‹ Les graveurs du 19e siècle; guide de l'amateur d'estampes modernes (volume 5)Chapitre 36 sur 65 · Galimard. — L'Ode · texte numérisé non relu

Galimard. — L'Ode

27. Aubry-Lecomte. — Gompiègne et ses empirons, d'après nature , suite de Vues. — Toilette du matin (M«"« Julie Noël) , Toilette du soir (M'"' Bontemps) , 1831. — La Natte (M"'^ Blanqui). - La Robe de soie (M'"^ Aubry-Lecomte) , 2 fois. — Goquetterie , Modestie, 2 p. in. 4. — Modestie, in-8, Salon de 1840.

— Les Boucles de cheveux, 1842. — M. Aubry, père.

— M'"' Aubry-Lecomte, 1820.— Marie, profil d'enfant , nièce d' Aubry-Lecomte. — M'"*" Lecomte. — Ghatenet. — Le Duc de Laval-Montmorencv.

28. Portraits divers. — Le Duc de Bordeaux et Mademoiselle. — Ghateaubriand. — Girodet , profil iii-4. — Le même , in-8. — Larrey. — Spontini. — Raymond de Sèze. — Gasimir Périer. — Granger. — Delécluze. — Amélie , impératrice du Brésil. — Paillot de Montobert. — Lachèze. — Demonchy. — Meiie Darcier. — Mainnimai^e. — M""' de Prony. — Gomte Potocki. — Gomtesse Potocka. — Marie Potocka. — Gomte et Gomtesse Pochwisneff. — M"'^ Pasta. — M'"*^ Récamier dans son appartement.

AUDIBRAN. ■ 73

AUDIBRAN (Adolphe), graveur au burin et au pointillé, a exécuté un certain nombre de vignettes pour divers ouvrages [Bérangcr ^ Mémorial de Shakespeare^ etc.) et des gravures de sainteté.

Les Forges. Flatter s pinx. in-4.

AUDOUIN, 1768-1822, élève de Beauvarlet, graveur de Madame Mère sous l'Empire, puis graveur ordinaire du Roi.

La première partie de sa carrière ne nous appartient pas. Audouin est, en effet, un des artistes qui forment la transition entre la gravure du XV m^ siècle et celle du xix^, comme Bervic, dont il ne partage pas la célébrité : ce qui est juste, car si Audouin connaît suffisamment la manière de conduire les tailles , il manque d'éclat et paraît toujours terne, même dans les épreuves de choix, les seules sur lesquelles on doive toujours juger les graveurs (^

L'œuvre d'x\udouin comprend un nombre important de morceaux honorables, gravés la plupart

(1) En négligeant cette précaution , on s'expose à commettre de cruelles injustices.

Gomme les planches de cuivre s'usent à proportion du tirage, les amateurs ont toujours attaché une importance capitale à la possession des premières épreuves.

Les épreuves ébauchées, les épreuves inachevées sont, cela va sans dire, faciles à reconnaître. Autrefois, on n'attachait pas d'importance à ces essais, que le graveur tire pour se rendre compte de l'effet de son travail , et l'on n'avait pas encore imaginé, par exemple, de payer plus cher qu'une épreuve

pour la grande publication du Musée Français : La Belle Jardinière et Vénus blessée^ de Raphaël

(Teau- forte de cette dernière planche est par

De Saulx ) ; La Madeleine^ de C. Dolci; Jujnter et Antioj^e^ du Corrège ;

terminée l'épreuve d'un portrait où l'on ne voit que l'encadrement sans le personnage, ou bien les vêtements sans la figure.

Jusqu'à nos jours, on réservait le nom d'épreuves d'artiste épreuves de graveur, à celles que lartiste faisait tirer lorsqu'il jugeait son travail arrivé à la perfection , soit pour les conserver dans ses portefeuilles, soit pour les offrir à ses amis ou confrères. Tirées avec un soin méticuleux , sur le plus beau papier, avec une planche vierge, le plus souvent avant le travail du graveur en lettres, infiniment rares, elles étaient pour les estampes le plus haut terme de la beauté ; on les appréciait d'autant plus que, n'étant pas destinées au commerce, une circonstance extraordinaire seule pouvait les faire entrer dans les collections particulières.

On reconnaissait la priorité des épreuves par l'examen des états, c'est-àdire des diverses phases par lesquelles passent les travaux ; chaque modification dans le dessin ou dans la gravure, une ombre renforcée, une lumière éteinte, des tailles ajoutées, etc , créant un nouvel état de la planche.

Ou bien par les remarques, c'est-à-dire par tout signe, extérieur à la partie gravée, qui se remarque sur des épreuves et ne se remarque pas sur d'autres, établissant ainsi une certitude d'antériorité pour les unes.

Les remarques sont de mille sortes : un filet d'encadrement en plus ou en moins, une virgule, un point, un trait-d'union ajoutés ou supprimés, une date ou un titre modifiés dans la légende, une faute d'orthographe corrigée, l'adresse de l'éditeur ou du graveur mise ou changée, des essais de burin sur les marges, apparents puis effacés, etc , etc.

