Louis XV visitant l'École militaire; in-8 {Étrennes
françaises, par l'abbé de Petity).
XIV, d'après divers.
43. Vignettes pour l'Histoire romaine de Myris. — Titre et vignettes
pour Nouvelles, par M. de Chamois, d'après T. B. T. D.; in-12. — Jeune femme berçant un enfant, pièce en largeur d'après Hilair, pour le Voyage en Grèce du comte de Choiseul-Gouffier, l'7.s2 ; in-fol.
DUCROS (Pierre
Pierre Diicros , peintre et graveur, né en Suisse en 1745, mort à Lausanne en 1810 , était d'après Joubert à qui nous empruntons ces détails , particulièrement lié avec Volpato , célèbre graveur italien. Ils entreprirent de graver ensemble une suite de Vues de Rome et de la Campagne Romaine, « entreprise dans » laquelle Ducros s'est montré graveur habile et grand » paysagiste. » Cette suite a été exécutée en couleur.
Un second travail , celui-là fait avec Montagnani , autre graveur italien , est une suite de 24 Vues de Malte et de Sicile , collection qu'il faut , toujours d'après Joubert , ranger parmi les plus belles productions de la gravure, et où le burin rivalise d'éclat avec la couleur. Ce sont des vues de Messine , Taormine , Syracuse, Malte, etc. . . Malgré nos recherches, nous n'avons pu parvenir à les rencontrer.
Basan dit qu'il a gravé à Rome , en 1784 , dans la manière du lavis , deux Marines , dédiées à Pie VI.
Les ouvrages de ce graveur sont plus recherchés à l'étranger qu'en France.
DUFLOS (Claude).
Fils d'un chirurgien , Claude Duflos est né à Paris vers 1662, car à son mariage à St- Benoît, le 25 avril 1695 , il déclare être âgé de trente-trois ans. Il épousait la fille de l'imprimeur en taille-douce Ignace Antoine , qui lui donna treize enfants. A ce mariage assistaient le chevalier Gérard Edehnck, Etienne Picart le Romain , et la femme de Gérard Audran , Hélène Licherie.
C'était certes un talent estimable que celui de Claude Duflos , mais mérite-t-il les éloges que dans tout un paragraphe Mariette lui décerne ?
« Une extrême propreté dans la conduite de la gra- » veure , une grande netteté , un arrangement de » tailles, égales entre elles et bien suivies , une atten- » tion toute singulière à terminer ses ouvrages et à » leur donner une couleur douce et agréable , voilà » ce qui fait le principal mérite de Claude Duflos et » ce qui a toujours été l'objet de ses études. Non con- » tent d'exprimer chaque objet par le moyen ordinaire » des tailles, il a fait revivre la manière de Boulanger » qui consiste à exprimer les chairs par une multitude » innombrable de points rapprochés l'un auprès de
DUFLOS (Claude). 5<
» l'autre ; il a perfectionné cette manière et est arrivé » au point que plusieurs de ses ouvrages semblent » plus tost lavés au pinceau que gravés tant ils sont » terminés avec soin. Il n'a pas fallu moins de patience » que de veue pour venir à bout d'un travail aussy » pénible. »
Nous croyons qu'il faut tenir compte de ceci , que le père de Mariette avait édité un certain nombre des planches de Claude Duflos et qu'il y avait dans cette bienveillante appréciation un peu d'intérêt de boutique; quoiqu'il en soit , Claude Dujflos a été un graveur d'un certain talent et surtout d'une grande fécondité , bien qu'il faille lui enlever une quantité considérable de planches pour les rendre, suivant les uns à son frère, suivant d'autres à son fils. Les dates sont là d'ailleurs : Claude Duflos, nous apprend Jal, décéda rue St-Jacques le 18 septembre 1727, âgé d'environ soixante-cinq ans, et fut inhumé le lendemain aux charniers de St-Benoît. Donc les pièces postérieures à 1727, et en particulier celles d'après Boucher, ne sont pas de lui.
Claude Duflos a gravé une grande quantité de sujets rehgieux surtout d'après Le Brun , Le Sueur, Mignard, sur lesquels nous passerons rapidement. Ses meilleurs morceaux dans ce genre sont : Jésus à table entre ses disciples d'après Paul Véronèse , exécuté pour le Recueil de Crozat, ainsi que deux Christ mis au tombeau , l'un du Pérugin et l'autre de Raphaël. Parmi ses meilleures planches , on distingue encore une Sainte Cécile d'après Mignard, et une Tête de la Vierge d'après le tableau du Guide qui appartenait à la duchesse de St-Aignan.
Duflos a encore gravé, en points , comme Bernard
Picart , une quantité de ces petites pièces carrées ou rondes appelées dessus de tabatières, qui ne laissent pas d'être parfois assez amusantes , le Camouflet , le Médecin de village , le Moineau , les Sens , les Saisons , Léda , etc ; quant aux titres de livres ,
frontispices avec portraits des auteurs , vignettes , le nombre en est réellement considérable : nous remarquons, dans la quantité, le portrait in-12 assez soigné de Fénelon.
Les portraits de grand et de petit format ne sont pas d'ailleurs la partie la moins intéressante de l'œuvre de Claude Duflos. Il a collaboré aux Sommes illustres de Perrault pour ceux de David Blondel et du May^èchal de la Meilleraye, dont les têtes seules seraient de lui, au dire de Mariette , et les ajustements, très lourds d'ailleurs , d'une autre main, et pour ceux ce Adrien de Valois , historiographe de France , et de Martin Mer senne.
Donnons une liste des portraits les plus intéressants dus au burin de Claude Duflos. Beaucoup étaient commandés pour orner les thèses de docteur :
Fî^ançois de Clermont - Tonnery^e , évêque de Langres (1696).
