Vignettes et fleurons pour les ÉPREUVES DU SENTIMENT de
Baculard d'Arnaud ; in-8, d'après Marillier.
Erraance, — Germeuil, — Makin, — Daminville, — Henriette et Chariot. — Ce sont de très bonnes pièces, les fleurons surtout.
24. Illustrations d'après Marillier pour : Œuvres de Poullain de Saint-
Foix ; — Œuvres de Pope ; — VOracle ; — les Preneurs^ par Dorât ; — Tangu et Félime ; — Œuvres de Le Sage ; — Œuvres de l'abbé Prévost ; — Cabinet des Fées ; — la Bible.
25. Illustrations d'après Moreau pour le Voltaire de Kehl ; — le Plu-
tarque de Cussac ; — V Histoire de France ; — Paul et Virginie ;
— Jehan de Saintré; — le Précis de la Révolution ( Prise de la Bastille); — Regnard; — Psyché, in-4 , deDidot; — Lettres d'Héloïse et d'Abailard ; — Gessner ; — le Voltaire de Renouard.
26. Nombreuses figures pour le Nouveau Testament , d'après Moreau.
27. Figures d'après Saint-Quentin pour la Folle Journée \ — d'après
Borel pour Regnard et les Idylles de Berquin ; — d'après Perrin pour la Pharsale ; — d'après Garnier pour Racine ; — d'après Regnault pour le Temple de Gnide ; — d'après Zocchi poui- Virgile ; — d'après M^Ue Gérard et Demarne pour Faublas ; — d'après Monsiau pour le Rousseau de Defer de Maisonneuve ; — etc.
28. Fleuron pour les certificats délivrés par Maillet de Clairon , commis-
saire chargé des affaires de la marine et du commerce de France en Hollande.
29. Jeune mère allaitant son enfant , un jeune homme lui baise la main ;
— Un jeune homme surpris aux genoux d'une jeune femme ; 2 jolies vignettes in-12 , signées L. H.
Dans l'oeuvre du Cabinet des Estampes, on trouve, signées Balbou, plusieurs pièces de la suite du Télémaque de Monnet et Tilliard.
En fait de portraits, Halbou n'en a gravé que quelques-uns suns importance; Couturier de Pournoire, J.-F. de Troy, le médecin Astruc, Démosthène, frontispice d'après Monnet.
HALLE (Noël).
Noël Halle, peintre et graveur, né à Paris le 2 septembre 1711, était le fils du peintre de sujets religieux Claude Halle. Il fut envoyé à Rome comme pensionnaire du roi et c'est pendant son séjour qu'il grava les deux eaux -fortes suivantes : Antiochus pansé après sa chute , 1738 , et Antiochus tombant de son char, 1739, in-8 en largeur.
A trente-deux ans de distance, Halle produisit encore une autre estampe , V Adoration des Bergers , très grand in-fol. Halle inv. pinxit et sculpsit 1771. C'est une belle eau-forte du peintre , qui conservait pour lui et ses amis le souvenir du tableau destiné à l'église de Roye en Picardie.
Baudicour catalogue encore la Vierge; — le Martyre de St Hippolyte ; — deux charmantes pièces faisant pendant , VÈtè et l'Hiver ; — le Bon ménage et la Leçon de lecture.
Le Blanc cite une Femme assise dans un jardin , le Savoyard et la Savoyarde.
Halle retourna plus tard à Rome, mais en qualité de directeur de l'Académie de France. 11 est mort à Paris le 5 juin 1781.
HAUSSARD (Jean
Jean Haussard, né à Paris vers 1696, et qui demeurait rue St-Jacques au coin de la rue de la Parcheminerie, puis rue du Piastre, a exécuté pour le recueil de Grozat : Jupiter etSémélé, la Création d'Eve, d'après Jules Romain ; Jésus chassant les vendeurs du Temple, d'après Manfredi ; Assemblée de buveurs, d'après le même ; le Frappement du rocher, d'après Romanelli ; le Mauvais riche , d'après D. Feti ; la Vertu , sujet allégorique d'après Girolamo Siciolante ; la Vierge et V enfant Jésus , d'après G. de La Fosse ; Pan et Syrinx , d'après Gourtin.
