‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 2)Chapitre 85 sur 188 · FRANÇOIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS

— Louis Dauphin de France , en habit de dragon , d'après Aubry, à la manière du crayon . donné par François au public par amour. — /. F. Denis , trésorier général des bâtimens du roi , et sa femme Marg.~Cl. Denis née de Foissy, deux médaillons en manière de crayon.

François n'a pas toujours gravé à l'aide de son procédé. Citons deux eaux-fortes , terminées au burin (in-fol. en larg.) , Boutique de Chapelier et Boulic[ue de Perruquier, qui portent son adresse , à Paris au triangle d'or. Hôtel des Ursins , derrière St-Denis de la Chartre. Une autre pièce, le Bal chinois, d'après Eisen , porte la même adresse.

La Petite ouvrière rusée, les Amusements de la Jeunesse , le Jeune Brodeur , le Vieillard heureux , le Peintre philosophe, sont d'assez médiocres estampes, sans doute de la jeunesse de l'artiste.

Orgie de Soldats, d'après Carie Van Loo , manière du crayon, dédiée à M. de Marigny. — Tête de Vierge, d'après Vien , dédiée à la reine , manière du crayon.

— Cavaliers, d'après Parrocel, 1766, dans la manière du crayon. — Dessin de plafond , d'après Boucher, essai de gravure au lavis (mars 1758).

Adresse du relieur Dubuisson fils , petit cartouche en hauteur dans le goût d'Eisen; des amours soutiennent les armes de France à la partie supérieure : Du Buisson le /ils, y^elieur doreur rue St-Jâque à Paris, fait en or les armes de toutes les tètes couronnées, princes, princesses, prélats, grands officiers de la couronne et de la maisoti du Roy, princes étrangers et autres seigneurs tant de robe que d'épée , il peint lesdites Armes en miniature

aussi bien que les chiffres. — Du Buisson fils inv., François sculp. ^

Les dernières années de François furent empoisonnées par les tentatives de ses imitateurs pour se faire attribuer le mérite de son invention. Il eut aussi le chagrin de voir l'Académie, ne pensant qu'à l'intérêt des arts, accorder son approbation à Magny et à Demarteau, et de dépit, il se renferma plus étroitement chez lui. Sa santé même s'altéra considérablement. Les chagrins et l'inquiétude hâtèrent sa fin ; il succomba le 21 mars 1769.

1 Pour l'adresse de Dubuisson , voyez aussi le catalogue de Le Mire .

Puisque l'occasion s'en présente , signalons encore quelques adresses de relieurs, non signées :

Adresse de Tessier. — Petit cartouche avec une Renommée et les armes de la maison d'Orléans. Tessier, succès, du S>' Le Monnier seul Relieur Doreur de Livres de Mv le Duc d'Orléans et de sa Maison , fait, place des fausses Bibliothèques, fait aussi des Registres et Cartons pour les Bureauoc, Rue de la Harpe au-dessus de la rue Serpente N° i65. A Paris.

Adresse de Vente. — Petit cartouche de forme rocaille. Vente, Relieur et Doreur de la Chambre du Roi, au bas de la Montagne S^e Geneviève, au bâtiment neuf des Carmes, à Paris.

L'adresse de Fournier n'est pas ornée, nous en donnons cependant le texte comme curiosité : A LA Chercheusk d'Esprit, rue Satory, vis-à-vis la rue du vieux Versailles, et au château, à côté de Monseigneur le Duc de Luynes , à Versailles. Fournier, Libraire , Relieur du Roi et de la Reine et Marchand Papetier suivant la Cour, vend , achète et relie toutes sortes de Livres. Vend Papier, Plumes, Encre, Registres et généralement tout ce qui concerne la Papeterie. A Fontainebleau, au Château, galerie de Diane. Au Château à Compiègne, à côté de la sacristie. Au château à Marly, à côté de la Chapelle.

L'adresse du célèbre Derome, si connu des bibliophiles, est entourée d'un simple trait carré. Relié par Derome le jeune rue S' Jaque audessus de S' Benoist.

FRATREL (Joseph

Quatorze planches exécutées à l'eau-forte, — « d'un goût original, qui approche de celui de Rembrandt , » écrivaient naïvement ses conleniporains, — composent l'œuvre de ce peintre graveur né à Epinal en 1730. Les parents de Fratrel le destinaient au barreau, et il acquit même de sérieuses connaissances en jurisprudence , mais un goût irrésistible l'entraînait vers les arts, et dès qu'il avait quelques heures de loisir il les consacrait à l'étude du dessin. Bientôt il abandonna le droit pour entrer à Paris dans l'atelier du peintre Baudouin.

