‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 5)Chapitre 33 sur 65 · Les Elèves de l'Ecole de Saumur prêtent serment · texte numérisé non relu

Les Elèves de l'Ecole de Saumur prêtent serment

de fidélité à Louis-Philippe. - Grande Revue, 2 p. in-4 en 1.

5. Histoire pittoresque de l'Equitation ancienne et moderne , dédiée à MM. les officiers-élèves de l'École royale de cavalerie. — Chez Motte , 1833 (24 fr. en noii\ 48 fr. en couleur), in-fol.

Titre, prospectus, 24 pi. avec sujet central lithographie au crayon et sujets marginaux à la plume, page finale ; ensemble 27 p.

6. Chasses anciennes , d'après les manuscrits des XlV'etXV^' siècles.— Chez Motte, 1836, in-fol.

Titre et 12 p.

A signaler encore diverses pièces au trait , coloriées : Ah quon est fier d'être français quand on regarde la colonne^ gravé par Caroline Naudet , — Le Bouquet impérial (avec profils dissimulés de Napoléon, etc.), C. Aubry inv. — Baisez, baiser- vite, estampe fort libre.

Quand Aubry lithographie lui-même , cela peut encore passer. Mais tout ce qui a été gravé d'après lui, au contraire, par Bosselman, Barrau, Phelypeaux et autres, est le dernier terme de la dégradation. C'est amusant à force d'èti*e mauvais. 11 y a une série de proverbes pati'iotiques (A tous les

cœurs bien nés , La Valeur est immortelle en France^

Qui sert bien son pays , etc., etc.) gravés à l'aquatinte

par Charon d'une façon si gravement prétentieuse, qu'elle aboutit à un effet de haut comique.

A mettre dans le môme sac : Le Soldat instituteur. Le Souvenir d'un brave. Le Bouclier français, Le Champ d'asile, une allégorie sur la naissance du Duc de Bordeaux (le Don de la Providence) , des figures symbolisant les Saisons , et diverses compositions du troubadourisme le plus extraordinaire.

Notons, pour les amateurs de théâtre, des Souvenirs dramatiques gravés à l'aquatinte par Paul Lcgrand : Barbe- Bleue à la Gaîté , Pierre de Portugal , Les six Ingénus , Les Cuisinières aux Variétés.

AUBRY-LECOMTR. 67

AUBRY-LECOMTE . dessinateur - lithographe , né à Nice en 1797, de parents d'origine française, mort à Paris le 2 mai 1858. Son vrai nom était Aubry : après son mariage avec M""" Lecomte , il y ajouta le nom de sa femme. 11 commença par être employé au Ministère des Finances , fréquenta l'atelier de Girodet et l'École des Beaux- Arts, et exposa régulièrement depuis 1819. Plusieurs fois récompensé par des médailles , il fut décoré en 1849.

Le succès d'Aubry-Lecomte fut considérabJe : on l'appela le prince des lithographes, et ses contemporains disent que l'apparition d'une lithographie de lui faisait événement comme celle d'un tableau de maître. Depuis, la critique, qui aime assez à reprocher aux artistes de ne pas avoir fait tout le contraire de ce qu'ils ont fait , lui a cherché quelques chicanes et l'a accusé d'avoir trop sacrifié au moelleux , au vaporeux , au perlé de l'exécution , et cela aux dépens de la force. Il est certain qu'Aubry-Lecomte cherche ses effets dans le velouté plutôt que dans la vigueur, et il faut le prendre comme il est. Mais il est certain aussi qu'il ne faut pas reprocher à l'homme ce qui est du procédé : or la lithographie, précieuse dans la main d'un peintre à qui elle donne toute facilité pour exprimer sa pensée d'un jet et sans intermédiaire , est un procédé secondaire , peu approprié aux grands morceaux de bravoure qu'exécutent

les virtuoses. Assurément, une bonne lithographie vaut mieux qu'une mauvaise gravure; assurément il y a des lithographies chefs-cr œuvre (vigoureuses comme le Tifjre et le Lion de Delacroix , ou délicates sans fadeur, comme le Gros-Horloge de Bonington). mais de là à conclure que la lithogra2:)hie peut lutter avec le burin pour la reproduction de la peinture, il y a loin. Ne suffit-il pas de se rappeler que les agents du procédé sont un crayon gras et une pierre molle , pour voir qu'il ne peut atteindre à TefFet du burin coupant le cuivre? (') Mais il peut se trouver telle occasion où la douceur et le velouté du crayon lithographique feront merveille. Aubry-Lecomte l'a rencontrée lorsqu'il s'est appliqué à traduire Prud'hon : il a laissé de ce chef une série de pièces qui forment

(1) La g-ravure au bui-in est et restera la gravure par excellence. On a imaginé dix autres procédés de gravure ; tous ont donné des résultats remarquables dans la main d'artistei d'un talent exceptionnel : la manière noire avec les graveurs anglais, la gravure à la manière de crayon avec Demarteau , la gravure en pastel avec Bonnet , la gravure au lavis avec Leprince, la gravure en couleur avec Debucourt , le pointillé avec Copia et Roger; tous ont fatigué quand on en a poussé l'usage à l'excès; aucun n'a détrôné le burin, qui résiste même actuellement à la monotonie résultant de l'unité de manœuvre et de la funeste immixtion de la machine.

L'eau-forte est actuellement dans une période très brillante et prospère ; mais, elle aussi, il ne faut pas la surmener

Les aquafortistes raisonnables, qui tont en même temps des maîtres, vous diront qu'on ne peut tout lui demander ; que si elle offre des ressources inimitables au point de vue du coloris , il est une puissance d'exécution réservée au burin teul.

Les excessifs, par contre, ne doutent de rien , et se font fort de refaire, la pointe en main, tous les chefs-d'œuvre qui ont illustré le burin, y compris les portraits d'Edelinck , de Nanteuil et des Brevet. Quelle illusion ! Le

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