Nous relevons encore dans l'œuvre de Jean Haussard des estampes dans le goût du siècle : les Amusements champêtres, d'après La Hyre, 2 pièces ; — le Bain de pieds et la Pêche , sujets en hauteur d'après Jacques Gourtin , et , d'après le même, les Deux galants et la Musique, pièces en largeur.
Le Manuel cite à l'article de Haussard : une Vieille femme comptant son argent et un Vieillard se reposant sur un fauteuil , d'après Téniers ; Jupiter cède Thétis à Pelée , d'après Sophie Ghéron ; la Résurrection, d'après J. Andray; des planches pour
le Sacre de Louis XV \ enfin, d'après Charles Goypel, Don Quichotte prend une paysanne pour Dulcinée.
Elisabeth Hatjssard , vraisemblablement la fille de Jean, eut la spécialité de graver, dans la seconde moitié du siècle , ces cartouches historiés dans lesquels on inscrivait les titres des cartes géographiques ; beaucoup de ces ornements étaient fort élégants , et on reconnaîtra avec nous qu'ils donnaient fort bon air aux atlas de cette époque. On sait que Ghoffard en a composé beaucoup, et d'assez fière allure ; le graveur Arrivet en a dessiné et gravé de très jolis pour les cartes du S'' Bonne ; quant à Elisabeth Haussard , on lui doit presque tous les cartels de V Atlas de Robert de Vaugondy , dont beaucoup sont de Chofiard pour le dessin , et bon nombre de ceux de Y Hydrographie française de Bellin.
Elisabeth Haussard a gravé des planches d'oiseaux d'après de Sève pour YHisioire naturelle de Buffon.
De Catherine Haussard , nous connaissons un portrait de Jacques Tillot , in-fol. d'après Du Four, et des planches d'oiseaux d'après de Sève.
HEINEGKEN (Charles-Henri de).
Charles-Henri de Heinecken naquit à Lûbeck en 1706 , et de bonne heure eut un goût prononcé pour l'étude, à ce point que ses parents avaient beaucoup de peine à l'empêcher de travailler la nuit. Il était le frère aîné d'un enfant prodige qui avait su parler en naissant et qui mourut à cinq ans , connaissant outre sa langue maternelle , le latin , le français , l'histoire , la Bible. L'alchimiste Schôneich , ami de la maison , s'occupait beaucoup de ce dernier et ne pouvait souffrir le frère aîné , qui de son côté , rapporte la Biographie universelle . voyant tous les écus de son père passer dans le creuset , avait conçu pour Schôneich la même antipathie , et par ses espiègleries lui fit manquer plusieurs expériences chimiques.
« Forcé par son père de passer toute une nuit auprès » d'une retorte jusqu'à ce que la matière qu'elle conte- » nait se teignît en noir, Heinecken voulut accélérer » ce bienlieureux moment ; en conséquence il vida » son encrier dans la retorte et appela ensuite son » père et Schôneich. La joie des deux alchimistes le » réjouit d'abord beaucoup , mais bientôt la ruse fut
» découverte , le jeune profane fut puni sévèrement » et pour toujours exilé du laboratoire. »
Heinecken étudia le droit à Leipsick , poursuivit ses études à Dresde et fut ensuite attaché en qualité de secrétaire de confiance au comte de Briihl , premier ministre d'Auguste III , roi de Pologne et grand amateur et collectionneur de tableaux.
Il reçut aussi des lettres de noblesse de l'Electeur de Pologne et de Saxe et fut chargé de difiérentes missions diplomatiques. Heinecken s'occupa de faire graver la Galerie de tableaux du comte de Brûhl son protecteur (1754) , et fit placer en tête de cet ouvi'age le portrait du comte par Balechou. Ce travail servit , comme il le dit , de pierre de touche pour éprouver les talents des graveurs avant de les employer à l'entreprise de la Galette de Dresde.