La plus remarquable des remarques est l'absence de la lettre.

[ 11 faut dire que, dans le langage courant , les deux termes d'épreuve d'état et d'épreuve de remarque sont devenus synonymes et s'emploient universellement l'un pour l'autre )

Dans la seconde moitié du xviif' siècle, on commença les tirages réguliers d'épreuves avant la lettre. Comme il y a toujours eu des gen*;: qui s'ébahissent de tout, il y en eut à qui les bras tombèrent quand ils virent établir des séries de prix pour des épreuves avant toute lettre, — avant la lettre, mais avec Vécusson, — avec le titre, mais avant la dédicace, — avec le titre et la dédicace, mais avant l'adresse du graveur, etc

La Charilé, A. i Y diXinncchi] Les Muses ^ plusieurs planches d'après Le Sueur; Officier assis ]rrès cVune jeune femme^ Terburg : Militaire offrant de For à une jeune femme ^ Terburg; Jeune femme jouant de la mandoline^ Terburg;

En même temps, quelques curieux commençaient à récolter les ébauches, les essais, les épreuves inachevées. Les eaux-fortes de vignettes étaient si jolies que quelques libraires prirent soin d'en orner leurs exemplaires.

A la fin du siècle on inaugurait, pour les livres illustrés, l'usage de tirer régulièrement un certain nombre de suites à' eaux- for tes.

Cette mode est aujourd'hui très développée et c'est justice : les eaux-fortes éclairent bien un livre, et de plus, elles sont souvent préférables aux épreuves terminées que les graveurs éteignent quelquefois à force de les vouloir parfaire. Ne sait pas finir qui veut.

Une découverte récente , l'aciérage , qui rend les planches de cuivre inusables ou peu s'en faut , est venue modifier, les habitudes anciennes, en permettant de donner satisfaction au goût de plus en plus vif du public pour les épreuves de luxe.

Au point de vue commercial, il est peut-être bon qu'il en soit ainsi. L'art, heureusement , rapporte aux graveurs en renom autant de profit que d'honneur. Une planche coûte cher à un éditeur, et l'on en voit couramment qui reviennent à trente, cinquante mille francs, et môme plus.

11 faut couvrir ces frais énormes et faire un bénéfice !

Grâce à l'aciérage on peut usiner son tirage sur un grand pied , industriellement. Et 1 on y est forcé.

On commande au graveur de tracer sur la marge de la planche un petit dessin accessoire. C'est cela que l'on appelle spécialement aujourd'hui une remarque. Et l'on tire ainsi cinq cents épreuves. Les épreuves de remarque sont donc devenues aujoui-d'hui une simple variété commerciale des épreuves avant la lettre.

On efface la remarque , on tire un millier d'épreuves dites d'artiste (?) , c'est-à-dire sur un papier spécial , japon ou autre. Les épreuves d'artistes sont donc, elles aussi, devenues une autre variété commerciale des épreuves avant la lettre.

On prend un papier différent, et l'on tire quinze cents épreuves avant la lettre^ et ainsi de suite.

Avec l'aciérage , on peut poser cet axiome en apparence paradoxal ; la qualité des épreuves ne dépend plus de leur priorité de tirage, mais du soin

Marchande de volaille^ Metsu ;

Militaire faisant servir des rafraîchissements à une jeune femme^ Metsu ;

Musicienne hollandaise^ Metsu.

Ces dernières estampes n'ont pas le brillant des pièces similaires exécutées par Wille , et qui ,

avec lequel elles ont été tirées. La deux-millième peut être mieux venue que la cinq-centième.

C'est une perturbation complète des anciennes habitudes.

Il arrive quelquefois, en matière de vignettes, par exemple, qu'on commence par tirer les épreuves ordinaires. Les épreuves de choix ne font tirées qu'après, à tête reposée.

Si les planches ont reçu la légende et qu'on veuille obtenir des épreuves sans la lettre, il suffit, lors de l'impression, de ne pas encrer cette légende. Ce subterfuge s'aperçoit quelquefois en regardant les épreuves à la lumière rasante ( Exemple bien connu des bibliophiles : la vignette du Chant du Cosaque dans les suites avant la lettre du Déranger de Perrotin.)

A la condition d'appeler ces épreuves épreuves sans lettre, tirées avec soin , et de ne pas les désigner comme épreuves avant la lettre, on reste dans les limites de la vérité et de l'honnêteté.

Avec la galvanoplastie, il est possible à un éditeur d'avoir des clichés des première états d'une suite de vignettes, les planches aciérées des se':'onds états, et de tirer concurremment et indéfiniment des suites d'eaux-fortes et des suites terminées des mêmes pièces, pour répondre aux besoins de la consommation. C'est tout ce qu'il y a de plus licite. 11 n'y aurait abus que si l'on annonçait un chiffre de tirage et qu'on le dépassât.

La conclusion de ceci , direz-vous ? Comment se reconnaître dans cette cuisine infernale? Devinez si vous pouvez , choisissez si vous l'osez.

La conclusion ? mais elle est très simple. La chimie, l'électricité, la galvanoplastie ont modifié les habitudes de tirage ; eh bien , modifiez vos habitudes de collectionneurs.

