce sont des motifs disparates empruntés à tous les temps et à tous les peuples. Il est à craindre que les collectionneurs du vingtième siècle n'aient pour ces restitutions plus ou moins habiles la même indifférence que nous avons aujourd'hui pour les guerriers grecs et romains si en faveur il y a quatre-vingts ans. Les graveurs qui , en dehors du profit immédiat , se préoccupent de laisser un souvenir durable dans la mémoire et dans les portefeuilles des curieux , ne doivent pas négliger ce point de vue.
Il est nécessaire de signaler ici une cause d'infériorité qui peut paraître accessoire et qui , en réalité, e^t capitale : c'est la déplorable qualité de nos papiers modernes. Plus de ce beau vergé d'autrefois, de pur chiffon, ferme et souple à la fois, sonore, brillant , non collé et perméable à l'encre, épais, où la planche marquait ses bords par une dépression vigoureuse, chère à tous les amateurs d'estampes. Aujourd'hui , les papiers de Hollande, durs, secs, laminés, très collés et peu pénétrables à l'impression , donnent généralement , après avoir été mouillés pour le tirage, des épreuves gondolées, défaut auquel on remédie mal. — Le papier vélin, employé depuis l'époqiie du Directoire, donne à la gravure l'aspect sec et pauvre. — Le chine blanchi et collé sur papier-pâte , a l'apparence d'an à-peu-près , et disons le mot ,
Aujourd'hui, retiré aux environs de Lyon, H. Allemand ne s'occupe plus que de peinture.
1. Le petit Pont. — 2. La Maison dans les arbres. — 3. Les Broussailles. — 4. Le Voyageur à cheyal et les trois Oiseaux. — 5. La Palissade. — 6. Le Pêcheur.— 7. Le grand Chemin (1839). — 8. Le Château dans nie. — 9. Bords du Rhône. — 10. La grande Porte. — 11. Le Batelier. — 12. L'Intérieur d'un bois (Une copie, pai' Marvy. publiée dans Y Artiste). — 13. La Croix gothique. — 14. Les deux grosses Roches. — 15. Le petit Hangar. — 16. La Femme et l'Enfant au bord de l'eau. — 17. Les deux
sent la camelotte. — Le papier du Japon , actuellement très en faveur pour les livres et pour les gravures que son ton chaud et doux fait valoir, a l'inconvénient de s'érailler, de s'éplucher par le frottement. Nos descendants seuls pourront dire au juste ce qu'il vaut. — Quant au papier mécanique, il est cotonneux et mou. Trop heureux encore quand c'est du papier, et non une bouillie chimique où entrent, à côté de fibres végétales rares et étranges, blanchies aux acides, du kaolin, du carbonate de chaux, du sulfate de baryte, du sulfate de plomb, de la terre de pipe, du plâtre, de la pâte de bois, etc., produit industriel funeste aux arts, terrain tout préparé pour les ravages de la piqûre. Nos estampes modernes , même celles qui sont admirablement gravées, donnent invinciblement la sensation de quelque chose qui nest pas fait pour se conserver et durer l
Ceci n'est pas une boutade, mais une vérité absolue, qui ne concerne pas que les estampes. Demandez à n'importe quel inspecteur général des archives et des bibliothèques ce qu'il faut penser des papiers modernes au point de vue de la conservation future des livres et des documents historiques ? Et ne voyons-nous pas tous les jours des livres, qui ne datent que de quarante ans, n'être plus qu'une vaste tache de piqûre ? Que si on les fait reblanchir, ils tombent en miettes.
Les éditeurs s'en plaignent , les artistes en gémissent. C'est la faute de l'industrie, nous sommes infiniment trop savants. Celui qui retrouvera la formule d'un vrai bon papier, anti-chimique , anti-perfectionné , celui-là , disons-nous , fabricant ou éditeur, sera vraiment digne d'une récompense nationale.
Chasseurs. — 18. La Grange à foin. — 19. Le Voyageur. — 20. La Bergère. — 21. La Chapelle. — 22. Le Paysage aux quatre arbres. — 23. Les grandes Fabriques. — 24. La Vallée. — 25. La Chaumière. 1832. — 26. Les Canarrls , 1833. — 27. Le Moulin à vent, 1835. — 28. La Petite Butte, 1836. — 29. Etudes de Rochers et de Broussailles, 1836.— 30. Le Pâtre. 1836. — 31. Le Cavalier, 1838. — 32. La Vache, 1838. — 33. Le Repos sous les arbres, 1838. — 34. Le Dessinateur, 1838. — 35. La Danse sous les arbres, 1840. — 36. Les Rochers, 1848. — 37. L'Arbre sec, 1841. — 38. Le Chemin dans les roches, 1841. — 39. La Lisière du bois, 1841. — 40. Le grand Ravin boisé, 1841. — 41. Le Pont de bois, 1844. — 42. La Rivière ombragée. 1844. — 43. Le Gué, 1845.-44. Le Mur de pierre. 1846. — 45. L'Arche de pierre, 1849. — 46. Les Blanchisseuses, 1849. — 47. Le Canot , 1849. — 48. Les trois Vaches sur la lisière du bois, 1849. — 49. Le Chariot , 1849. — 50. L'Homme accroupi . 1849.
Ici s'aiTête la liste donnée par Le Blanc. « La faiblesse de ma vue, — lui écrivait Allemand en 1850, — me défend aujourd'hui de graver. Je m'occupe activement de peinture; cependant , de temps en temps , il me passe par le cerveau des idées de sauter par dessus les injonctions des médecins, et à de longs intervalles je prends la pointe. » Et en effet , nous relevons un certain nombre d'eaux-fortes postérieures à cette date.