Fratrel fut d'abord peintre du roi Stanislas, à Nancy. Puis l'électeur palatin , ayant eu l'occasion de voir quelques-uns de ses portraits historiques , résolut de se l'attacher comme peintre de sa cour.

« Fixé à Mannheim, son génie prit un nouvel essor, » il ambitionna de devenir peintre d'histoire. Il se fit » avec goût une petite collection de gravures , no- » tamment de celles d'après Raphaël et le Poussin, et » se proposa pour but d'imiter ces grands maîtres. » Ses compositions sont simples , nobles et grandes , » la vérité de l'expression et la vigueur de son coloris

218 LES GRAVEURS DU XVIIl' SIECLE.

» prouvent l'étude profonde qu'il a faite de la nature. » Ses têtes sont traitées dans le style antique... tous » ses tableaux portent l'empreinte d'un extrême fini. » Ce fut au moment le plus brillant de sa carrière » que l'art le perdit , il n'était âgé que de 53 ans. »

Les eaux-fortes de Fratrel , remarque Baudicour, ont été dénaturées par le tirage maladroit qu'en ont fait les imprimeurs ; mais les premières épreuves sont d'un charme inexprimable. Cette opinion nous semble fort exagérée encore. La meilleure pièce de Fratrel est le Fils du meunier, qui représente un jeune enfant ; elle est assez agréable, c'est tout ce que l'on peut en dire ; les autres pièces de l'œuvre rappellent Rembrandt aussi peu que possible.

Fratrel peignit beaucoup sur cire et il a publié un ouvrage intitulé la Cire alliée avec Vhuile, ou la peinture à huile-cire . 1770. Son œuvre gravé a été publié à Mannheim , en 1799 . avec une courte biographie que nous avons suivie ici , bien que nous ne puissions souscrire à des éloges qui vont jusqu'au lyrisme.

1. Les Arts et les Sciences se dévouant à leur protecteur, Charles- Théodore; in-fol. — 2. La Science, figure en pied; in-fol. — 3. La Sagesse, figure en pied; in-fol. — 4. Le Fils du Meunier, debout devant le mur du moulin ; in-fol. — 5. Le Songe de Saint Joseph , d'après L. Krahe ; in-4. — 6. Le prince Frédéric de Deux-Ponts; in-fol. — 7. Le chevalier de Caux ; in-fol. — 8. Le baron de Hubens ; in-4. — 9. Lambert Krahe, directeur de la Galerie de Dusseldorf. — 10. Jésus amabilis , in-12. — 11. Saint Nicolas distribuant des aumônes; in-fol. en largeur. — 12. La Navigation; in-8 — 13. L'Agriculture; in-8. — 14. Le Commerce.

Trois pièces ont sobi des modiflcations, ce qui porte le nombre des planches à dix-sept.

FREUDENBERGER (Sigismond

Le dessinateur de tant de piquantes scènes de mœurs, Freudeberg comme on le nomme abréviativement , a touché la pointe pour graver deux jolies petites pièces assez rares , le Déjeuner et la Toilette , signées S. Freudeherg, à Paris chez Guttenherg.

Freudeberg avait un véritable talent d'aquarelliste et nous avons vu de lui de remarquables spécimens en ce genre. Après un long séjour à Paris, de retour à Berne, sa patrie, il a exécuté beaucoup d'aquarelles, et pour les répandre en a reproduit quelques-unes. 11 les gravait légèrement au simple trait à l'eau-forte et les coloriait ou plutôt les faisait colorier à la main. C'est ainsi qu'ont été faits le Départ du soldat suisse et le Retour du soldat suisse, 2 pièces in-4 en largeur. Dans le môme goût : la Toilette champêtre et la. Propreté villageoise , 2 pièces in-4 en hauteur ; le Repas 7^ustique et l" Hospitalité suisse ; la Visite au chalet et le Retour du marché : la Fileuse tnllageoise et la Dèindeuse rustique ; le Villageois content et les Soins maternels ; la Chanteuse du mois de mai et la Petite Fête imprévue. Le mérite artistique de ces enluminures est bien mince.

GAILLARD (Robert

Robert Gaillard est un graveur parisien d'un certain taJent , dont le nom est connu surtout comme traducteur des peintures de Boucher. A vrai dire sa touche est banale , et manque de cette originalité , de ce cachet personnel qui seul fait les grands graveurs. Huher et Rost l'ont caractérisé d'un mot très juste : « Il gravait , ont-ils dit, avec beaucoup » de propreté. »

Gaillard débute par graver des portraits pour le fonds d'Odieuvre, et travaille aussi , à côté de Ficquet auquel on ne saurait le compai'er, aux petits portraits des Vies des Peintres Flamands de Descamps (1753). En fait de portraits de petit format , nous remarquerons encore celui de Périn , secrétaire du maiéchal de Belle-Isle. C'est probablement sur la recommandation de Wille qu'il fit ce portrait, car ce graveui' rappelle dans son journal qu'il le recommanda pour graver celui du maréchal. Gaillard était d'ailleurs des amis de Wille ; lors d'un baptême , Louise Gaillard , sa fille , la même qui a gravé , sert de commère au jeune Wille. Quand Beauvais , le soigneux imprimeur d'épreuves de tous ces messieurs, marie sa fille, Wille

donne un grand dîner de noces auquel figurent , avec Longueil et Clievillet, M. et M""» Gaillard.