Aimez ce qui est beau , non ce qui est rare. Rendez-vous compte de la valeur comparative des épreuves, de leur nombre, et payez en conséquence.

Surtout collectionnez par goût, non par pose. Ne vous figurez point être un petit Mariette, possédant ce que le voisin n'a pas ; vous ne seriez qu'un gogo

Vous n'êtes point brocanteur et n'avez point , je pense, la prétention de revendre vos gravures modernes avec bénéfice , si vous les avez achetées sur les prix de la cote officielle Sinon, vous seriez peu intéressant ; il serait

grâce à une virtuosité extraordinaire et à un fini précieux du travail, conservent toujours dans les ventes des prix très élevés.

Garde a vous ^ et // n'est jplus temps ^ d'après Bouillon.

Une suite de trente-six vignettes, dessinées par

du reste impossible de vous garantir que vos estampes conserveront mieux leur prix dans lavenir que celles du xviii^ siècle ne conservèrent le leur, il y a seulement trente ans. Nos estampes actuelles, émises à des prix considérables, ne seront peut-être pas plus favorisées sous ce rapport que ne le furent un temps celles de Watteau et de Moreau : il n'y a pas de honte à cela. Les malins les trouveront toujours à des conditions raisonnables , dans les bons coins. Soyez malins.

11 est juste de dire que s'il n'y avait que les malins, c'en serait fait bientôt des éditeurs, des graveurs et de l'estampe. Le collectionneur pur, on l'a toujours dit, est fort brocanteur et avide de bénéfice ; non par avarice, mais cest sa gloire d'avoir les choses " pour rien •> .

Soyez passionné, non maniaque, encore moins niais. Ce senties maniaques qui font créer les épreuves abracadabrantes, sur vingt-cinq papiers différents, que les imprimeurs en taille-douce ne peuvent tirer sans rire et sans hausser les épaules. N'y a-t-il pas de prétendus amateurs qui, pour les exemplaires numérotés des livres, veulent avoir le leur dans les premiers numéros pour avoir les premières épreuves? Est-ce assez naïf. Et ignorant des choses les plus élémentaires l S'ils savaient comme leurs libraires s'en moquent.

Informez-vous, courez , enquêtez , suivez les ventes publiques , causez avec les marchands d'estampes et les libraires, faites en un mot votre métier d'amateur. Demandez aux éditeurs le chiffre de leur tirage, ils vous le diront certainement. Surtout , formez votre œil.

Je vous entends, cela vous ennuie de payer des gravures cinq cents ou mille francs, et de penser que vous êtes un millier ou deux à posséder les pareilles. Que voulez-vous que je vous dise? Ne les achetez pas. Laissez le temps faire son œuvre. Ce qui est tiré à trop grand nombre tombera comme de simples actions de V Union générale. Ce qui est vraiment rare conservera sa valeur et augmentera. Voyez déjà beaucoup d'eaux-fortes modernes, vraiment rares, voyez les livres dont le nombre d'exemplaires avec épreuves de luxe est raisonnable et ne dépasse pas cent cinquante à trois cents. Ils ont un succès mérité et obtiennent déjà , dans l'épreuve concluante de la vente publique, des prix très supérieurs à ceux de leur émission.

Monnet et gravées par Audouin , pour les Lettres à Emilie^ 1801 , ne fait honneur ni à Pun ni à l'autre. •

Cardinal grand - aumônier ^ planche pour le Sacre de Napoléon.

Parmi les portraits, beaucoup méritent d'être cités :

i/"'* Vigée-Lehrun ^ in-fol.. et Angelica Kauffmann^ in-4.

Bonaparte premier Consul , r Archiduc Charles, le Général M or eau, 3 p. in-fol.

Napoléon empereur, d'après Vauthier, — Marie- Louise, d'après Bosio; 2 p. in-fol.

Elleviou , Martin , M^' Boulanger, M"^' Saint- Auhin, 4 p. in-8.

Louis XVILL , en pied, en manteau royal, d'après Gros, 1815, grand in-fol. Planche la plus importante de l'œuvre.

Louis XVLLL, Monsieur^, Alexandre L\ Wellington, 4 p. in-8.

Alexandre /"", dédié à Louis XVIII.

Le Comte Razou7nowsU,m-î(A.

Le Maréchal Suchet.

"Enfin une série de sept portraits ovales dans des encadrements petit in-fol. : Henri LV , Louis XVILl , Monsieur, le Duc d'Angoulême , la Duchesse d'Angoulême, le Duc de Berry, la Duchesse de Berry. Ce dernier portrait est gracieux : la princesse est représentée de face, sur

im fond de paysage ; grand chapeau à larges bords orné de plumes ; robe serrée à la taille, à brandebourgs, avec trois rangs de boutons; un bouquet de fleurs et une montre à la ceinture. — Il est préférable de l'avoir avant la dédicace au Comte d'Artois.

AUFRAY DE ROC'BHIAN, peintre et graveur à Feau-forte, né à Paris le 16 novembre 1833.

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