François d'Aligre (1698).
Coignard , imprimeur du Roi.
Sébastien Leclerc.
Louis XV, à cheval , jeune encore.
Beaumllers de St-Aignan , évêque de Beauvais.
Louis Tronson , supérieur de St-Sulpice.
Le Père Mer senne.
Le maréchal Duc de Boufflers , très grand in-fol.
Michel de Chamillmi (1704).
DUFLOS (Claude). 53
Jacques Gaudart , conseiller au Parlement, d'après
Largillière.
Le Tellier, archevêque de Reims , d'après Mignard.
Le président Achille de Harlai/ , dans le format des Hommes illustres.
Marie-Louise de Savoye, reine d'Espagne,
Robert Ballard , imprimeur.
Le fameux amateur d'estampes Michel Bègon (1708).
Deux portraits de VAbbé Bignon, l'un plus petit que l'autre (1709).
Bérain, dessinateur du cabinet du roi (1709).
Voyer de Paubny, Marquis d'A7'genson , d'après Rigaud (1711) ; deux portraits différents , l'un avec légende en français, l'autre avec légende en Jatiii.
L'imprimeur Bénis Thierry (1711).
Honoré de Quiqueran, d'après Ranc (1716).
Enfin la série des portraits pour les Histoires et p7'euves généalogiques de la Maison de Gondy , jusques et y compris le fameux Cardinal de Retz.
Le plus soigné peut-être de tous les portraits de Claude Duflos est celui de Madame Anne Michelin , veuve du sieur Gouault , ancien échevin de la ville de Troyes, jolie pièce gravée d'après le dessin deMellan; mais il faut le reconnaître, beaucoup des portraits do Claude Duflos sont noirs , heurtés , peu harmonieux.
DUFLOS (Claude-L.
Parmi les treize enfants de Claude Duflos , l'un d'eux, qu'on appelle Claude-Augustin, est né le 11 mai 1700, et c'est lui qu'on désigne généralement comme le graveur qui a succédé à son père et continué son œuvre d'une manière assez complète pour qu'on ait peine à distinguer la solution de continuité. Pourtant ce Claude-Augustin ne signe jamais de son second prénom : il signe soit Cl. Duflos, soit C. L. Duflos , ce qui ferait supposer que le prénom d'Augustin n'est pas exact.
C'est ce graveur remarquable , au talent souple et facile, qui est l'auteur des planches de la Galerie du président Lambert , des belles compositions de Boucher si largement traitées et aux sujets si gracieux, la Naissance de Vénus et la Toilette de Vénus , et de nombre d'autres pièces d'après ce même maître , qu'il semble s'être fait une spécialité d'interpréter.
C'est encore Duflos fils qui est l'auteur de doux estampes humoristiques , scènes populaires inventées et peintes par Jeaurat , le Déménagement d'un peintre (Duflos demeure alors rue Gallande à côté de St- Blaisë) , et f Enlèvement de police.
DUFLOS (Claude-L.). 55
Voici les vers de Moraine , gravés au bas de la première :
Léger d'or et d'argent ainsi que de cervelle Sur ce char de triomphe un confrère en Apelle Dans un grenier nouveau va prendre appartement Ravi d'avoir sauvé son cher ameublement ,
Il sembler oit qu'il a gagné quelque victoire. Ce qui rabat pourtant un peu son air hautain , C'est que la boulangère et le marchand de vin Ne chantent pas tous deux des hymnes à sa gloire.
Les vers suivants du même poète expliquent le sujet de r Enlèvement de police , gravé d'après le tableau qui appartenait au conseiller Le Rebours :
Quel affligeant objet I Les Grâces désolées Au plus cruel affront ici sont immolées. Pleurez amours , pleurez et dans ce triste état Hâtez-vous de fléchir ce grave magistrat.
Mais non , quoiqu'il ne soit ni cruel ni farouche, Vos larmes, vos soupirs ne l'attendriront pas ; Il sçait à quels dangers exposent vos appas Et le bien du public est tout ce qui le touche.
C. L. Duflos a collaboré sous la direction de Massé à la Galerie de Versailles, pour la planche des Cariatides. et exécuté d'après A. Goypel le Triomphe de Galalhèe.
Quant à la Galerie du P7^ésident Lambert, les planches signées de Duflos d'après Le Sueur sont nombreuses. On sait que la belle demeure qui forme la pointe sud de l'île St-Louis fut construite par l'architecte Louis Le Vau , pour le président de la Chambre des comptes Nicolas Lambert de Thorigny. Celui-ci s'adressa aux peintres les plus célèbres pour la décorer : Charles Le Brun y peignit , dans la galerie placée au-dessus de sa belle bibliothèque , l'Apothéose et les Travaux
d'Hercule qui furent gravés par Surugue et Duchange sous la direction de B. Picart , et Le Sueur décora de son suave pinceau tout un salon à la gloire de l'Amour : sa naissance , son éducation par les Grâces, son triomphe, etc.. Dans un grand cabinet voisin , le même peintre représenta Apollon et les Muses. Ce sont ces compositions qui ont été en grande partie gravées, vers 1730-1731 , par Cl. L. Dufios, et non sans talent : les Muses Clio , Erato et Euterpe , Diane sur son
char, etc Signalons encore des frontispices et
ornements pour les jolies éditions de Coustelier et de Barbou ; deux pièces d'après Aubert, la Revendeuse à la toilette et le Billet doux , et plusieurs des lourdes compositions de genre de Schenau. Il a gravé aussi un portrait in-8 du médecin Boudou.
Cl. L. Duflos est mort vers 1785.
ESTAMPES