Gaillard a gravé, en grand format: le ministre Berlin d'après Roslin, la Princesse Galitzin d'après Louis- Michel Van Loo. Citons encore les portraits de larchevêque de Paris Clwisiophe de Beaumont , de l'archevêque de Sens Jean Languet, tous deux d'après Chevalier ; de Castanier, d'après Rigaud ; du cardinal Potier de Gesvres (1781) , de Henri de Grandjean (1782) , d'après Deshayes ; du théologien Joseph Trois (1786), de Pichault de La Mariinière , et de la Reine de Suède, d'après Latinville,

Boucher a été interprété dans beaucoup de compositions par Robert Gaillard ; il est hors de doute que le graveur devait lui agréer et qu'il l'encourageait.

Jupiter et Calisto , estampe dédiée à M. d'Arbonne par Buldet chez qui elle se vendait. Un critique du temps a écrit au-dessous de l'épreuve du Cabinet des Estampes : Gaillard, graveur françois, vivant et Ijon. La vérité est que cette pièce témoigne d'un beau maniement de burin , d'une grande netteté dans Lexécution , mais aussi d'un manque de chaleur évident. — Vénus et les Amours, estampe dédiée à M. de Bourgongne , n'est pas d'un faire aussi habile et le dessin en est médiocre. — Les Bacchantes endormies , estampe dédiée à M'" Navailles , chef du gobelet du Roy par son très h. et très oh. serviteur, cousin et aini Gaillard, à Paris chez fauteur rue St- Jacques au-dessus des Jacobins entre un perruquier et une lingère, représente un sujet bien connu où Boucher a mis en œuvre toutes les caresses de son pinceau pour peindre ces corps de femmes mollement étendues et

observées par des satyres. Le travail du burin est convenable et solide. — La Marchande de modes est une gracieuse pièce d'un burin habile et qui est supérieure à d'autres estampes d'après le même maître. — Sylvie délivrée par Aminie est également gracieuse et bien gravée.

Dans les estampes bien connues des Amants surpris et de r Agréable leçon, qui forment pendants, toutes deux dédiées au comte de Coigny, l'agrément et le piquant de la composition sont joints, cette fois , au plus haut degré de franchise et de correction que Robert Gaillard ait jamais atteint.

Gaillard paraît également avoir tenu en singulière estime le peintre Schenau. 11 lui commandait en Allemagne, par l'entremise de Wille. des tableaux qu'il gravait ensuite : La Naissance de r Amour, la Belle Fileuse, l'Écureuil content, r Heureux Serin , r Ouvrière en dentelles , la Méditation , sont exécutés d'après ce maître , expressif dans sa lourdeur.

Lié d'amitié avec Wille, Gaillard devait nécessairement être chargé par ce graveur de reproduire quelques-uns des tableaux de son ami Greuze, qui ornaient son logis. Nous trouvons en efiét dans son œuvre deux têtes de jeunes filles , sous les noms de Diane et de Calisto, toutes deux tirées du cabinet de M. Wille. Gaillard a encore gravé , d'après Greuze , la Malédiction maternelle et le Fils puni , grandes pièces où i n'a égalé ni Flipart ni Massard.

D'après J.-B. Le Prince , le Concert Russien et la Diseuse de bonne aventure Russienne , le Cabaret et la Récréation champêtre ; enfin diverses pièces d'après Et. Jeaurat, Gh. Eisen, J. M. Nattier, etc..

Louise Gaillard, fille de Robert, a gravé d'après P. A. Wille et d'après Schenau ;

L Agaçante , — la Nonchalante . — la Rusée , d'après P. A. Wille ;

La Dissimulée , — la Mystérieuse , — la Prude , d'après Schenau ;

L'Amour fixé , — le Fossé de scrupule , — la Brouille , — le Pardon général , — les Mariés selon la coutume , — le Perroquet mignon , toutes grandes pièces d'après Schenau.

Un graveur -amateur. Gaillard de Lonjumead (Pierre-Joseph) a publié en 1760 une suite de 16 pièces à' Antiquités de la ville d'Aix. — Balechou a gravé son portrait d'après J. S. Van Loo.

Pour revenir à Robert Gaillard, voici la liste de ses principales pièces :

ESTAMPES

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