En 1746, Heinecken avait été chargé par Auguste III de la direction du salon d'estampes et des galeries de peinture de Dresde, qu'il conserva pendant dix-sept ans. C'est alors que , encouragé par son souverain et par le comte de Briihl , il entreprit à ses frais le magnifique recueil d'estampes gravé d'après les plus beaux tableaux de la Galerie de Dresde. Il fit appel aux meilleurs graveurs de l'époque , allemands , hollandais , italiens et surtout français , fit venir les uns à Dresde, envoya aux autres des dessins exécutés avec soin d'après les peintures et arriva à faire de ce magnifique ouvrage l'un des plus beaux monuments qu'on ait élevés aux arts réunis de la gravure et de la peinture. Une pareille entreprise n'avait pas été sans occasionner de grandes dépenses , qui auraient entraîné la ruine complète de Hemecken , si le roi
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n'était venu à son secours , malgré le désordre de ses finances , en rachetant les planches gravées de la Galerie et sa collection particulière d'objets d'art et d'estampes qui allèrent se fondre dans le musée de Dresde.
C'est cette réunion d'estampes formée sous sa direction , qu'Heinecken essaya de décrire dans son livre bien connu, orné de reproductions de pièces rares, Vidée générale d'une collection complette d'Estampes, avec une dissertation sur l'origine de la gravure , Leipsick et Vienne (1771) , in-8. Auparavant Heinecken était venu à Paris avec sa femme et son fils et avait passé une partie des années 1769-70 à faire des recherches au Cabinet des Estampes.
Il est fort regrettable que les circonstances aient arrêté la publication du Dictionnaire des artistesgraveurs, presque à son début. Passant en revue dans la préface les iconographes qui l'ont précédé, à commencer par l'abbé de MaroUes, Heinecken ajoute : « Qu'il me soit permis de me mettre aussi dans cette » liste ! Ayant formé la belle collection de feu S. M. » le Roi de Pologne Electeur de Saxe qui se trouve » à Dresde , ayant vu dans mes voyages plusieurs » cabinets et nombre de recueils d'estampes , ayant » eu le bonheur de profiter des lumières du célèbre » Mariette , du savant comte Zanetti et de l'illustre » prélat Bottari , tous trois décédés depuis quelque » temps et regrettés par tous les amateurs , ayant » été guidé et aidé à Paris dans mes recherches par » M"" Cochin et principalement par M*" Joly de l'amitié » duquel je ne puis assez me louer, ayant joui du » cabinet de M'' Richter à Leipsig , pouvant compter n. 25
ï> sur les conseils de M'' Winckler de la même ville, » de M'' Grusius à Dresde et sur quantité d'autres » amis dans différents endroits de l'Europe , je me » flatte d'être en état de contenter, ne fut-ce qu'en » partie, les curieux d'estampes par le présent ouvrage, » dans lequel j'ai ramassé tout ce que j'ai pu déterrer » dans ce genre. »
Heinecken, après avoir vendu sa collection, se retira dans sa terre d'Atldôbern en Basse-Lusace , que lui avait donné le comte de Briilil et où il mourut le 5 décembre 1792. Son caractère était remai'quable par une grande simplicité. Il était peu communicatif mais toujours prêt à rendre service.
Son fils Charles-Frédéric , prit , pendant le séjour de son père à Paris, des leçons de gravure d'Augustin de Saint-Aubin. Quelques-uns de ces essais ont survécu , comme une frise représentant des Amours qui pèchent (1770) , une Bergère (1773) , un Paysage d'après Dietrich (1773) , mais surtout deux portraits, gravés d'après les dessins d'A. de Saint- Aubin en 1770. Le sien d'abord, C. F. de Heinecken, tout jeune, avec ses yeux à fleur de tête et son nez retroussé , et celui de sa mère M'"^ de Heinecken [dulcissimœ Tnatris imaginem filius ohsequens aqua-forii expy^essil) , in-4 , de profil. Il faut reconnaître , à notre avis , dans ces deux pièces, sinon la touche, du moins la retouche de Saint-Aubin.